Syrie: condamnation à mort de Wassim el-Assad, entre célébrations et questions sur la justice transitionnelle
Après l'ancien président lui-même, une semaine plus tôt, c'est un cousin de Bachar el-Assad qui a été reconnu coupable mardi de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité par la justice syrienne. Wassim el-Assad a été condamné à mort, dans une vague de procès des responsables de l'ancien régime depuis le mois d'avril, qui réjouit une bonne partie de la population syrienne, mais qui pose la question d'une éventuelle justice expéditive.
Publié le : 19/08/2026 - 00:28
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Wassim el-Assad a été condamné à mort mardi pour avoir formé deux groupes armés, fidèles à l'ancien régime de Bachar el-Assad, auteurs d'attaques meurtrières dans la région de Damas. Il a également été reconnu coupable d'incitation à la guerre civile. En avril, la Syrie a entamé les procès de Bachar el-Assad, qui a fui en Russie, et d'autres responsables pour les atrocités commises pendant la guerre civile déclenchée par la répression brutale de manifestations prodémocratie.
En revanche, Wassim al-Assad est le premier membre de la famille Assad à avoir été jugé en personne, après avoir été arrêté en juin près de la frontière syro-libanaise. Les nouvelles autorités syriennes, qui ont chassé le précédent pouvoir en décembre 2024, se sont engagées à ce que les responsables des crimes commis sous le règne de Bachar el-Assad répondent de leurs actes.
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La multiplication des condamnations fait forcément réagir au sein de la société civile. Comme à Idlib, dans cette ville du nord-ouest du pays, qui est passée alternativement aux mains du régime et des rebelles pendant la guerre civile qui a secoué le pays. Farid est un jeune homme habitant Idlib, et comme beaucoup de ses compatriotes, il a célébré la condamnation à mort de Wassim el-Assad : « La justice transitionnelle ne peut se réaliser que par le biais d’un processus de justice transitionnelle conforme aux règles, appuie-t-il. C’est-à-dire dans le cadre de la loi et de l’État de droit. Et le procès des partisans de l’ancien régime qui ont versé le sang des Syriens a suscité la joie dans les rues syriennes. »
Les chefs d'accusation retenus contre Wassim el-Assad n'existent pas dans le droit syrien
Mais dans ce moment si important pour un pays marqué par les horreurs de l'ancien régime, ces nombreux procès ne satisfont pas tout le monde pour autant. Salma Daoudi, du Centre syrien pour la justice et la responsabilité, une organisation de défense des droits de l'Homme, ne les trouve pas à la hauteur de ce qu'exige le contexte historique et politique syrien. « Il n'existe pas de dispositions légales codifiées relatives aux crimes contre l'humanité, aux crimes de guerre ou à la responsabilité du commandement. Ainsi, par exemple, les chefs d'accusation retenus contre Wassim el-Assad – les crimes contre l'humanité – n'existent pas actuellement en droit syrien », déplore Salma.
« Il est nécessaire de réformer le droit syrien et de mettre en place un cadre législatif de justice transitionnelle afin que la Syrie puisse poursuivre ces crimes en toute légalité », insiste-t-elle. Elle regrette également les enquêtes menées rapidement et les droits de la défense bafoués, portant atteinte à la crédibilité du jugement.
Déjà sept condamnations à mort, dont celle de Bachar el-Assad
Le 11 août, la justice avait condamné à mort par contumace Bachar el-Assad, pour « crimes de guerre » et « crimes contre l'humanité ». Six anciens responsables militaires et des forces de sécurité ont reçu la même peine, par contumace, dont Maher, le frère d'Assad, qui dirigeait la 4e division, une unité d'élite de l'armée. Seul à comparaître, l'ancien chef de la sécurité de la province de Deraa, berceau du soulèvement de 2011, Atif Najib, a également été condamné à mort pour des crimes contre l'humanité. Bachar el-Assad s'est enfui en Russie en décembre 2024, accompagné seulement d'une poignée de proches, abandonnant beaucoup de responsables, dont certains se seraient enfuis vers des pays voisins ou auraient trouvé refuge dans le fief syrien côtier de la minorité alaouite dont est issu le clan Assad.
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