Travaux au Musée d’art moderne et d’art contemporain au point mort : le nouveau projet de la mairie de Nice bientôt dévoilé
Le calendrier était fixé. Clair. Dès 2029, le Musée d’art moderne et d’art contemporain (Mamac) tout beau, tout neuf, devait rouvrir ses portes. Le tout après une « rénovation profonde », une « réorganisation des 5 niveaux » et « un agrandissement de 400 m2 », avait promis la municipalité alors dirigée par Christian Estrosi.
L’ancien maire de Nice a fermé le musée le 7 janvier 2024 afin de profiter du chantier de la saison 2 de la coulée verte pour entreprendre la réhabilitation et la reconfiguration de ce lieu qui abrite des œuvres majeures de César, Arman, Klein ou encore Niki de Saint Phalle…
Alors, un an et demi après : où en est-on ? Les travaux au sein du Musée d’art moderne et d’art contemporain, l’un des lieux d’exposition les plus fréquentés de Nice, ont-ils avancé ? « Pour ça, il aurait fallu que ces travaux commencent réellement », grince un élu proche de l’ancienne majorité.
Des informations corroborées par une source en lien avec le Mamac : « À la fermeture les œuvres ont été évacuées et transférées, il y a eu des carottages, des mises en sécurité, mais, depuis, il ne se passe rien ». Jusqu’à il y a quelques mois, certains salariés du centre d’art contemporain étaient encore dans les murs, mais ils ont migré vers des bureaux à Libération.
« En interne nous avons diligenté une équipe pour réaliser un audit de ce qui est possible de faire ou pas, pour mettre en place le projet pour le Mamac », assure un porte-parole de la majorité d’Éric Ciotti. « Dans les prochains jours, nous serons en mesure de dire exactement ce que nous allons faire et comment nous le ferons. Et on fera exactement ce que l’on dira », jure-t-il encore.
Réouverture envisagée avec « des opérations en tiroir »
Lors du bilan de ses 100 jours à la tête de la mairie de Nice, début juillet, Éric Ciotti avait déjà évoqué l’avenir de cette institution qui draine en moyenne 135 000 visiteurs par an et qui se place juste derrière le musée Matisse, 160 000 visites par an en moyenne : « Dans les semaines qui viennent, je veux que le Mamac soit partiellement rouvert. Parce que c’est insupportable que ce bâtiment soit fermé pendant 4-5 ans. Nous pouvons rénover une partie du Mamac dans des opérations en tiroir ». Certain, avait-il lancé que « si l’ancienne municipalité avait été réélue, le Mamac avait vocation à être détruit. C’est ce qui, je pense, a été caché aux Niçois ».
« On l’aurait bien rasé aussi [avec le TNN et Acropolis] à l’époque, on y a pensé, mais c’était infaisable financièrement et en plus impossible à cause du parking », rectifie une source proche de Christian Estrosi.
Changement d’architecte en février 2026
Pour comprendre comment la situation s’est enlisée, il faut revenir à début 2022. La rénovation et la réhabilitation du Mamac ont initialement été confiées à l’architecte João Luís Carrilho da Graça. Lors de cette annonce, Christian Estrosi avait également dévoilé que le paysagiste-urbaniste Alexandre Chemetoff l’accompagnerait pour réaliser aussi l’extension de la Promenade du Paillon. Les services de l’ex-maire posaient un budget de 20 millions d’euros pour le chantier du musée.
Mais, en février 2025, un an après la fermeture de l’établissement, l’architecte portugais est… remercié, après de longues négociations. Son contrat est rompu en mars. La municipalité avance que « Le projet rendu s’est révélé trop éloigné du programme fixé ». João Luís Carrilho da Graça a décidé de contester cette décision de l’ancienne municipalité devant le tribunal administratif.
Une nouvelle consultation est alors engagée. Un an après, en février 2026, c’est un nouvel architecte qui est désigné. Parisien, cette fois.
Implantation d’un café, réflexion des façades en marbre...
Sur son site internet, le cabinet Freaks présente son projet pour un budget de presque 25 millions d’euros hors taxes. Le chantier présenté vise à résoudre les problèmes d’obsolescence et d’accessibilité de ce bâtiment emblématique conçu par Yves Bayard et Henri Vidal et inauguré en janvier 1990. C’est le seul rescapé entre le Palais Acropolis et le Théâtre national de Nice, tombés sous les assauts des pelleteuses entre janvier 2022 et juin 2024.
Parallèlement, le projet Freaks entend « implanter un café » et « résoudre les problématiques liées à l’enveloppe du bâtiment. Les façades en marbre présentent des désordres importants et nécessitent une réflexion approfondie sur leur restauration ou leur transformation. Les passerelles vitrées, quant à elles, posent des problèmes de surchauffe, d’éblouissement, de condensation et de conservation des œuvres ».
En attendant le verdict des analyses engagées par la mairie version Éric Ciotti, la coulée verte saison 2 enjambe toujours un Mamac où, à l’intérieur, plus rien ne se passe… Pour le moment.