Tensions sur les salaires, querelles syndicales, cadre suspendue… Vers une nouvelle grève des bus et trams de Lignes d’Azur le 14 août dans la Métropole de Nice ?
Jamais deux sans trois ? Après deux débrayages en juillet, un nouveau risque de grève plane sur les transports en commun de la Métropole Nice Côte d’Azur à l’appel de la CFTC et Sud Solidaires.
C’est la menace que brandissent ces deux syndicats, qui représentent 34 % des 1 800 employés de la régie Ligne d’Azur (RLA). Le déclenchement de ce mouvement social est suspendu à la réponse que leur fera la première adjointe d’Éric Ciotti, Françoise Souliman, qui a reçu une délégation de protestataires en mairie de Nice le 22 juillet.
« Si on n’a pas de réponse mercredi 29 juillet à midi, nous lancerons le mouvement », prévient Jean-Thomas Capriglione (CFTC).
S’ils n’obtiennent pas gain de cause et notamment une augmentation de salaire, ils ont d’ores et déjà coché la date du vendredi 14 août sur leur calendrier de grève. Un jour de semaine où bus et trams de la métropole niçoise pourraient circuler au ralenti en adoptant les horaires des dimanches et jours fériés.
Au cœur de la colère, les négociations annuelles obligatoires et la suspension de la directrice générale
Auprès de l’adjointe d’Éric Ciotti, la délégation syndicale avait marqué son désaccord avec les augmentations de salaires prévues dans le cadre des dernières négociations annuelles obligatoires (NAO) : « On nous propose 1,5 %, on veut 2,4 %, en adéquation avec l’augmentation du Smic. On défend notre pouvoir d’achat… », martèle la CFTC. Des NAO pourtant signées par son ennemi juré : la CGT, syndicat majoritaire (66 %) à RLA. Tensions…
Les délégués du personnel avaient également dénoncé « un malaise de l’entreprise ». Et, depuis quelques jours, la suspension de la directrice générale cristallise la colère.
« Régler les problèmes avec des avocats, combien cela coûtera à l’entreprise ? »
Elle s’est exprimée dans Nice-Matin, le 24 juillet, mettant en avant « sa probité » et demandant à être entendue par le conseil d’administration de RLA. Fin de non-recevoir du nouveau président Bertrand Gasiglia qui met en cause son management et veut gérer « son départ d’avocat à avocat ». Et de glisser : « Elle a travaillé dans d’autres entreprises de transports publics et elle a eu des départs compliqués sans jamais arriver à la fin de ses contrats ».
Faux et archi faux, défend l’intéressée qui avait pris son poste en 2025 : « Je suis plutôt réputée pour être une excellente manager, […] J’ai travaillé 14 ans à la Casa (communauté d’agglomération de Sophia Antipolis) où j’ai gravi tous les échelons. À Cannes, je suis restée presque trois ans et j’ai très vite été promue directrice adjointe, j’en suis partie pour des raisons qui n’ont rien à voir avec mon management. »
« L’entreprise est malade depuis 2021, pas depuis l’arrivée de la directrice générale », s’indigne la CFTC qui s’est fendue d’un tract à la sulfateuse contre le nouveau patron de RLA : « L’entreprise traverse une crise profonde : vous devez l’affronter, pas simplement négocier dans l’ombre le prix d’un nouveau départ. Combien coûtera-t-il à la régie ? Lorsqu’il faut régler une crise au sommet, l’argent semble toujours exister. Mais lorsque les salariés demandent, on leur explique qu’il faut être raisonnable. »
Le président de RLA, Bertrand Gasiglia, refuse de « répondre aux injonctions dominicales de qui que ce soit »
Sollicité ce lundi 27 juillet, le président de RLA, Bertrand Gasiglia, qui a reçu le tract syndical dimanche soir, refuse de « répondre aux injonctions dominicales de qui que ce soit ».
« Je préfère être aux côtés des équipes de la régie. Je l’ai fait mercredi soir (22 juillet) : j’étais avec les 150 agents qui géraient les entrées et sorties du concert de The Weeknd. Je ne rentre pas dans les débats sans fin », a tranché le maire de Tourrette-Levens.