Onze Français sont actuellement détenus en Thaïlande pour trafic de drogues
20 Minutes avec AFP
Publié le 11/08/2026 à 19h03 • Mis à jour le 11/08/2026 à 19h03
Un système de recrutement via Snapchat, présenté comme un séjour tous frais payés en Thaïlande en échange du transport de téléphones portables, fait l’objet d’investigations en France. Mardi, le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) a indiqué avoir connaissance de ce phénomène, alors que onze jeunes Français sont détenus en Thaïlande depuis le début de l’été après avoir été arrêtés dans un aéroport avec plusieurs kilos de cannabis dans leurs bagages.
Selon des témoignages de proches recueillis par Libération, certains de ces jeunes avaient répondu sur Snapchat à une offre baptisée « plan Thaïlande ». Leur voyage devait être entièrement pris en charge et, en contrepartie, ils devaient rapporter une valise remise par une tierce personne et censée contenir des téléphones portables. La proposition aurait émané d’un gérant d’une société d’achat-vente de smartphones. Libération a recensé au moins cinq Français âgés de 18 à 26 ans arrêtés dans des aéroports en Thaïlande mais aussi à Hong Kong.
Un pseudo « plan Thaïlande » soi-disant légal
Parmi eux figure Elias, un aide-déménageur de 20 ans vivant à Amiens, dans la Somme. Sa belle-sœur, Amira (le prénom a été changé), explique qu’il devait quitter la Thaïlande le 14 juillet avec un autre Français, Ibrahim, pour rejoindre Hong Kong, puis Londres et Paris. Lors du contrôle, les douaniers ont découvert 16,8 kilos de cannabis dans leur « valise, cadenassée », dont ils « n’ont pas le code ». « Ils sont restés choqués, ils ne s’y attendaient pas du tout », affirme Amira.
Elias avait été contacté sur Snapchat par une personne lui proposant ce « plan Thaïlande ». L’offre assurait que « c’est 100 % légal, encadré, que c’est pour des téléphones, que c’est une durée d’une semaine, qu’il y a une rémunération. Tout est frais payés, billets, hébergement sur place », relate sa belle-sœur. « Donc, il a pris la chose au sérieux. » Selon elle, Elias « a été victime d’un "plan Thaïlande". Il s’est fait avoir dans un piège ».
Quel sort pour les Français arrêtés
Le Parquet national anticriminalité organisée cherche désormais à déterminer le fonctionnement de ces recrutements. « Nous avons des investigations en cours sur ce phénomène dont nous avons effectivement connaissance », a indiqué le Pnaco à l’AFP. « Notre objectif est d’identifier les commanditaires et les réseaux potentiels, de comprendre les modalités des passages : comment ces jeunes sont recrutés, pris en charge, s’il y a d’autres personnes qui interviennent », précise le parquet.
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Les autorités françaises suivent également le sort des ressortissants détenus en Thaïlande. « La situation de nos compatriotes est suivie avec attention par les services compétents du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères à Paris, qui sont en contact avec leurs familles », a précisé une source diplomatique à l’AFP ce mardi.