Le Stade français s’est imposé face à Montpellier en tenant tête à la puissance montpelliéraine et grâce à une constance retrouvée. Pour autant, le manager Paul Gustard n’était pas tout à fait satisfait. Explications.

Et si le Stade français tenait enfin un premier match référence ? Face à Montpellier, finaliste du dernier Top 14 et référence athlétique du championnat, les Parisiens ont affiché une solidité et une constance inédites depuis le début de la saison. Dans un combat intense, dont les organismes de Tanga, Néné et Peyresblanques sont notamment ressortis meurtris, les hommes de Paul Gustard ont répondu présent dans l’engagement, sans jamais céder face à la puissance adverse. Une performance suffisamment aboutie pour faire figure de point d’appui. Mais pas encore de référence absolue : si les Parisiens ont su gagner le bras de fer, ils n’ont pas toujours trouvé les arguments pour emballer le match.

Jusque-là, les Stadistes avaient surtout brillé par séquences : une première période convaincante face à l’Usap lors de la première journée, une seconde plus aboutie contre Lyon à la quatrième. Deux rencontres, deux succès à domicile, mais aussi une irrégularité persistante, particulièrement criante à l’extérieur, où les trous d’air se sont payés comptant. Cette fois, le Stade français a tenu la distance. "Je retiens surtout que, pour l’instant, nous avons trois victoires à la maison et trois défaites à l’extérieur", a martelé Paul Gustard en conférence de presse.

Un rythme enfin trouvé

Durant 80 minutes, Paris a ainsi affiché un niveau d’engagement et de concentration plus homogène. Une satisfaction que Louis Carbonel ne boudait pas au coup de sifflet final : "Oui, je pense que c’est notre meilleur match en termes de contenu physique. Montpellier est une très grosse équipe et on a réussi à gagner les deux mi-temps. C’est sûr que c’est une première depuis le début de l’année, donc, pour le moment, c’est notre prestation la plus aboutie."

Après une préparation estivale plus courte que l’an passé, qui a sans doute contribué aux retards observés dans le secteur physique, le club de la capitale semble enfin trouver son rythme. "Je sens que c’est une équipe qui monte en puissance", reconnaissait d’ailleurs Joan Caudullo, le manager montpelliérain. Seulement, la puissance ne saurait constituer une fin en soi. Face à un adversaire qui aime imposer le défi frontal, Paris a su répondre au combat, mais n’a pas toujours réussi à lui opposer un jeu offensif suffisamment tranchant. Si les Parisiens ont eu le mérite de tenir leur niveau d’intensité, ils n’ont pas systématiquement trouvé la vitesse ni la justesse nécessaires pour déséquilibrer la défense héraultaise. Un constat partagé par le manager anglais Paul Gustard : "J’ai aimé cette rencontre parce qu’on a su avoir le même niveau durant 80 minutes, c’est bien dans l’état d’esprit. Mais, sur le plan du jeu, j’ai préféré la première mi-temps contre l’Usap et la deuxième contre Lyon." Tout est là. Le Stade français a peut-être signé son match le plus consistant dans la durée, mais pas nécessairement le plus abouti dans le jeu, la victoire n’en demeurant pas moins précieuse.