Triathlon | La troisième fut la bonne pour le Mouscronnois Adrien Dessart: "Je suis qualifié pour le Mondial à Hawaï, c'est un sentiment indescriptible"
On se souvenait d' Adrien Dessart comme d'un milieu de terrain accrocheur du côté de la Real Acren-Lessines ou encore de Moen "où j'ai passé mes trois meilleures saisons en foot senior".
C'est désormais dans une autre discipline que le Mouscronnois brille. Et vu sa faculté à enchaîner les efforts sur un terrain de football, on n'est pas étonné de le voir se faire violence dans le triathlon. Et le moins que l'on puisse écrire, c'est qu'Adrien a vraiment bien fait de changer de sport. Preuve en est avec la qualication pour le Championnat du monde d'Hawaï qu'il a décrochée lors de l'Ironman de Thoune en Suisse. "J'ai commencé le triathlon il y a cinq ans. C'était la troisième fois que je me rendais chez les Helvètes pour arracher ma qualification. En 2024, je l'avais loupée que de huit minutes. Ce n'était vraiment rien sur un effort qui avait duré 9 h 57. À l'époque, je ne savais pas encore vraiment où je me situais. L'an passé, j'étais bien mieux préparé. J'avais amélioré mon chrono de 30 minutes. Mais les règles avaient été complexifiées et je ratais encore la qualification de peu.
Cette année, c'était presque le tout pour le tout. J'ai signé un temps de 9 h 17 sur un parcours pas évident du tout. Il y a 2 200 m de D + en vélo, par exemple. Et j'ai eu le bonheur d'enfin me qualifier pour Hawaï".
La présence de sa femme et ses enfants pour le booster
Et le triathlète a dû se battre pour l'obtenir. Car la chaleur n'a certainement pas facilité la performance. "J'avais en tête un chrono de 9 h 10. Le lac était assez agité pour la natation. Je suis sorti de l'eau avec 1' de retard sur mes prévisions. Mais je savais que ce serait la partie compliquée. Mais je m'entraîne désormais avec Robin Sottiau (NDLR: champion du monde d'aquathlon). Cela ne s'est peut-être pas vu dans le chrono. Mais cela m'a beaucoup aidé. J'étais 147e sur près de 1900 participants. Après le vélo, qui est mon point fort, j'étais 40e. J'avais de bonnes jambes mais je ne me suis pas enflammé non plus. Car il restait un marathon à boucler sous près de 28 degrés. Le premier semi a été propre. Mais avec la chaleur, ce fut plus compliqué entre 21ekm et le 35e. Les sept derniers, ce fut vraiment très dur. Mais je n'ai pas craqué afin de boucler les 42 bornes en 3 h 10".
Dans un sport aussi difficile que le triathlon, la tête prend souvent le dessus sur les jambes. Ce fut bien le cas pour Adrien. "Clairement, cela se joue au mental. L'avantage de la compétition suissesse, c'est qu'il y a une ambiance de fou tout autour du parcours. Mais surtout, ma famille était sur place. Le marathon étant une boucle à réaliser plusieurs fois, j'ai souvent reçu les encouragements de ma femme et de mes enfants. Cela m'a aidé à ne rien lâcher. Puis, je savais pourquoi j'étais là".
Huit mois de travail récompensés
Au moment de franchir la ligne, le Hurlu a été transpercé par plusieurs sentiments. "Le premier, c'est toujours d'être content d'avoir fini, sourit-il. Car un Ironman, c'est vraiment difficile. On l'oublie à chaque fois qu'on termine la course. Mais il y avait aussi un peu de déception car je n'avais pas obtenu le chrono espéré. J'avais quelques appréhensions sur la qualification. J'atténuais un peu l'enthousiasme de ma compagne. J'ai dû attendre le lendemain pour recevoir la confirmation. Là, le sentiment est tout bonnement indescriptible. Cela faisait trois ans que je l'espérais. Depuis huit mois, je travaillais sur ce rendez-vous spécifique. Cela représentait 15h d'entraînement chaque semaine. Là, j'ai vraiment le sentiment de ne pas avoir réalisé tout cela pour rien".
L'ancien footballeur n'aura pas vraiment le temps de savourer. Le Championnat du monde d'Hawaï, ce sera déjà en octobre ! "Je me suis laissé une semaine complète de repos à mon retour de Suisse. Depuis ce lundi, j'ai repris tranquillement. Il me reste quand même trois mois pour préparer ce rendez-vous. Et je ne repars pas de zéro vu la proximité entre les deux Ironman. En septembre, je suis inscrit pour le Half de Gérardmer. J'irai vraiment en guise de préparation".
Sur l'île paradisiaque, Adrien n'aura pas vraiment le temps de profiter du paysage. Car il n'ira pas à Hawaï pour faire de la figuration. "Je veux surtout profiter de la course et faire du mieux que je peux. Je sais que ce sera très dur. Notamment à cause des conditions avec la chaleur et l'humidité. Je serai en catégorie 30-34 ans. On sera près de 3 000 au départ. Dont pas mal de pros. J'irai dans l'optique de donner le meilleur de moi".
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.