Toilettes fermées payantes « pour les femmes » mais urinoirs gratuits pour les hommes, aux festivités du 21 juillet à Ham-sur-Heure : le comité s’en explique
« Soit c’est gratuit pour toutes et tous, soit tout le monde paie »
Si le comité assure qu’il ne s’agit pas d’une distinction entre hommes et femmes mais entre cabines fermées et urinoirs, cette organisation interroge Margaux Joachim, coordinatrice de Femmes de Mars. Sans connaître le dossier dans le détail, elle estime que la situation peut relever d’une discrimination indirecte. « Dans les faits, une partie des sanitaires, les urinoirs, n’est pas accessible aux femmes. Dire que les cabines sont ouvertes à tout le monde ne change pas cette réalité : les hommes disposent d’une alternative gratuite, alors que les femmes n’en ont pas. » Pour elle, si un service est mis à disposition du public, deux solutions sont envisageables : « Soit il est gratuit pour toutes et tous, soit son coût est réparti de manière solidaire entre l’ensemble des usagers, afin que personne ne supporte seul le financement du service. »

La coordinatrice souligne également que cette réflexion ne concerne pas uniquement les femmes. « Il faut aussi penser aux enfants. Un jeune enfant ne peut pas forcément utiliser un urinoir, ce qui oblige les familles à passer par les cabines payantes. » Elle estime dès lors que la gratuité, au moins pour les plus jeunes, pourrait également être envisagée.
Plus largement, Margaux Joachim rappelle que l’accès aux toilettes publiques reste un enjeu récurrent d’aménagement de l’espace public. « Cela fait longtemps que nous plaidons pour des sanitaires publics fermés, accessibles à toutes et tous, quel que soit le genre. Aujourd’hui encore, passer plusieurs heures dans un parc ou participer à un événement sans toilettes accessibles peut devenir un véritable problème, notamment pour les femmes, les familles ou les personnes accompagnant de jeunes enfants. » Selon elle, au-delà de ce cas précis, cette situation remet en lumière une problématique plus large d’accessibilité des équipements publics.