Donald Trump a annoncé une reprise du dialogue lundi avec l’Iran, démentie par Téhéran qui a assuré qu’il n’y avait pas de négociations en cours dans cette guerre s’enlisant depuis maintenant cinq mois.

« Les dirigeants iraniens sont d’une duplicité incroyable ! Ils demandent une rencontre […], les discussions commencent, d’autres sont prévues dans un futur immédiat, et ils disent, publiquement et fièrement, qu’ils n’ont aucune discussion », a-t-il écrit lundi sur son réseau Truth Social.

Le président américain avait menacé il y a quelques jours de « frapper fort » la République islamique, avant d’annoncer suspendre ses plans de bombardements massifs, dans une nouvelle volte-face.

« Bien sûr qu’ils ne veulent pas être attaqués. Ils connaissaient l’ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme », avait déclaré M. Trump dimanche soir.

« Ce que l’on fait maintenant, c’est parler avec eux », avait-il ajouté, précisant que ces discussions devaient commencer lundi après-midi, sans autre détail.

Cherchant une issue à ce conflit impopulaire aux États-Unis, qui a fait flamber les cours du pétrole et ébranlé l’économie mondiale, il avait à plusieurs reprises ces dernières semaines alterné menaces et annonces de pourparlers.

Recul du pétrole

La réponse de l’Iran est arrivée lors du point presse hebdomadaire de sa diplomatie : « nous ne négocions pas avec les États-Unis en ce moment. Nous négocions avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d’Ormuz », a affirmé Esmaïl Baghaï.

La veille déjà, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères avait parlé d’un accord proche avec Oman pour rouvrir cette voie cruciale pour le commerce mondial d’hydrocarbures, de nouveau verrouillée depuis que le protocole d’accord américano-iranien a volé en éclat début juillet.

L’Iran, qui ne veut pas d’un retour à la situation d’avant-guerre, n’autorise pour l’heure qu’un seul itinéraire le long de ses côtes.

Le sultanat omanais, qui avait déclenché la colère de Téhéran en juin en ouvrant une route alternative dans le détroit, n’a pas fait de déclaration pour l’instant.

« Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties — ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité », avait assuré dimanche Esmaïl Baghaï.

Ces apparentes avancées ont fait chuter les prix du pétrole : vers 15h45 GMT, le baril de Brent, référence mondiale, perdait 4,59 % à 83,89 dollars. Il avait brièvement dépassé les 100 dollars fin juillet.

En attendant, la situation dans le détroit d’Ormuz reste tendue : une explosion près d’un pétrolier y a été rapportée dans la nuit de dimanche à lundi par l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

« Nouveau mensonge »

Donald Trump avait conditionné la suspension annoncée des frappes américaines à la conclusion rapide d’un accord avec Téhéran, en particulier sur le détroit.

Il a avancé lundi que le détroit d’Ormuz était « totalement contrôlé » par la marine américaine, et averti que le blocus américain des ports iraniens ne serait levé qu’en cas d’« accord » ou de « capitulation totale ».

Les hostilités, déclenchées fin février par une offensive américano-israélienne sur Téhéran, ont globalement cessé en avril avant de reprendre début juillet.

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end : CBS News avait notamment mentionné la possibilité de frappes contre des raffineries de pétrole et des centrales électriques, auxquelles Israël se serait joint, une première depuis deux mois.

Donald Trump a dit avoir renoncé à cette nouvelle attaque à la demande de pays de la région, qui selon lui « pensent qu’on a un accord » : « il y a un accord sur Ormuz, et il y aura ensuite un accord sur le nucléaire, on pourrait même dire sur la dénucléarisation de l’Iran ».

Il a affirmé que la requête provenait de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Qatar et de l’Iran lui-même, ce que Téhéran également démenti, évoquant un « nouveau mensonge » du président américain.

D’après l’agence de presse officielle saoudienne, le prince héritier Mohamed ben Salmane, un allié clef de Washington, a appelé Donald Trump à « privilégier le dialogue afin de réduire les tensions ».

La guerre s’est étendue récemment, avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites houthis, soutenus par l’Iran, ont annoncé imposer un blocus aux navires saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.