"Si on ne gagne pas les collisions, ça va être compliqué", prévient Tanga
À l'approche des retrouvailles avec Montpellier, le troisième ligne parisien Yoan Tanga revient ici sur la dernière demi-finale du Top 14 perdue contre les Héraultais, les clés pour éventuellement faire tomber le MHR, la gestion du défi physique. Mais aussi, l'excitation de jouer bientôt au Stade de France...
Votre dernier match contre Montpellier, c’était en demi-finale du Top 14 en juin dernier. Quel souvenir gardez-vous de cette rencontre sur le plan du jeu ?
On est sortis de ce match assez frustrés. Nous avions mis des choses en place que nous n'avons pas réussi à exécuter, ils ont très bien bloqué notre jeu et nous nous sommes retrouvés sans solution. On n'a pas été bons en touche, donc on a eu très peu de ballons à jouer.
Vous avez pourtant réussi à vous montrer dangereux sur le peu de munitions obtenues…
Ouais, c’est ça. Dès qu’on a eu des ballons, on a réussi à se créer des opportunités et à marquer.
La clef contre le MHR, c’est donc d'abord d'assurer la conquête ?
Oui, clairement. On sait qu’ils sont très performants sur le contre en touche et en mêlée. Avoir ces ballons, c’est le minimum si on veut espérer l'emporter et inscrire des essais.
Montpellier est souvent décrit comme l'équipe la plus dense du championnat. Est-ce que vous ressentez cette puissance supérieure sur le terrain ?
On a vu la statistique : c’est l’équipe qui domine le plus les contacts en Top 14, à plus de 60 % de collisions gagnées. C’est du solide. En demi-finale, on voulait déplacer le ballon pour éviter ce défi frontal, mais faute de munition, on n’a pas pu le faire.
En tant que gros porteur de balle, sentez-vous que le rideau défensif héraultais laisse moins d'espaces que d’autres équipes ?
Oui, ils travaillent très bien en défense et viennent systématiquement à deux sur le plaqueur. Face à d'autres équipes, on peut jouer des un-contre-un ou viser des épaules faibles au milieu du terrain. Contre Montpellier, c'est plus dur : être pris par deux mecs ralentit la progression et permet à leurs gratteurs de contester le ballon au sol, ce qui ralentit nos sorties de balle.
Ressentez-vous une responsabilité individuelle accrue sur ces matchs pour faire avancer l'équipe ?
Non, parce que c’est mon travail à chaque match, que ce soit en attaque ou en défense. Je n'ai pas que cette qualité-là, mais en tant que troisième ligne, faire avancer le collectif reste mon rôle principal, peu importe l'adversaire.
Faut-il absolument gagner la bataille des collisions pour battre Montpellier, ou existe-t-il un moyen de les contourner ?
C’est le b.a.-ba du rugby : si tu ne gagnes pas tes collisions, tu n'avances pas, tes rucks sont lents et tu ne peux pas poser ton jeu. Et puis, attention à leur attaque : au milieu du terrain, ils ont des avants très performants qui savent faire vivre le ballon après le contact avec des offloads. Gagner la bataille du milieu reste indispensable.
Contre Lyon, vous avez testé un jeu plus resserré en première mi-temps avant de retrouver de la largeur après la pause. Est-ce une option face au MHR ?
Contre Lyon, c'était une volonté d'ajouter des cordes à notre arc. On a réussi à avancer au milieu, mais c'était la première fois qu'on jouait ainsi et on a eu du mal à enchaîner et transformer le jeu derrière. En seconde mi-temps, on est revenus à nos standards et ça a mieux fonctionné. Pour Montpellier, on sait ce qu'on veut faire… mais je ne vais pas te dévoiler notre stratégie !
La bataille de l'occupation sera-t-elle aussi déterminante ?
Énormément. C'est une équipe qui emploie beaucoup le jeu au pied. La bataille aérienne et la capacité à occuper leur camp seront primordiales.
Un dernier mot sur le match délocalisé au Stade de France en décembre face à Toulouse. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?
Avec beaucoup d'excitation ! Ça nous sort de la routine. C'est le plus grand stade de France, juste avant Noël, face à Toulouse, avec nos familles en tribunes. C'est encore un peu loin, mais c'est motivant.
Y avez-vous déjà joué ?
Jamais ! J'y ai été 24ᵉ homme une fois avec le XV de France, et j'étais blessé à l'époque où j'étais au Racing. Franchement, c'est un kiff. On joue au rugby pour connaître des moments comme ça, devant du monde dans des enceintes mythiques.
Avez-vous suivi un peu la période des matchs délocalisés du Stade Français à l'époque de Max Guazzini ?
(Rires) À cette époque-là, je ne regardais même pas de rugby ! J'ai commencé à en regarder très tard, vers 2016-2017, quand je suis passé pro. Avant ça, je jouais juste le week-end avec mes potes sans regarder les matchs à la télévision.