« Très isolé », « élève perturbateur » : au lendemain de la fusillade au collège d’Aubagne, le profil de l’adolescent auteur de l’attaque se dessine
L’attaque s’est produite aux alentours de 9h25 dans l’enceinte du collège Lakanal situé à Aubagne, ce lundi 12 octobre 2026.
En tirant à plusieurs reprises, il a blessé le principal du collège et une enseignante, avant d’être maîtrisé par le CPE.
Le suspect ainsi que ses deux parents ont été placés en garde à vue. Des armes ont été retrouvées au domicile familial lors d’une perquisition.
« Très isolé » et potentiellement « harcelé »
Au lendemain de cette fusillade, le portrait du jeune garçon se dessine peu à peu. Fils d’un ancien militaire de l’armée de terre et tireur sportif, le jeune homme apparaît, selon Le Parisien, comme « très isolé ».
Sarah, élève de 3e, a raconté qu’elle était en cours d’espagnol lorsque l’alarme a été déclenchée. « On est sorti en courant et on tombe sur lui. Il commence à tirer et il dit : “Je suis venu que pour les profs, pas pour les élèves. De toute façon, les profs font chier” ».
Le suspect était dans sa classe l’an dernier et elle le décrit comme « un élève perturbateur, qui avait beaucoup de rapports mais s’en fichait […] il n’obéissait pas aux profs ». D’autres témoins parlent d’un élève qui « avait l’air calme ».
« Toute une série d’hypothèses vont être exploitées […] On nous a parlé peut-être de harcèlement […]. Tout ceci va être analysé et le mobile, à l’heure qu’il est, n’est pas encore établi », a averti la procureure adjointe.
D’après la procureure de la République adjointe au parquet de Marseille, Audrey Jouaneton, le mineur n’a proféré « aucune phrase particulière » au moment des faits.
« Ce n’était pas un enfant qui posait problème, mais son père avait demandé un rendez-vous avec le CPE en fin de semaine », a aussi indiqué le maire d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari (DVG), lors d’un échange avec la presse.
Le ministre de l’Intérieur, qui s’est rendu sur place dans l’après-midi, a évoqué un geste « manifestement préparé ». Et plusieurs sources indiquent que l’élève se disait harcelé par le collège.
Nos confrères du Parisien évoquent aussi, de sources policières, un élève fan de jeux vidéo, notamment de « Call of Duty. »
Peut-on y voir un lien entre jouer à ce jeu et agir avec une extrême violence ? Certaines études montrent un lien entre le fait de pratiquer de tels jeux et le comportement du joueur : agressivité, irritabilité, moindre sensibilité à la violence.
D’autres études, dont celle publiée en 2018 dans Molecular Psychiatry, contestent l’influence des productions violentes sur le niveau d’agressivité des joueurs.
Cet élève en classe de troisième « n’est pas connu pour des faits de délinquance, de radicalisation », a assuré le préfet des Bouches-du-Rhône.