l'essentiel Une belle échappée a occupé le devant de la scène avant l’arrivée des leaders dans le col du Haag. Là, le Slovène est parti seul, comme d’habitude… Seixas prend le maillot blanc. Récit, samedi 18 juillet, entre Mulhouse et Le Markstein, d'une étape marquante.

Une chute précoce en Catalogne suivie d’un genou douloureux a repoussé la question cet été, mais elle a ressurgi hier sous les cieux capricieux des Vosges. Combien de temps Bruno Armirail pourrait-il rouler comme ça, sans rien demander à personne, sans ralentir, presque sans boire ni manger ?

Et de quatre !
Et de quatre ! DR - UAE

Jusqu’où pourrait-il aller dans ses récitals au long cours ? Peut-être aussi loin que le Belge Tim De Clercq, retraité aujourd’hui, peut-être plus, mais le fameux "Tracteur" belge exerçait plus volontiers sur des routes bien plates où il "laissait" sa toute-puissance dévorer la route ou le vent, souvent les deux, sans jamais faiblir. Dans ses bons jours, le Bigourdan passe partout, faux-plats, côtes, cols, grands cols : il ne se fixe aucune limite et c’est pour ça qu’il est tant apprécié par ses leaders. Gaudu autrefois, Vingegaard aujourd’hui, sans la moindre arrière-pensée, sans essayer de se demander ce que ça donnerait s’il s’installait à son compte.

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Hier sur les chemins emberlificotés du Markstein (les coureurs sont passés une première fois sur la ligne d’arrivée, c’est rare…), le Pyrénéen est mandaté pour ramener Matteo Jorgenson sur le groupe Valentin Paret-Peintre (avec deux duos Carapaz-Healy pour EFE, les frères Johannessen pour Uno-X et l’Espagnol Rubio) et accessoirement inviter les UAE du maillot jaune à se bouger derrière. Mais comme il emmène aussi Pidcock, il fait perdre virtuellement la deuxième place à son leader… Un détail en passant, l’épisode, intense, prend fin dans la descente du Ballon d’Alsace, à une cinquantaine de kilomètres du but.

Carapaz repris, place à l’autre course

On voit alors le triple champion de France du chrono redescendre tranquillement récupérer quelques bidons et terminer sa journée "en pause" au moment où une deuxième étape commence avec l’apparition, à la barre, de Tim Wellens. Pour tous les adversaires de Pogacar, la "montée" du Belge annonce toujours quelques secousses jamais très confortables.

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Sur les premières pentes du si redouté col du Haag, inédit, seul Richie Carapaz résiste aux poursuivants (Johannessen va revenir plus haut) emmenés par Sepp Kuss. La sélection n’est plus très loin, l’avance de l’Équatorien fond, Lipowitz passe à l’attaque et provoque le décrochage de son "leader" Evenepoel ! Paul Seixas accompagne l’Allemand, passe même un relais ; on monte vite mais régulièrement et les derniers vestiges de la belle échappée s’effondrent.

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"L’attaque", on ne vous dit pas de qui, intervient à un kilomètre et demi du sommet. "Il" se retourne, voit Vingegaard se battre, sembler revenir un peu, alors le Slovène en remet, plus grimaçant que d’habitude et file vers son quatrième succès depuis Barcelone (après Les Angles, Gavarnie et le Lioran). Son vingt-cinquième depuis ses débuts en 2020. En 2023, il s’était déjà imposé ici. Derrière lui, Paul Seixas surprend encore (il n’a sans doute pas fini), se fait griller pour la deuxième place par Del Toro, en difficulté au plus fort de l’ascension et revenu de nulle part, mais déshabille Juan Ayuso, le voilà maillot blanc, meilleur jeune du Tour, pour trois petites secondes. Il gagne aussi deux rangs au général et se retrouve à la place de Pidcock, qui a pris un violent retour de Sandoz dans le nez après son escapade. Le premier à féliciter le jeune Français, le maillot jaune en personne, qui compte désormais un matelas de quatre minutes et demie sur le Danois de Visma.

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Derrière "Pogi", ils sont quatre dans la même minute, Vingegaard, Evenepoel, Seixas et Ayuso ; prochain contrôle de passage cet après-midi sur les pentes de Solaison. Après, dodo !