Spider-Man vient de rentrer dans un club très fermé : celui des super-héros qui ont survécu à la trilogie. Jamais, jusqu’ici, Peter Parker n’avait prolongé ses aventures au-delà d’un troisième film. Car pour durer, il faut se renouveler. Ce qui n’est pas toujours tâche aisée, surtout quand on est un justicier… Sony et Marvel Studios ont décidé de relever le pari. Près de 10 ans après Homecoming et cinq ans après No Way Home, Tom Holland réenfile le costume d’araignée. Mais dans Brand New Day, sa combinaison a changé. Son personnage aussi : plus personne ne se rappelle de lui. Pas même MJ (Zendaya), son ex-petite amie, ou Ned (Jacob Batalon), son meilleur ami.

Peter Parker les regarde grandir à distance, plongé dans une solitude forcée. Le gamin enjoué est devenu un jeune homme morose, qui passe la plupart de son temps sous un masque. Jusqu’à négliger ce qui se trouve derrière. Et développer une mutation génétique, qui pourrait menacer son humanité. C’est donc tout naturellement qu’il se tourne vers Bruce Banner (Mark Ruffalo), le scientifique qui a réussi à contrôler Hulk, son alter ego. Mais pendant que Peter cherche à maîtriser sa transformation, une menace insaisissable tisse sa toile. Pour l’arrêter, Spider-Man peut compter sur l’aide de Frank Castle, alias le Punisher, incarné par Jon Bernthal. Un duo dissonant, aux conceptions de la justice opposées, mais auquel il est facile d’adhérer, grâce la complicité - réelle - entre Tom Holland et son « grand frère » spirituel.

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Comme dans le jeu vidéo

L’homme-araignée ne manque pas non plus d’ennemis dans ce quatrième volet. Le Scorpion, Tombstone, Boomerang… Parmi ces antagonistes, certains sont bien connus des amateurs de comics. D’autres ne se révèlent qu’au dernier moment. Mais tous sont mis en valeur par des scènes d’action soignées - ce qui n’est pas toujours le cas chez Marvel ces dernières années. Après avoir réalisé Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux, Destin Daniel Cretton, le successeur de Jon Watts, prouve de quoi il est capable. Mais il réussit aussi là où il était moins attendu. En concevant les séquences de voltige de Spider-Man comme une expérience visuelle et sensorielle - façon jeu vidéo -, il nous emmène sur les toits de New York. Et ancre le héros du Queens dans sa ville, comme jamais il ne l’avait été jusqu’ici.

Après avoir été dans l’espace et sauvé la Terre, la « petite araignée sympa du quartier » est confrontée à des problèmes plus terre à terre. Et c’est justement ce qui fait la popularité de Spider-Man : on peut s’y identifier. Dans ce quatrième volet, il n’est plus question d’initiation. Cette fois-ci, c’est le passage à l’âge adulte que le héros doit affronter. Tom Holland porte le costume comme une seconde peau. C’est donc avec succès qu’il interprète cette métamorphose… qui implique nécessairement un abandon.

Dommage, toutefois, que cette mue ait tendance à éclipser l’intrigue et les enjeux qu’elle sous-tend. Il faudra sans doute attendre la sortie d’Avengers : Doomsday en fin d’année pour éclaircir les zones laissées dans l’ombre. Mais avant cela, le MCU (l’univers cinématographique Marvel) compte sur son fidèle serviteur Spider-Man pour entamer sa renaissance, après des années compliquées.

Spider-Man : Brand New Day, en salles dès ce mercredi 29 juillet. Durée : 2 h 25.