La cour d'assise des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence

La cour d'assise des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence - RMC

Ce mardi 13 octobre, trois personnes ont été condamnées pour le rapt et la tentative d'assassinat d'un guetteur d'une cité marseillaise en 2021. Ils écopent de peines allant jusqu'à 20 ans de prison.

La cour d'assises des Bouches-du-Rhône a condamné mardi trois hommes à des peines allant de 12 à 20 ans de réclusion criminelle pour l'enlèvement d'un jeune guetteur qui avait échappé miraculeusement à la mort à la suite du dysfonctionnement de l'arme pointée sur sa tête.

Le 21 juin 2021, dans un contexte de guerre entre clans pour la mainmise sur le point de deal dit du "Maga" dans la cité marseillaise de La Paternelle, un jeune travailleur de 23 ans, embauché pour faire le guet, avait été violemment jeté dans un coffre de voiture puis transporté dans les collines à proximité d'une déchetterie.

L'arme s'est enrayée

Là, les ravisseurs l'avaient questionné sur ses employeurs avant de lui tirer une balle dans la jambe. Mais l'arme, ensuite pointée sur sa tête pour un second tir, s'était enrayée.

Une vidéo réalisée à destination des réseaux sociaux montre la terreur de la jeune victime qui n'a plus jamais donné de ses nouvelles à la justice. Diffusée à l'audience, cette vidéo a permis d'entendre les moqueries des geôliers : "Oh, sur le Bon Dieu, t'as du cul, ça s'est enrayé". Avant leur départ, ses agresseurs l'avaient contraint à se mettre nu.

Arrêté le soir même, Seyni Demba, déjà condamné en 2016 pour un règlement de comptes, s'est vu infliger 20 ans de réclusion pour la tentative d'assassinat. Il n'avait pas réintégré la prison depuis avril à l'issue d'une permission accordée pour rendre visite à sa mère malade. Bilel Chabane, qui tenait l'arme, a été condamné à 15 ans de réclusion, et Yacine Ouertani, le conducteur du commando, à 12 ans.

La cour a écarté la requalification en violences volontaires aggravées que réclamait la défense, les accusés contestant toute intention de tuer.

Faire "la peur de sa vie" à un concurrent

Leur but était, selon leur défense, une "jambisation", visant à infliger une correction et faire "la peur de sa vie" à un travailleur de l'équipe concurrente. "La vidéo ne permet pas de déterminer la direction de l'arme, on ne voit pas le tireur, on ne voit pas l'arme", ont plaidé Me Olivier Rosato et Anaïs Maadjel, les défenseurs de Seyni Demba.

Pour établir l'intention homicide du trio, l'avocate générale s'était notamment appuyée sur les propos tenus par la victime auprès des tout premiers intervenants sur les lieux auxquels celle-ci avait raconté que les auteurs avaient tenté de lui tirer une seconde balle dans la tête.

Qualifiée d'équipe "Feu" chargée des actions violentes du clan, les accusés travaillaient pour un commanditaire surnommé "Miel" que l'enquête n'a pas formellement identifié.

La cour a également condamné trois accusés de l'équipe "Main-d’œuvre" prête à être installée le jour même sur le point de deal repris par la force. Parmi eux Lenny, blessé à l'âge de 11 ans, victime collatérale d'un des tout premiers narchomicides qu'avait connus Marseille en 2010, a été condamné à quatre ans de prison dont trois avec sursis probatoire pour sa participation au réseau de stupéfiants. Une accusée, une jeune femme chargée de la sécurité du point de deal, sera jugée ultérieurement, étant actuellement incarcérée en Suisse pour d'autres faits.

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