l'essentiel Révélé au grand public dans la 20e saison de "L'Amour est dans le Pré", Jean-Louis, agriculteur installé à Saint-Sernin-les-Mailhoc, à quelques centaines de mètres seulement du champ où Cédric Jubillar a indiqué avoir dissimulé le corps de son épouse, ne cache ni son émotion ni sa colère. Témoin de l'émoi qui traverse tout un territoire, il apporte aussi un soutien sans faille à l'exploitant agricole dont la parcelle s'est retrouvée malgré elle au cœur de l'un des plus grands faits divers français de ces dernières années.

Depuis les aveux de Cédric Jubillar et la découverte de restes osseux sur une parcelle agricole de Mailhoc, l'émotion ne retombe pas dans ce coin du Tarn. À Saint-Sernin-les-Mailhoc, petit hameau de Cagnac-les-Mines situé entre Cagnac et Mailhoc, le sujet est sur toutes les lèvres. C'est là que vit Jean-Louis, visage désormais bien connu des Français grâce à la 20e saison de "L'Amour est dans le Pré". Mais derrière la notoriété, l'homme reste avant tout un agriculteur profondément attaché à son territoire, aujourd'hui meurtri.

Jean-Louis, très marqué par l'affaire Jubillar, a tenu à apporter son soutien à son collègue agriculteur de Mailhoc.
Jean-Louis, très marqué par l'affaire Jubillar, a tenu à apporter son soutien à son collègue agriculteur de Mailhoc. DDM - EMILIE CAYRE

"La première pensée que j'ai eue, c'est pour Delphine", confie-t-il avec gravité. "Cette pauvre Delphine, elle n'a rien demandé. Elle s'est retrouvée malencontreusement épandue, alors qu'elle n'a pas eu de sépulture, tout ça à cause d'un abruti qui a été fier d'avoir berné la justice pendant six ans, c'est une honte."

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Pour lui, l'endroit choisi par Cédric Jubillar revêt une portée symbolique insoutenable. "Quand j'ai appris qu'il l'avait enterrée dans du fumier à Mailhoc, j'ai été épouvanté pour deux raisons. D'abord parce que je trouve le symbole de mettre la mère de ses enfants dans de la merde abominable, puis parce que je me suis dit que ça aurait très bien pu être dans l'un des miens qu'il l'enterre."

"À 99 %, c'était prémédité"

Agriculteur depuis toujours, Jean-Louis regarde également cette affaire avec son expérience du terrain. Pour lui, le choix du fumier ne doit rien au hasard. "À 99 %, c'était prémédité. Nous, agriculteurs ou gens du terroir, savons que le fumier accélère la décomposition et que, par ce biais-là, on ne retrouve pratiquement rien."

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La découverte récente de deux ossements ne nourrit d'ailleurs guère son optimisme. "Par chance, entre guillemets, on a retrouvé deux ossements. Mais j'ai du mal à croire qu'on retrouvera autre chose. J'ai épandu des centaines de fois dans ma carrière d'agriculteur et les chances de retrouver quelque chose qui est passé dans ces machines, surtout des os, elles sont proches de zéro, vraiment."

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L'homme tient surtout à défendre son confrère, propriétaire de la parcelle devenue malgré lui une scène de crime. "Cet agriculteur, j'ai de la compassion pour lui. Je le connais assez bien. Ça aurait pu arriver à moi comme à d'autres. Quand il a épandu, il n'a rien pu voir. C'est impossible, même si, pour le commun des mortels, ça semble invraisemblable. Il ne peut pas avoir vu qu'il chargeait cette pauvre Delphine dans son épandeur à fumier."

Celui qui a été l'une des stars de l'émission culte de M6 cette année insiste aussi sur la violence psychologique que traverse aujourd'hui cet exploitant. "Je suis en total soutien avec lui. Il doit vivre de sales moments et il faut lui dire toute notre solidarité."

"On en est tous malades"

À Saint-Sernin-les-Mailhoc, les fouilles menées à quelques pas des habitations ont profondément marqué les habitants. "Bien sûr que cette affaire a fait beaucoup parler, encore plus au moment des fouilles qui ont eu lieu juste à côté de chez nous. On en est tous malades."

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Comme beaucoup dans le Tarn, Jean-Louis s'était investi dès les premiers jours de la disparition de Delphine Jubillar. "J'avais suivi cette affaire depuis le départ. J'ai participé aux recherches au tout début, puis j'ai côtoyé le petit groupe des copines de Delphine qui la cherchait corps et âme dans toutes les cabanes du Tarn, même trois ans après. Jamais on aurait imaginé qu'elle serait là."

Les aveux tardifs de Cédric Jubillar nourrissent aujourd'hui une colère intacte. "Il a menti durant des années et maintenant, pour essayer de sortir de prison plus vite et d'obtenir une peine moins importante, il passe aux aveux... et on va l'applaudir en plus ? Non mais on est chez les fous. C'est inimaginable. La colère ne redescend pas."

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Avant de conclure dans un mélange d'indignation et d'émotion, Jean-Louis lance une dernière phrase, à la hauteur du choc ressenti dans tout un territoire : "Et puis, Cédric, si tu sors un jour, change de pays parce que si on te croise..."