True Romance, ce faux film de Quentin Tarantino reste un classique culte
Pop Culture
Sorti en 1993, True Romance reste un cas à part : écrit par Quentin Tarantino, réalisé par Tony Scott, il montre déjà tout le style du cinéaste.
En bref
- True Romance est sorti en 1993
- Script de Quentin Tarantino, réalisation Tony Scott
- Le film garde une vraie aura culte
On associe vite True Romance à Quentin Tarantino. Et ce n’est pas un hasard. Le film est réalisé par Tony Scott, mais il porte déjà, presque partout, la voix, le rythme et la violence du scénariste de Reservoir Dogs et de Pulp Fiction.
Un film signé Scott, mais pensé par Tarantino
Le plus intéressant, c’est sa place dans le parcours de Quentin Tarantino. Le script de True Romance est le premier qu’il vend à Hollywood, à une époque où il travaille encore chez Video Archives, le vidéoclub de Manhattan Beach où il forge sa culture cinéma. Il voulait d’abord le réaliser lui-même, puis il s’en détache et le vend.
Le résultat sort en 1993, pile entre Reservoir Dogs et Pulp Fiction. Autrement dit, au moment où Tarantino devient un nom. Tony Scott, qui sort alors du succès de Top Gun, le met en scène. Et Tarantino reconnaîtra plus tard que le film ressemble presque exactement à ce qu’il avait imaginé, sauf pour la fin, modifiée contre son avis initial. Après visionnage, il juge quand même que ce choix fonctionne dans la logique du film de Scott.
Une cavale romantique, violente et peuplée de visages très connus
Au départ, c’est presque une rencontre de cinéma pur. Clarence Worley, joué par Christian Slater, croise Alabama Whitman, incarnée par Patricia Arquette, dans un cinéma de Detroit qui programme des films de kung-fu. Elle lui révèle qu’elle est call girl, engagée par son patron pour son anniversaire. Ils couchent ensemble, elle tombe amoureuse, ils se marient dès le lendemain.
Puis tout déraille. Le fantôme d’Elvis Presley, dont on entend la voix de Val Kilmer sans vraiment le voir, pousse Clarence à aller tuer le proxénète violent d’Alabama, Drexl Spivey, joué par Gary Oldman. Il repart avec un sac qu’il croit être celui d’Alabama. Mauvaise pioche, il est rempli de cocaïne et appartient à la mafia locale.
La cavale commence. Et le casting, lui, est franchement impressionnant. On y croise aussi Brad Pitt en petit fumeur lunaire, Dennis Hopper en père de Clarence, Christopher Walken en consigliere mafieux, ou encore James Gandolfini dans une scène de violence difficile à oublier.
Le premier vrai script vendu par Tarantino
Avant ça, Quentin Tarantino ne sort pas d’une école de cinéma. Il regarde des films en boucle chez Video Archives, absorbe le noir, le western, la blaxploitation, les films de gangsters ou le kung-fu, puis écrit. Il passe d’abord par Love Birds in Bondage, transformé en court métrage, puis par My Best Friend’s Birthday, tourné en 1987 mais resté inachevé.
Détail parlant, une partie des dialogues de My Best Friend’s Birthday finira dans True Romance. Ensuite vient Reservoir Dogs, son premier long métrage en tant que réalisateur, celui qui le révèle vraiment.
Pourquoi le film compte encore aujourd’hui
Le film affiche 93% d’avis positifs chez la critique comme auprès du public sur Rotten Tomatoes. Ça tient encore. Les dialogues ont la musique typique de Tarantino, les personnages existent tout de suite, et la brutalité ne cherche jamais à se faire jolie.
Bon, le plus frappant reste peut-être ailleurs. True Romance donne la mesure de ce que vaut Tarantino comme scénariste, même sans la caméra. On comprend aussi pourquoi il assume ce film, alors qu’il a pris ses distances avec Natural Born Killers, autre script passé entre d’autres mains. À moyen terme, ça dit quelque chose de rare à Hollywood : parfois, une signature d’auteur survit au changement de réalisateur.
Morgan Fromentin
Spécialiste Pop Culture
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