Publié le 16 septembre 2026 à 13:30 par Sirius

Unitree lance le G1+, une mise à jour de son robot humanoïde G1. Proposé à 95 000 yuans, il intègre six améliorations majeures : un cou plus mobile, des moteurs plus puissants et mieux refroidis, une perception visuelle et tactile enrichie, et une option d'alimentation externe. Ce lancement intervient dans un contexte économique délicat pour l'entreprise.

Unitree G1 danse 03

Dans un secteur de la robotique en pleine effervescence, la société chinoise Unitree vient de présenter le G1+, une évolution matérielle de son modèle G1. Cette nouvelle mouture conserve le positionnement tarifaire agressif de son prédécesseur, aux alentours de 95 000 yuans (environ 14 000 dollars), tout en apportant des correctifs techniques ciblés. Ces améliorations visent à résoudre certains des obstacles les plus tenaces de la robotique humanoïde actuelle, notamment la gestion thermique et la fluidité des mouvements. Le timing de cette annonce n'est pas anodin, survenant dans une période financière complexe pour l'entreprise de Hangzhou.

Quelles sont les améliorations techniques concrètes du G1+ ?

L'une des nouveautés les plus visibles est l'ajout d'un cou à deux degrés de liberté. Le robot peut désormais incliner la tête de -25° à +36° et la faire pivoter de ±110°, un ajout qui peut sembler mineur mais qui lui évite de devoir tourner tout son torse pour regarder sur le côté. Mais le véritable enjeu se situe au niveau des moteurs et de la gestion thermique. Face à ce goulot d'étranglement qui handicape l'ensemble du secteur, ce nouveau robot humanoïde signé Unitree a entièrement revu sa copie.

Unitree G1+

Le couple maximal des moteurs des épaules et de la taille a été augmenté de 110 %, tout en générant 72 % de chaleur en moins sous une charge équivalente. Les bras ne sont pas en reste, avec un gain de couple de 43 % pour 30 % de chaleur en moins. Côté perception, une caméra binoculaire remplace l'ancien capteur de profondeur, complétée par un LiDAR 3D, une caméra grand-angle sur le torse et cinq capteurs tactiles sur la tête. Un nouveau port d'alimentation externe DC vient aussi épauler la batterie de 9 000 mAh, échangeable à chaud et offrant environ deux heures d'autonomie.

Comment se positionne ce nouveau modèle sur le marché ?

Le G1+ se décline en deux configurations bien distinctes. Le modèle standard, doté de 25 degrés de liberté et capable de soulever environ 3 kg par bras, est proposé à 95 000 yuans, soit près de 14 000 dollars. Il reste ainsi le seul robot de ce type que l'on peut acquérir pour moins de 20 000 dollars. Cette approche tarifaire confirme la stratégie d'Unitree de rendre cette technologie un peu plus accessible. C'est une avancée majeure dans un domaine où l'intelligence artificielle et la mécanique de pointe se combinent.

Unitree G1_ (2)

La seconde version, baptisée G1+ EDU, est clairement destinée à la recherche et au développement. Elle pousse les capacités à 70 degrés de liberté, incluant des mains à sept degrés de liberté pour des manipulations complexes, et une charge utile de 4 kg par bras. Son prix, cependant, n'a pas été communiqué. Au-delà du matériel, le constructeur chinois peut se targuer d'une capacité de production éprouvée, affirmant avoir livré plus de 5 500 unités du G1 en 2025, un chiffre à comparer aux 150 modèles Optimus que Tesla aurait produits en interne sur la même période.

Dans quel contexte économique et réglementaire ce lancement s'inscrit-il ?

Cette annonce intervient dans une période pour le moins agitée pour Unitree. L'entreprise a connu une introduction en Bourse mouvementée à Shanghai, avec une envolée spectaculaire de 460 % le premier jour, suivie d'une chute brutale. Cet emballement spéculatif, déconnecté des résultats financiers de l'entreprise qui affichaient un bénéfice net en baisse de 53 % au premier trimestre, n'a pas manqué d'attirer l'attention des régulateurs.

Unitree G1 Plus

En conséquence, les autorités chinoises ont décidé de durcir les conditions d'approbation pour les start-ups de robotique souhaitant entrer en Bourse, exigeant des preuves de revenus stables. S'ajoute à cela un obstacle de taille : l'interdiction d'importation aux États-Unis des robots humanoïdes non fabriqués sur le sol américain. Or, ce marché représentait 13,3 % du chiffre d'affaires de la société en 2025. Le G1+ devra donc convaincre sur d'autres territoires pour assurer la croissance de son fabricant.

Journaliste GNT en direct d'Alpha Canis Majoris

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