Tirs à l'arme de guerre sur un commissariat à Anderlecht : "le déni et le laxisme" au cœur du bras de fer entre le PS et le MR
Nouveau palier de franchi ce vendredi à Anderlecht. Le commissariat Démosthène, ex-commissariat principal de la zone de police Midi, mais qui accueille toujours des équipes a été ciblé par des tirs d'une arme de guerre (arme automatique, visiblement kalachnikov), vers 23 h 40. Les auteurs, venus en duo à trottinette, un pour tirer, l'autre pour filmer, ont pris la fuite.
Quelques heures après les faits, la passe d'armes, politique cette fois, a embrayé.
Côté socialiste, le chef de file du PS bruxellois et ministre bruxellois Ahmed Laaouej a exhorté le ministre fédéral de l'Intérieur, Bernard Quintin (MR), à "se décider à agir sérieusement contre la criminalité organisée à Bruxelles".

"Combien faudra-t-il encore de fusillades, combien faudra-t-il encore de policiers pris pour cible ?"
Ahmed Laaouej juge les mesures prises par les ministres de l'Intérieur et de la Justice "insuffisantes". Il réclame urgemment un renforcement des moyens de la police judiciaire et de sa présence à Bruxelles, ainsi que des moyens de la zone de police, de la justice et du parquet. "Il en va de la vie de nos habitants et de la sécurité de nos policiers", affirme-t-il.
Le député fédéral PS Ridouane Chahid renchérit : "Depuis des mois, j'interpelle le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin sur la montée de la violence liée au narcotrafic, sur les moyens de la police bruxelloise et sur la nécessité de renforcer notre capacité à lutter contre les réseaux criminels. Aujourd'hui, la réalité nous rattrape avec une violence inacceptable. Monsieur le ministre Quintin, combien faudra-t-il encore de fusillades, combien faudra-t-il encore de policiers pris pour cible avant que vous décidiez de passer véritablement à l'action ? Il faut des policiers, des enquêteurs, des magistrats, des moyens et une véritable stratégie contre le narcotrafic et les armes. Monsieur le ministre, je vous demande des actes."
Après les tirs contre un commissariat à Anderlecht, les réactions s'enchaînent : "Nous ne laisserons pas le crime organisé s'emparer de Bruxelles""Certaines baronnies socialistes…"
Au MR, on ne se laisse pas faire. Selon le ministre de l'Intérieur, "la situation sécuritaire à Bruxelles est l'héritage de celles et ceux qui ont gouverné ces 20 dernières années, le Parti socialiste en tête. Le gouvernement fédéral fait tout pour rattraper ces erreurs du passé. Des moyens sans précédent sont déployés pour reprendre le contrôle. Des dizaines d'agents sont venus renforcer structurellement la Police Judiciaire de Bruxelles, et les zones locales sont soutenues par le Fédéral sur base de leurs besoins. Des moyens conséquents ont été débloqués pour l'installation de caméras, et des militaires ont été déployés dans les gares et les métros."
"Cette stratégie produit des résultats sans précédent, martèle Bernard Quintin. En moins d'un an, à Bruxelles et dans les grandes villes du pays, des milliers d'arrestations ont eu lieu. Des centaines de kilos de drogues et d'armes ont été saisis. Des millions d'euros d'argent sale ont été confisqués."
Le chef de file du MR bruxellois David Weytsman n'a pas manqué de répondre aux socialistes lui aussi : "Pendant trop longtemps, le déni et le laxisme ont tenu lieu de politique de sécurité à Bruxelles. Certaines baronnies socialistes ont considéré des quartiers comme leur territoire politique, préférant préserver une prétendue "cohésion sociale", minimiser les problèmes et laisser l'autorité publique reculer plutôt que d'assumer leur première responsabilité : garantir la sécurité partout."
"On connaît le résultat de ces années de laxisme coupable, reprend le libéral : des quartiers abandonnés aux trafiquants et des criminels qui se sentent suffisamment puissants pour tirer sur un commissariat."
"Soyons clairs, ce que nous vivons actuellement à Bruxelles, c'est une guerre"Il finit enfin par défendre son ministre : "C'est précisément ce système que Bernard Quintin est en train de faire tomber avec une réforme historique pour Bruxelles (la fusion des zones). Il s'agit de renforcer et unifier notre police pour qu'elle puisse agir à l'échelle de la Région, sans être paralysée par les frontières communales et les petits calculs politiques. Cette réforme doit aussi permettre de mieux utiliser nos effectifs, de renforcer la présence policière et de remettre davantage de policiers dans la rue."
Pour rappel, la mise en place effective de la fusion des zones de police bruxelloises est prévue pour… 2028 et notons qu'au niveau local, MR et PS partenaires de majorité à Anderlecht. Une alliance qui a aussi déjà montré plusieurs signes de faiblesse.
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