Âgé de 18 ans, L. vit une histoire passionnée avec son animal gonflable depuis qu'il a 5 ans. À travers son témoignage poignant et son parcours de vie, cet étudiant de Zürich (Suisse) veut tordre le cou aux clichés.

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Le jeune homme possède plusieurs baleines gonflables du même modèle, pour ne pas être privé de son objet d'amour. Photo d'illustration Pixabay
Le jeune homme possède plusieurs baleines gonflables du même modèle, pour ne pas être privé de son objet d'amour. Photo d'illustration Pixabay

« Si je n'avais pas eu cette baleine, je ne serais pas là aujourd'hui. » D'emblée, L. souhaite que son histoire soit prise au sérieux. En se confiant sur son histoire personnelle, l'étudiant suisse espère que son orientation sexuelle, l'objectophilie (lire ci-dessous), ne soit plus un sujet de moqueries.

Drogues et troubles

À nos confrères helvètes de 20 Minuten, L. dévoile son enfance : deux parents héroïnomanes qu'il n'a quasiment pas connus qui lui transmettront, en cadeau, une dépendance aux drogues dès la naissance (il devra subir un sevrage durant les six premiers mois de sa vie), un placement en famille d'accueil pendant trois ans puis un diagnostic d'autisme et de trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Dans ce parcours de vie chaotique, le rocher auquel le jeune homme s'agrippe à l'âge de cinq ans est une baleine gonflable : « Elle a toujours eu une signification particulière pour moi. [...] Elle est devenue une compagne fidèle. [...] La baleine m'a toujours apporté la stabilité dont j'avais besoin ».

« Profond sentiment de sécurité »

Avec le temps, le jeune homme a fini par éprouver des sentiments amoureux pour l'animal factice. Lucide, il explique à la journaliste autrice de l'article que cette présence lui apporte un « profond sentiment de sécurité », à lui qui n'a jamais connu l'amour maternel. Il rajoute que, du fait de son autisme, entretenir une relation, même amicale, avec d'autres personnes le met mal à l'aise.

Pour l'étudiant, cet amour devrait être mieux perçu par la société. « Tant qu'on ne fait de mal à personne, ce genre de chose devrait être accepté et on ne devrait pas être harcelé pour cela », explique-t-il. Son avenir, L. le voit encore vague. Il explique ne pas être opposé à une relation plus « classique » mais sa future partenaire devra comprendre la relation qui unit le cétacé au jeune homme. L'animal, d'ailleurs, n'est pas une pièce unique ; le Suisse en possède plusieurs en stock, sa « moitié » n'étant pas épargnée par l'usure du temps. Mais il redoute le jour où il n'en aura plus.

« Mariée » à un tramway à Strasbourg

L'objectophilie ou objetsexualité est l'orientation sexuelle, émotionnelle ou sentimentale d'une personne vers un ou des objets inanimés. Le terme a été utilisé pour la première fois en 2002. Deux chercheurs, en 2019, ont, dans une étude, dressé un parallèle entre ce comportement et deux traits neurodéveloppementaux distincts : l’autisme et la synesthésie.

À Strasbourg, en mars 2026, une quadragénaire a clamé haut et fort son amour pour un tramway de la CTS. La rame numéro 3013 et l'Alsacienne sont même « mariés » depuis 2014. Une relation, atypique, qui n'empêche pas la Strasbourgeoise d'avoir également un compagnon bien de chair et d'os, lui.