Le futur navire amiral de la Marine sera bien plus grand que le Charles de Gaulle. Avant même sa mise à l'eau, son port d'attache doit s'agrandir et draguer ses abords pour l'accueillir. Autour de l'arsenal, le porte-avions nouvelle génération impose déjà ses premiers chantiers à terre.

Julia Garcia

Rédacteur scientifique

Publié le 23/10/26 à 22:00

  • La base navale de Toulon se prépare pour l'arrivée du nouveau porte-avions en 2035, nécessitant un quatrième accès à La Seyne-sur-Mer.
  • Un pont à Brégaillon reliera le port de commerce à la base navale, avec une ouverture prévue en 2029 pour accueillir le porte-avions.
  • Découvrez comment la modernisation de la base navale de Toulon transformera l'accueil du futur porte-avions français dès 2035.

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La base navale de Toulon prépare l’arrivée, début 2035, du successeur du Charles de Gaulle, avec la création d’un quatrième accès à la base du côté de La Seyne-sur-Mer, selon une présentation rapportée par Nice-Matin le 19 octobre 2026. Avec près de 300 mètres de long et quelque 75 000 tonnes, le futur bâtiment dépasse largement l’actuel fleuron de la flotte et la rade qui doit l’accueillir. Le porte-avions nouvelle génération oblige donc à repenser les accès, les quais et jusqu’aux fonds marins.

Une nouvelle porte et un pont à Brégaillon

Le navire ne naîtra pas sur place. Les Chantiers de l’Atlantique l’assembleront à Saint-Nazaire, puis il rejoindra Toulon début 2035 pour y être équipé et préparé jusqu’en 2038. La Seyne-sur-Mer servira de base logistique au chantier du porte-avions, du côté de Brégaillon, et accueillera aussi les équipes et le matériel acheminés par la mer.

C’est là que naîtra la nouvelle porte. Un pont reliera le port de commerce de Brégaillon à la base navale, côté Milhaud, avec une ouverture prévue en 2029. Conçu sur le modèle de la porte Castigneau, ce quatrième accès sera conservé après les travaux et doublé d’un parking d’attente, d’un poste de filtrage et d’une base de vie. Les premiers aménagements démarrent au premier trimestre 2027, et les approvisionnements passeront autant que possible par la voie maritime pour épargner les routes seynoises.

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Un quatrième accès à la base navale, doublé d'un pont vers Brégaillon, doit ouvrir en 2029 du côté de La Seyne.

Un géant trop grand pour les accès actuels

Ces travaux s’expliquent par la démesure du bâtiment. Long d’environ 300 mètres pour près de 75 000 tonnes, le porte-avions nouvelle génération dépasse de loin l’actuel Charles de Gaulle. Sa

propulsion nucléaire, confiée à deux chaufferies, lui permettra de filer à 27 nœuds, soit près de 50 kilomètres par heure, sans jamais refaire le plein de carburant.

À son bord, une trentaine de chasseurs de nouvelle génération, des drones, des avions de guet et des hélicoptères décolleront grâce à des catapultes électromagnétiques, plus douces que les systèmes à vapeur actuels. L’équipage approchera les 2 000 marins. Le navire doit remplacer en 2038 l’unique porte-avions français, retiré du service la même année.

Nettoyer la rade avant l’arrivée

Reste le plus discret des chantiers, sous l’eau. Pour qu’un tel géant puisse manœuvrer, les équipes doivent d’abord dégager les obstacles qui encombrent la rade. Les documents présentés recensent ainsi 2 150 obstructions cartographiées, entre épaves à renflouer et objets à retirer. En parallèle, un protocole mis en place le 31 décembre 2024 permet de surveiller l’eau, les coquillages et les sédiments près des élevages de la baie du Lazaret.

Des bouées d’alarme y mesurent la turbidité, c’est-à-dire le trouble de l’eau dû aux particules en suspension, afin de suspendre les opérations si besoin. Selon le contre-amiral Arnaud Tranchant, les fonds de la rade n’ont jamais été aussi propres, « les anciens nous avaient laissé pas mal de cadeaux ». À terre, l’arrivée d’un millier d’ouvriers oblige déjà à repenser la circulation, cinq ans avant que le successeur du Charles de Gaulle ne rejoigne enfin sa base.