Test de l’AirTag 2 : deux fois plus facile à retrouver ?
👑
Cet article réservé initialement aux membres du Club iGen est exceptionnellement en accès libre à compter d'aujourd'hui. Pour découvrir tous les articles exclusifs du Club iGen et d'autres avantages, abonnez-vous !
Apple a finalement lancé son nouvel AirTag ! La balise originale est sortie il y a près de cinq ans et elle a immédiatement connu un immense succès. Il faut dire que ce traqueur était vendu à un prix raisonnable — pour un produit pommé — et il s’est avéré bien pratique pour retrouver des objets perdus, à la fois à proximité grâce à la puce U1 qui communique sa position précise à un iPhone et à distance grâce à l’immense réseau de produits Apple qui peuvent le repérer en Bluetooth.
Cinq ans après donc, l’entreprise de Tim Cook revient avec une deuxième génération… qui ne change (quasiment) rien, du moins visuellement. Ce n’est pas une surprise, les rumeurs évoquaient déjà une mise à jour mineure sur ce point, ce qui ne veut pas dire que l’AirTag 2 est décevant pour autant.
Vendu légèrement moins cher (35 € à l’unité au lieu de 39 et 119 € par quatre au lieu de 129), le traqueur Bluetooth d’Apple reste-t-il la référence du marché ? Découvrons-le ensemble.
Le jeu des 7 2 différences matérielles
Si on s’arrêtait à une évaluation matérielle, ce test serait bien court. Apple n’a manifestement pas souhaité toucher au design de sa balise, si bien que ce nouvel AirTag est quasiment identique à l’ancien modèle. On ne change pas une équipe qui gagne comme on dit.
L’emballage a quand même changé, pour des raisons environnementales d’abord : fini le plastique, il ne reste plus que des matériaux « 100 % basés sur des fibres », afin d’assurer que tout est recyclable. Au-delà de l’environnement, le paquet de quatre est désormais rectangulaire et assez proche du format d’un bracelet d’Apple Watch, au lieu de former un carré comme avant.
Au passage, Apple a choisi un nom étrange, encore une fois. On ne parle pas officiellement d’AirTag 2, ce serait trop simple, le nouveau produit est nommé « AirTag (2e génération) ». Un nom que je ne compte pas utiliser dans ce test et qui, j’imagine, ne sera jamais entendu dans la vraie vie, mais ce choix complique les choses sur certains aspects. Par exemple, la boîte affiche juste « AirTag », sans précision de génération et il faut aller vérifier le numéro de modèle pour distinguer les deux variantes : A2937 pour le nouveau, contre A2187 pour l’ancien.
Comment différencier un AirTag 2 d’un AirTag 1 ?
Une fois l’AirTag 2 en main, on peut jouer au jeu des sept différences… et s’arrêter à deux si on ne veut pas démonter la balise. L’avant est strictement identique et totalement blanc, sauf si vous avez commandé sur la boutique du constructeur pour y graver un emoji ou jusqu’à quatre caractères. Cette option est toujours proposée exclusivement par l’Apple Store en ligne et elle est toujours gratuite.
Au dos, Apple n’a pas abandonné la surface en acier inoxydable brillant, un héritage voire un clin d’œil aux iPod. C’est plutôt joli, à défaut de bien résister aux rayures et de compliquer mon travail, rendant toute photo propre quasiment impossible. C’est aussi de ce côté qu’il y a des différences visuelles, avec des inscriptions changées autour du logo. L’AirTag 1 affichait des informations en minuscules et insistait sur la conception en Californie et la production chinoise. L’AirTag 2 passe sur des majuscules et supprime toute notion géographique, au profit d’un rappel sur l’étanchéité du produit ainsi que la mention du réseau Localiser (Find My) utilisé par la balise.
Le changement le plus visible qui permet à coup sûr de s’assurer que l’on a un AirTag de deuxième génération, c’est toutefois l’ajout du logo CE et celui de la poubelle barrée qui rappelle qu’il ne faut pas jeter le produit n’importe où. C’est une spécificité européenne, la réglementation demandant d’afficher ces logos sur chaque produit. Cela dit, ce n’est pas une obligation nouvelle et rien ne forçait l’entreprise à les rendre si visibles, du moins pas à notre connaissance. Sur l’ancien modèle, ils étaient cachés sous la pile CR2032 qui alimente la balise, accessible comme toujours en effectuant un quart de tour vers la gauche sur le capot arrière.
En ouvrant ainsi l’appareil, on repère également les derniers changements visuels notables sans démonter (et détruire) un AirTag. À la place des deux logos européens, la nouvelle version affiche une sorte de code QR, même si ce n’est pas un modèle standard que l’on peut scanner avec son iPhone. Je suppose que c’est utilisé en interne, à des fins d’identification, ou alors que cela aura un rôle à l’avenir. Puisqu’ils ont disparu sur la face arrière, on pouvait s’attendre à retrouver le pays de production à l’intérieur, mais ce n’est pas le cas. Il n’y a plus aucune mention de la conception californienne ou de la production chinoise sur un AirTag 2, seul l’emballage indique encore son origine.
Quoi qu’il en soit, l’ajout de ce code à l’intérieur est probablement l’explication la plus sûre pour justifier l’affichage des logos à l’extérieur : il fallait bien les placer quelque part. Je dois dire que ce positionnement m’a bien aidé à distinguer les deux générations pendant mes tests, même s’il faut reconnaître que cette face est moins élégante qu’auparavant. Si vous n’aimez vraiment pas ces logos, sachez que vous pouvez très bien utiliser la face arrière d’un AirTag 1 sur un AirTag 2. Il n’y a aucune différence physique au-delà des gravures et j’ai testé, cela fonctionne très bien.
En ouvrant les deux AirTags, on voit davantage de changements d’une génération à l’autre, puisqu’Apple a entièrement repensé la conception interne de son traqueur. La carte mère est plus fine et intègre de nouveaux connecteurs, sans doute pour des tests pendant la fabrication ou en cas de diagnostic. Le haut-parleur a été totalement revu pour générer un son plus fort comme on le verra dans la partie suivante, et il est aussi plus solidement fixé, ce qui devrait limiter les détournements aussi faciles que sur la première génération1.
AirTag 2 : un intérieur repensé malgré un design extérieur inchangé
Terminons le tour du propriétaire en listant ce qui n’a pas changé d’une génération à l’autre. La balise pèse toujours légèrement plus de 11 g : ma balance à café m’indique 0,3 g de plus sur la deuxième génération, mais on est dans sa marge d’erreur et c’est de toute manière imperceptible. L’AirTag 2 garde sa certification IP67, de quoi protéger le produit y compris sous l’eau dans la mesure du raisonnable (jusqu’à 1 m de profondeur et au maximum pendant 30 min).
Enfin, l’autonomie annoncée est identique et Apple promet toujours « plus d’un an ». Je manque évidemment de recul pour en juger sur la nouvelle génération, sans avoir de raison de douter que ce soit aussi bien… ou mauvais, c’est selon les points de vue. Pour rappel, mon collègue Pierre avait courageusement mesuré l’autonomie réelle d’une série de traqueurs et l’AirTag était le meilleur de son classement.
On a testé la véritable autonomie des traqueurs Bluetooth et des AirTags, et il y a des surprises
Des balises effectivement plus faciles à retrouver
Si l’AirTag 2 change peu extérieurement, cela ne veut pas dire pour autant que la mise à jour n’apporte rien. Les changements internes sont importants et améliorent l’expérience de manière significative quand vous avez besoin de retrouver l’objet associé à une balise. Cela passe essentiellement par une nouvelle génération de la puce UWB utilisée pour la géolocalisation ainsi qu’un haut-parleur plus puissant. Ces deux ajustements combinés simplifient effectivement la récupération du traqueur, comme j’ai pu l’expérimenter pendant mes essais.
Le nouvel AirTag adopte la puce U2… enfin, la « puce Ultra Wideband de deuxième génération » comme Apple la nomme systématiquement, bizarrement. Elle a été introduite dans les iPhone en 2023 avec les iPhone 15 et on la retrouve dans tous les modèles sortis depuis… sauf le 16e, tristement privé de puce UWB. Elle est aussi présente dans les Apple Watch depuis les Series 9 et Ultra 2, à l’exception là encore de la SE 3. Vous aurez aussi besoin de l’un de ces appareils Apple pour bénéficier des nouveautés, sinon ce sera pareil qu’avec l’ancien modèle.
Quels iPhone et Apple Watch pour tirer pleinement parti de l’AirTag de 2e génération ?
La puce UWB de deuxième génération améliore la portée pour la géolocalisation précise, celle qui s’active quand on est suffisamment proche pour voir une flèche dans l’app Localiser. Apple vante « une portée jusqu’à 1,5x supérieure » pour l’AirTag 2, ce que j’ai pu vérifier empiriquement pendant mes tests. J’ai toujours utilisé un iPhone 17, équipé lui aussi de la nouvelle puce UWB, pour retrouver les balises des deux générations. En espace ouvert dans mon jardin, la localisation précise débute autour des 18 mètres pour l’AirTag 2, contre environ 13 m pour l’AirTag 1. On n’est pas tout à fait sur un progrès de 50 %, mais ce n’est pas non plus un test scientifique.
Toujours en extérieur, j’ai aussi noté une meilleure acquisition du signal, la première étape pour retrouver un AirTag. Cette fois, c’est la puce Bluetooth intégrée à la balise qui est sollicitée et cette partie a aussi évolué techniquement sur cette génération, même si Apple n’a pas donné de chiffres précis. Au même endroit dans mon jardin, mon iPhone 17 captait bien le signal du traqueur nouvelle génération quand l’ancien modèle était encore trop éloigné pour être « visible » depuis le smartphone.
Si cette meilleure portée en Bluetooth est utile pour retrouver un AirTag autour de soi, elle l’est aussi si on a perdu un objet à distance. Le cas échéant, le réseau Localiser travaille pour vous et l’AirTag pourra être identifié par n’importe quel iPhone ou iPad passant à proximité. Grâce à cette portée augmentée, cet appareil pourra passer plus loin de la balise et la retrouver malgré tout, un bénéfice évident pour tout le monde.
En intérieur aussi, ces améliorations sont bien visibles. Pour en avoir le cœur net, j’ai placé les deux AirTags dans le sous-sol de ma maison bretonne et je suis monté dans mon bureau, deux niveaux au-dessus. La différence a été visible immédiatement : le traqueur de première génération n’était pas du tout identifié par mon iPhone 17, alors que le nouveau modèle était connecté, faiblement certes. En descendant dans le salon situé au niveau intermédiaire, l’app Localiser a activé la géolocalisation précise et même suggéré que l’AirTag 2 se trouvait à une hauteur différente, ce qui était correct. Au même endroit, le smartphone était enfin connecté à l’AirTag 1, en indiquant toutefois un signal faible et pas même une indication de distance.
La nouvelle puce U2 permet aussi de bénéficier de la recherche précise de l’AirTag 2 depuis une Apple Watch, une première. Toutes les montres équipées de cette même puce en bénéficient, ce n’est pas réservé aux modèles de 2025 et c’est pourquoi j’ai pu tester la fonctionnalité sur ma Series 9. Cela fonctionne… mais c’est clairement du dépannage, avec une portée et une précision bien moindre. En espace ouvert, la géolocalisation précise n’est intervenue pour moi qu’à une distance inférieure à trois mètres et avant cela, l’indicateur pointait dans une direction opposée à celle de la balise, bizarrement.
Disons que cela peut être pratique pour retrouver un porte-clé chez soi si on ne veut pas sortir son iPhone pour cette tâche. Une app existe pour retrouver les AirTags, même si le plus pratique est encore de l’ajouter au centre de contrôle de watchOS 26. L’accès est alors très rapide, sans doute plus que depuis son smartphone, ce qui est effectivement intéressant si on est pressé. Cela étant, la portée sera peut-être meilleure avec une montre plus récente, je n’avais pas de quoi tester.
La flèche qui pointe dans la direction à suivre est un atout évident quand on est proche d’un AirTag, même si la possibilité de faire sonner la balise est aussi un atout précieux. La deuxième génération intègre justement un haut-parleur amélioré et Apple promet un volume sonore 50 % plus élevé que sur l’ancien modèle. Premier constat, le son produit est très différent, il est nettement plus aigu pour ne pas dire strident. Si c’est limite désagréable quand on est à côté, ce sera bien utile lorsque le traqueur est enfoncé sous les coussins du canapé.
Le volume sonore est aussi plus puissant, c’est indéniable à l’oreille. À défaut de pouvoir le prouver scientifiquement, j’ai posé les deux générations juste à côté d’un iPhone et utilisé une app pour mesurer le niveau sonore pendant la diffusion du son. L’AirTag 1 est monté à 81 dB pendant ce test, contre 88 dB pour le nouveau modèle. Sept décibels de plus, c’est énorme quand on sait que l’échelle du son est logarithmique et c’est bien supérieur à ce qu’Apple a promis. Encore une fois, ce n’est pas une mesure très rigoureuse, alors ne restons pas trop attachés aux valeurs numériques. L’essentiel, c’est que les AirTags 2 sont bien plus faciles à identifier à l’oreille, ce qui facilitera aussi leur récupération.
Terminons sur une note moins positive en relevant que l’AirTag 2 a besoin d’iOS 26.2.1 ou watchOS 26.2.1 au minimum. C’est précis et surtout, c’est très récent. Si votre iPhone est bloqué sur une version antérieure, la punition ne se fait pas attendre : un message d’erreur incitant à installer une mise à jour s’affiche lors de la connexion initiale et la balise ne s’affiche pas dans l’app Localiser. Pas question d’un mode dégradé sans géolocalisation précise, par exemple, vous ne pourrez pas du tout retrouver l’objet associé au traqueur.
C’est d’autant plus dommage que cela concerne aussi les objets partagés avec des proches : tout le monde devra être à jour pour pouvoir accéder à la position d’un AirTag 2 depuis l’app Localiser. Qu’en est-il du réseau Localiser mondial ? Ce serait un vrai problème si seuls les iPhone et iPad équipés d’iOS 26.2.1 pouvaient repérer un traqueur de deuxième génération perdu, tant le parc serait réduit. Puisqu’Apple a sorti des mises à jour pour ses anciens iPhone en même temps que pour les récents, on peut espérer que ça ne sera pas le cas et que la géolocalisation par Bluetooth des balises perdues reste active pour tout le monde.
Pour conclure
Conclure ce test n’est pas compliqué : l’AirTag de première génération était un excellent traqueur d’objets qui a logiquement connu un immense succès dès sa sortie. En augmentant la portée de ses puces sans fil et la puissance de son haut-parleur, ce nouveau modèle améliore les caractéristiques les plus importantes en facilitant une recherche en cas de perte. Les promesses de la puce UWB de deuxième génération se concrétisent bien à l’usage avec un gain bien net, tandis que le son plus puissant permet effectivement de retrouver plus aisément la balise.
Que du positif donc… même si on peut se demander pourquoi Apple a attendu si longtemps pour une mise à jour si mineure. La puce U2 a deux ans et demi, pourquoi est-ce que l’AirTag 2 ne sort qu’aujourd’hui ? Plus gênant, sa compatibilité restreinte pourrait handicaper l’appareil, même si ce n’est qu’un problème temporaire. Dommage malgré tout de ne pas avoir étendu un petit peu la compatibilité, au minimum pour gérer iOS 18, ce qui aurait permis d’intégrer la génération des iPhone XS/XR.
Cinq ans après la première version, pouvait-on espérer davantage de nouveautés ? Plus d’autonomie n’aurait pas été de refus, même s’il existe des solutions si on a vraiment besoin qu’un AirTag dure longtemps et même si le format compact choisi par Apple a de nombreux avantages, tout en maintenant l’inconvénient qu’un accessoire est nécessaire pour accrocher la balise à un trousseau de clés ou à une lanière. Voilà qui fera les affaires des accessoiristes pour les années à venir, à n’en pas douter.
-
En coupant le haut-parleur, on désactive en même temps la protection contre les AirTags utilisés comme mouchards non désirés. Si l’opération reste possible avec la nouvelle version, elle est manifestement plus complexe. ↩︎