Le premier ministre ontarien, Doug Ford, ne décolère pas et promet de « [se] battre pour protéger l’Ontario », en réaction à l'imposition par l'administration de Donald Trump de droits de douane additionnels de 50 % sur un vaste éventail d'exportations canadiennes, y compris l’industrie automobile.

Les nouveaux tarifs douaniers de Washington doivent toucher de surcroît plusieurs produits qui bénéficiaient jusqu'à présent d'une exemption en vertu de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

En marge du Conseil de la fédération, Doug Ford, appelle le Canada à passer à l’offensive.

On ne peut pas continuer à reculer. Il faut y aller à fond de train. Nous sommes une puissance énergétique, nous devons utiliser tous les outils à notre disposition. Ils doivent ressentir la douleur au lieu que ce soit nous qui la ressentions constamment.

Doug Ford demande un plan national pour lutter contre les attaques du président Trump, estimant que ce n’est pas toujours à l'Ontario à monter au front.

Il veut continuer à nous menacer, mais ce n'est rien d'autre qu'un intimidateur. C'est tout ce qu'il est. Et il faut tenir tête aux intimidateurs dans la cour d'école, sinon ils finissent par vous prendre l'argent de votre lunch.

Doug Ford assure que l'alcool américain ne reviendra pas sur les tables de la LCBO prochainement et assure que le gouvernement ontarien fait tout ce qu’il est humainement possible de faire pour lutter contre les feux de forêt dans le nord de la province.

Doug Ford lors d'une conférence de presse en marge du Conseil de la fédération à Charlottetown le 21 juillet 2026

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, estime que le Canada doit passer à l'offensive.

Photo : La Presse canadienne / Eli J. Ridder

Au cours de la dernière semaine, Doug Ford a qualifié de « pure bêtise » les menaces de Donald Trump d’imposer des tarifs douaniers en raison de la fumée des feux de forêt.

Ce dernier épisode marque un autre tournant dans le ton adopté par Doug Ford pour répondre à la guerre tarifaire menée par Washington.

Retrait des produits américains de la LCBO

À la suite de la campagne électorale qui l’a vu être reconduit à la tête d'un gouvernement majoritaire, Doug Ford a rapidement demandé le retrait de l'alcool américain de la LCBO, en guise de représailles contre les droits de douane américains.

Le personnel d'une succursale de la Régie des alcools de l'Ontario à Toronto retire les vins et spiritueux américains des rayons.

La Régie des alcools de l'Ontario a retiré l’alcool américain de ses tablettes en mars 2025. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Quelques jours plus tard, Doug Ford suscite la colère des Américains en imposant une surtaxe de 25 % sur les exportations d’électricité vers les États de New York, du Michigan et du Minnesota.

Le geste capte toutefois l’attention de la Maison-Blanche. M. Ford fait marche arrière après une conversation qualifiée de productive avec le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick.

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Par la suite, le premier ministre ontarien se tourne vers le marché canadien pour tenter de diversifier l’économie de la province, signant des protocoles d’entente commerciale avec plusieurs autres provinces.

Une publicité qui choque

En octobre, M. Ford hausse à nouveau le ton en lançant une campagne publicitaire aux États-Unis, diffusée notamment lors d’un match de la Série mondiale opposant les Blue Jays de Toronto aux Dodgers de Los Angeles.

La publicité utilisait des archives du président républicain Ronald Reagan dénonçant les pièges et les méfaits des tarifs douaniers.

Dans un téléviseur rétro, Ronald Reagan lit une allocution.

Capture d’écran de la publicité ontarienne diffusée aux États-Unis. (Photo archives)

Photo : YouTube / Gouvernement de l'Ontario

Peu de temps après, Doug Ford retire la publicité, affirmant avoir atteint [ses] objectifs. Mais, le geste soulève à nouveau l'ire de la Maison-Blanche.

Le premier ministre ontarien a aussi soutenu que Ronald Reagan devait se retourner dans sa tombe face à la guerre commerciale qui fait rage entre les deux pays.