Trump a banni Politico en raison de l’usage de sources anonymes... qui provenaient de la Maison-Blanche
L’administration Trump a justifié le bannissement de plusieurs médias par leur recours à des sources anonymes jugées problématiques. Or, il s’avère que celles utilisées par Politico et pointées du doigt par la présidence américaine provenaient de la Maison-Blanche.
Kevin Dupont
Source: The Washington Post, Status, De Morgen The Guardian, Race to the WH, AFP
24 septembre 2026, 13:10
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Vendredi 18 septembre: les journalistes de CNN, MS NOW et Politico apprennent qu’ils ne sont plus les bienvenus à la Maison-Blanche. Le lendemain, il leur est impossible de pénétrer sur le site. Une décision largement qualifiée d’atteinte à la liberté de la presse, y compris parfois par des médias proches des ultraconservateurs, comme Fox News.
Mais pour Donald Trump, notoirement opposé à ces trois médias, ceux-ci relayaient de “fausses informations” portant atteinte à la sécurité nationale des États-Unis. Pour appuyer son propos, la Maison-Blanche a incriminé six articles de Politico, dont un qui cite un “haut responsable américain” anonyme se prononçant sur les chances de succès d’un accord avec l’Iran. Or, selon plusieurs médias américains, dont le Washington Post, cette fameuse source provenait en réalité de la Maison-Blanche.
La Maison-Blanche accusée d’incohérence
Le Washington Post en veut pour preuve un enregistrement dans lequel il est demandé aux médias présents à la Maison-Blanche d’anonymiser les propos d’un “haut responsable” afin qu’ils puissent malgré tout écrire sur la possibilité d’un accord entre les États-Unis et l’Iran. Selon le site d’information Status, relayé par De Morgen, cette personne ne serait autre que le vice-président JD Vance.
Comme le rappelle le Guardian, les avocats du ministère de la Justice ont fait valoir que Donald Trump estimait que les trois médias bannis “ne respectaient pas les exigences minimales de professionnalisme” parce qu’ils n’auraient pas laissé suffisamment de temps à la Maison-Blanche pour commenter les propos de ces sources anonymes. Les avocats ont aussi estimé que CNN, MS NOW et Politico avaient violé les règles en publiant des informations classifiées.
Trump en mauvaise posture
Les médias concernés ont rapidement contesté leur bannissement, affirmant notamment que cette décision contrevenait à la liberté de la presse protégée par la Constitution américaine. Dans la nuit de mercredi à jeudi, leur suspension a été annulée par un juge, la Maison-Blanche ayant désormais quatorze jours pour rétablir l’accès de CNN, MS NOW et Politico.
Cette polémique intervient à un peu plus d’un mois des élections de mi-mandat, qui s’annoncent très compliquées pour les républicains au pouvoir. Selon le site “Race to the WH”, qui compile les sondages électoraux, les démocrates n’ont jamais obtenu d’aussi bons résultats dans les enquêtes d’opinion. Ils auraient ainsi 70,6% de chances de remporter la majorité au Sénat et 83,9% de chances de faire de même à la Chambre des représentants. Si cela se concrétise, Donald Trump pourrait de facto se retrouver politiquement paralysé pour le reste de son mandat.