Tout savoir sur l'arrosage avec les conseils de Marc Knaepen, notre expert jardin
Avant d'entrer dans le vif sujet, il est important de parler un peu des plantes, car ce sont les premières concernées. Un végétal a, principalement durant sa période de croissance, un besoin constant d'eau. N'oublions jamais que l'eau représente plus ou moins 90% de la "substance" de la majorité des plantes. L'eau est en fait le solvant qui transporte la nourriture puisée dans le sol par les racines jusqu'aux feuilles puis les éléments élaborés dans toutes les autres parties de la plante. En fait, l'eau intervient dans tous les processus qui régissent la vie du végétal. En chimie, l'eau s'écrit H2O et donc elle fournit à la plante l'hydrogène et une partie de l'oxygène nécessaires à la fabrication des éléments nutritifs indispensables au végétal.
Notre dossier jardin et le calendrier du jarinierUne plante transpire
Il est prouvé scientifiquement qu'une plante absorbe plus d'eau qu'elle n'en utilise. L'excès est éliminé par les feuilles. C'est cette "perte" ou évaporation d'eau au niveau des feuilles qu'on nomme transpiration. Des exemples ? Une plante verte tout au long de sa croissance absorbe et évacue quasiment deux fois son poids en eau. Au potager un plant de pomme de terre est capable d'exsuder un total de près de 120 litres d'eau au cours de sa période végétative. Et que dire alors des arbres ! Un arbre de taille normale, en période de croissance, peut transpirer de 40 à 60 litres d'eau par heure ! Cette eau provient en quasi-totalité du sol, en quasi-totalité car les feuilles sont également capables d'absorber de l'eau quand il pleut, quand la rosée se dépose sur elles.
Rejoignez Marc Knaepen sur notre page Facebook pour lui poser toutes vos questionsCette eau libérée par les plantes, petites ou grandes, de l'herbe à l'arbre, s'échappe dans l'atmosphère où elle se condense dans les couches élevées et froides, forme alors les nuages et retombe sur le sol sous forme de pluie. Vous l'aurez compris: la végétation terrestre contribue au maintien de l'humidité atmosphérique !
Mouiller en profondeur
Il est erroné de croire qu'il faut arroser un petit peu tous les jours en prétextant que la plante boit régulièrement. En pratiquant de la sorte, seule la terre superficielle est mouillée tandis que la zone où se trouvent les racines les plus actives n'a pas reçu la moindre goutte d'eau. C'est notamment le cas quand les plantes du jardin sont arrosées au moyen de ce qu'on appelle une "lance d'arrosage" munie d'un jet diffus ou jet "en pluie." L'eau tombe lentement sur le sol et provoque le durcissement du sol et rapidement le colmatage de la terre superficielle. Cette situation peut amener l'asphyxie des racines superficielles ce qui est dommageable pour des plantes comme les haricots, les pois ou encore les fèves des marais. Et il ne faut pas s'imaginer que la situation va s'améliorer si on prolonge cet arrosage en pluie durant plusieurs heures ! Du travail réalisé pour rien et qui plus est un fameux gaspillage d'eau ce qui est inadmissible dans un jardin durable. Un arrosage de ce type a encore une autre conséquence fâcheuse: il mouille le feuillage des plantes. Certains jardiniers prétendent que cela permet de "rafraîchir" les végétaux alors qu'en fait on favorise l'apparition de certaines maladies cryptogamiques (maladies dues à certains champignons) comme le bien connu "blanc" (pois…), la septoriose (céleris) et bien entendu le redoutable mildiou. Rien de bien réjouissant en quelque sorte !
L'arrosage n'est vraiment efficace que si l'eau versée sur le sol descend rapidement vers les racines enfouies en profondeur (environ 30 cm). Comment procéder ? En utilisant la bonne vieille technique du tuyau d'arrosage à déposer sur le sol. On laisse ensuite couler l'eau lentement pour qu'elle humidifie parfaitement le sol et soit ainsi profitable aux plantes. Si le massif à arroser est relativement petit on peut remplacer le tuyau d'arrosage par un arrosoir à utiliser sans pomme… Le goulot sera placé près du sol de manière à répandre l'eau progressivement et sans éclabousser les végétaux.
Comment améliorer l'efficacité d'un arrosage ?
Tous les jardiniers connaissent l'expression "un binage vaut deux arrosages." Si votre terre est assez lourde et compacte, il est plus que conseillé d'effectuer un bon griffage du sol avant de commencer les arrosages. Cette opération à effectuer aussi bien au potager que dans les parterres fleuris permettra à l'eau de pénétrer plus facilement dans le sol pour le plus grand bien des plantes. Au potager les plantes ayant un développement important comme les tomates, les melons, les courgettes… produisent des racines capables d'aller explorer le sol à la recherche d'éléments nutritifs et d'eau. Pour les aider à s'abreuver, un griffage n'est pas suffisant tandis que si vous vous armez d'une fourche-bêche et que vous enfoncez les dents de celle-ci tout autour des plantes (ou entre les lignes pour les épinards de Nouvelle-Zélande par exemple), l'eau arrivera aux racines très rapidement.
Arroser puis semer
Nombre de jardiniers effectuent des semis de légumes et/ou de fleurs. En pratique, on effectue d'abord le semis et puis on arrose. Idéalement il faudrait travailler inversement: arroser et puis semer ! Observer ce qui se passe régulièrement lorsqu'on arrose en pluie des plantules (laitues, bégonias…) à peine germées: la pourriture est fréquente et destructrice et la fonte des semis ne tarde pas à apparaître. Cette dernière peut réduire à néant tous vos efforts en quelques heures ! Mais alors comment procéder ? C'est très simple: on placera le pot ou la terrine de semis dans un récipient contenant de l'eau de pluie à température ambiante (température de la serre ou de la maison suivant l'endroit où vous effectuez l'opération), et ce, de manière à ce que la base de ces conteneurs trempe dans l'eau. Par capillarité, l'eau va monter dans le substrat et va l'humidifier complètement. On retire alors ces conteneurs du bac et on commence les semis.
Arroser en fin d'après-midi
Le moment choisi pour effectuer les arrosages est aussi primordial. Lors des chaudes journées estivales, il est toujours préférable d'arroser les végétaux en fin d'après-midi afin qu'ils profitent un maximum de ce divin breuvage durant toute la nuit. Arroser trop tard – en soirée par exemple – ne permet pas aux plantes de se ressuyer avant la nuit (éclaboussures…) avec comme risque l'apparition de maladies. Bien évidemment, on n'arrose jamais en plein soleil sous peine de provoquer des brûlures (une goutte d'eau a un effet "loupe").
Ne pas attendre la soif
Au jardin, on a toujours tendance à arroser les légumes, les fleurs, voire les arbres et arbustes quand ils ont soif… Il serait nettement plus adéquat d'arroser les plantes avant qu'elles aient soif, car certaines espèces ayant un enracinement superficiel (rhododendrons…) pourraient ne jamais s'en remettre !
Du paillage
On ne le répétera jamais assez, l'eau est un bien plus que précieux qu'il ne faut jamais gaspiller ! Pour garder le sol humide, la technique du paillage devrait être de mise dans tous les jardins. Que peut-on utiliser pour pailler le sol ? Nombre de jardiniers ne savent que faire avec les tontes de pelouse: elles peuvent servir de couverture de sol au potager, entre les lignes de légumes, ou au pied des arbres et arbustes. Si on évite l'utilisation des paillettes de lin (sauf si on souhaite voir apparaître un champ de belles fleurs bleues dans son jardin), il est par contre intéressant de faire appel aux paillettes de chanvre. Ces dernières peuvent prendre place aussi bien au potager que dans les zones fleuries et, cerise sur le gâteau, elles constituent un obstacle quasiment infranchissable pour les limaces et autres escargots. Uniquement dans les parterres ornementaux (arbustes, vivaces, rosiers…), l'emploi de cosses de coco est recommandé. Ces cosses ont une durée de vie assez longue (7 à 9 ans), sont neutres (ni acides ni calcaires) et esthétiquement belles.
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