TEST Hot Wheels Infinite Rush : une nouvelle formule qui casse des briques ? - JVFrance
Après deux épisodes réussis, Milestone tente enfin le grand saut vers le monde ouvert avec Hot Wheels Infinite Rush. Les célèbres petites voitures reviennent donc pour en mettre plein les yeux, cette fois dans une production pensée exclusivement pour les consoles nouvelle génération et le PC. Nous avons pu jouer une vingtaine d’heures au titre, et une chose est sûre : si ce premier essai ne manque pas de qualités, il ne transforme pas complètement l’essai.
Testé sur PS5 Pro grâce à une version numérique fournie par l’éditeur
Un monde ouvert à la LEGO 2K Drive
Après son annonce lors du Summer Game Fest 2026, on se doutait que la licence Hot Wheels, portée par Milestone, finirait par franchir le cap du monde ouvert. C’est désormais chose faite avec Hot Wheels Infinite Rush, un épisode très attendu par les fans des deux précédents opus. Il faut dire que nous avions été agréablement surpris par Hot Wheels Unleashed, puis encore davantage par Hot Wheels Unleashed 2: Turbocharged, sorti il y a déjà trois ans. À l’époque, la formule reposait sur une succession de courses ponctuées d’une petite trame scénaristique, sans monde ouvert, simplement un menu permettant d’enchaîner les épreuves. Avec Infinite Rush, l’ambition du studio italien est clairement montée d’un cran.

Exit donc la sélection de niveaux via un simple menu : place à un véritable monde ouvert pour l’aventure solo… ou plutôt quatre mondes ouverts. Contrairement à un Forza Horizon 5 qui mise sur une carte gigantesque, Milestone opte ici pour des environnements de taille plus contenue, mais chacun doté d’une identité visuelle forte. Grande ville américaine, cité inspirée de l’Asie de l’Est, zones plus fantaisistes… chaque territoire propose une ambiance distincte. L’exploration est d’ailleurs facilitée par un choix de game design audacieux : près de 80 % de l’environnement est destructible. Concrètement, la plupart des obstacles n’entravent pas la vitesse, ce qui encourage à foncer dans le décor pour rallier un point A à un point B sans réfléchir.
Ce parti pris a ses avantages… mais aussi ses limites. Parcourir une carte sans être ralenti par le moindre élément est agréable, mais cela retire une part de challenge. Dans Need for Speed ou d’autres jeux arcade, le trafic joue un rôle essentiel : éviter les voitures, anticiper les collisions, optimiser sa trajectoire. Ici, les véhicules croisés ne sont que des figurants. On finit par les traverser comme des quilles, sans même y prêter attention, ce qui réduit la tension et l’engagement.

Il faut toutefois rappeler que nous évoluons dans un monde imaginaire, un univers de jouets qui n’est pas sans rappeler la proposition de LEGO 2K Drive en 2023 : plusieurs zones distinctes, un décor largement destructible, des objectifs à remplir. Rien de révolutionnaire, mais la formule fonctionne… jusqu’à un certain point. Le véritable problème vient de la difficulté des activités, tout simplement inexistante. Si vous êtes un minimum à l’aise avec les jeux arcade, décrocher les médailles d’or ne vous demandera aucun effort. Les missions, souvent répétitives, manquent d’originalité : atteindre un point précis, drifter un certain nombre de fois, livrer une commande… des objectifs vus et revus. L’ensemble reste plaisant, mais peine à motiver sur la durée.
Après avoir évoqué les mondes ouverts et leurs limites, il est temps d’aborder deux aspects essentiels de Hot Wheels Infinite Rush : sa technique et surtout sa prise en main, qui, pour le coup, ne nous ont pas déçu.
Une plastique et un gameplay au niveau
Malgré des mondes ouverts assez convenus dans l’ensemble, il restait un point essentiel à aborder : les courses. Et sur ce terrain, Hot Wheels Infinite Rush s’en sort plutôt bien, avec des tracés intelligemment pensés et une structure qui reprend les fondamentaux de la licence.
Avant chaque épreuve, il faut choisir un véhicule parmi quatre catégories : équilibré, vitesse, dérapage et titan. En monde ouvert, la voiture de type vitesse s’impose naturellement pour l’exploration et la majorité des défis, tandis que certaines activités imposent un type précis. Le changement de véhicule se fait d’ailleurs en un clin d’œil : un simple maintien de la flèche de droite permet de basculer instantanément d’une catégorie à l’autre.

Chaque type de véhicule possède ses forces : vitesse brute, aisance dans les virages, stabilité… mais l’essentiel est ailleurs. Le feeling manette en main reste excellent, fidèle à ce que Milestone avait déjà réussi sur les précédents opus. Malgré un gameplay résolument arcade, la maîtrise du véhicule demeure satisfaisante, notamment grâce aux boosts activables via des sections dédiées sur les circuits. Les épreuves proposées restent classiques – courses traditionnelles, contre-la-montre, élimination – sans réelle nouveauté, mais Infinite Rush ne cherche pas à réinventer la roue. Il mise sur une exécution propre de mécaniques éprouvées, et sur ce point, le contrat est rempli.
Nous avons testé Hot Wheels Infinite Rush sur PS5 Pro, et malgré une installation étonnamment légère, le rendu visuel est flatteur. Comme pour les précédents épisodes, Milestone s’appuie sur l’Unreal Engine, désormais bien maîtrisé, même si quelques textures manquent encore de finesse. En tant qu’adaptation d’une marque de jouets, le jeu se devait d’être coloré : mission accomplie. Les couleurs explosent à l’écran, les effets de lumière sont nettement plus poussés que par le passé, et l’ensemble profite pleinement des capacités des consoles nouvelle génération – la PS4 et la Xbox One étant enfin laissées de côté.

Sur PS5 Pro, un point surprend : aucun mode graphique. Le jeu combine directement une résolution 4K avec un framerate de 60 images par seconde, un choix qui garantit une fluidité exemplaire, indispensable lorsqu’on traverse la carte à toute vitesse pour récupérer pièces, autocollants et autres collectables disséminés un peu partout. En revanche, un bémol subsiste : les temps de chargement. Il faut compter une dizaine de secondes entre deux courses pour revenir au menu, et le premier chargement se montre un peu plus long. Rien de dramatique, mais suffisamment notable pour être mentionné. Concernant la partie sonore, les thèmes proposés sont assez timides mais le sound design fait le travail. À noter que lors de notre test, quelques problèmes subsistent encore, avec notamment des bugs sonores assez déplaisants qui vous demanderont de relancer le jeu pour vous en débarrasser.
Comme les précédents opus, Infinite Rush propose également un mode multijoueur ainsi qu’un module de personnalisation toujours très complet, permettant de modifier ses véhicules en profondeur. Un dernier point appréciable avant de conclure ce test.
Du multijoueur, du partage et un esprit collection
Une nouvelle fois, ne vous attendez pas à une révolution si vous avez déjà parcouru les précédentes adaptations signées Milestone. Hot Wheels Infinite Rush reprend les fondations de la série, notamment avec un multijoueur solide pouvant accueillir jusqu’à douze joueurs. Faute de combattants, nous n’avons pas pu tester les parties en ligne, mais toutes les variantes proposées dans l’aventure (hors time-attack) sont jouables avec des joueurs du monde entier. Le titre propose aussi bien des parties classées qu’un matchmaking traditionnel, organisé via un système de playlists. Comme d’habitude, le cross-play est de la partie, à condition de lier un compte Epic Games. Les joueurs souhaitant rester entre amis pourront également créer des salons privés, une option toujours appréciable.
Mais Infinite Rush ne se limite pas au jeu en ligne. Le titre est par ailleurs jouable jusqu’à quatre joueurs en local, un mode que nous avons testé en configuration deux joueurs, sans aucun ralentissement. Chaque participant peut sélectionner l’une des 150 voitures disponibles, à condition de l’avoir débloquée au préalable dans le mode aventure. À ce sujet, le jeu introduit une mécanique amusante : des duels 1v1 peuvent être déclenchés à tout moment en solo lorsqu’un logo de diable apparaît à l’écran. Si vous remportez ce duel de 30 secondes, le véhicule adverse rejoint votre collection. Un système simple, efficace mais qui aurait mérité de tirer un peu plus en longueur, d’autant que chaque voiture possède ses propres statistiques – accélération, vitesse, dérapage, boost – rendant le choix du véhicule particulièrement stratégique.
Enfin, impossible de parler d’Hot Wheels sans évoquer la personnalisation et la construction, deux piliers historiques de la licence. Infinite Rush ne déroge pas à la règle. Le jeu propose un éditeur de circuits toujours aussi complet, permettant de créer des pistes délirantes et de les partager avec la communauté. L’outil peut sembler complexe au premier abord, mais une fois apprivoisé, il offre une liberté créative impressionnante. La personnalisation des véhicules n’est pas en reste : bruitages spécifiques, effets de particules, livrées entièrement modifiables, couleurs, motifs, style des roues… tout y est. C’était l’un des gros points forts de la série, et cela reste vrai en 2026 pour cette troisième adaptation.
Verdict
Hot Wheels Infinite Rush est loin d’être un mauvais titre, mais il peine encore à pleinement maîtriser l’ambition de ses mondes ouverts. Malgré une conduite toujours aussi agréable et un contenu massif pour son prix de lancement, la structure générale souffre d’une répétitivité qui risque de lasser les joueurs après quelques heures. Le challenge finit par se renforcer passé la dizaine d’heures, mais l’approche reste globalement trop permissive pour les habitués des jeux de course arcade. La formule, sur le papier, demeure pourtant séduisante. Milestone a de bonnes idées, certaines très pertinentes, et ne doit clairement pas abandonner cette orientation. Infinite Rush ressemble à un premier pas, imparfait mais prometteur, vers une évolution plus ambitieuse de la licence. Avec davantage de variété, un monde ouvert mieux exploité et une difficulté mieux dosée, les prochains opus pourraient réellement transformer l’essai.
Goufixx
65/100
Score total iIl s'agit d'une appréciation générale du jeu de la part du testeur et non d'une note à proprement parler.
Points forts
- L'Unreal Engine bien utilisé pour une technique au niveau
- Un contenu qui reste conséquent
- La maniabilité des véhicules toujours plaisante
- Un jeu sans prise de tête : on fonce et on détruit tout
- Un multijoueur en ligne et en local jusqu'à 4 joueurs
- Les différentes options de personnalisation toujours poussées et partageables
Points faibles
- La structure du mode carrière répétitive
- Une difficulté qui interroge pour les habitués du genre
- Le trafic qui n'a aucun impact lors des courses
- Pas de fil conducteur : absence totale de scénario
- OST en retrait