International 26/09/2026 20:18 Actualisé le 26/09/2026 20:22

Le président américain a rejeté la proposition iranienne d’un cessez-le-feu pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Selon le Wall Street Journal, il envisage des bombardements après les élections de mi-mandat.

Par Maëlle Roudaut avec AFP

Le président américain Donald Trump s’adresse à la presse avant de monter à bord de Marine One pour quitter la pelouse sud de la Maison Blanche, à Washington, le 26 septembre 2026.

ALEX WROBLEWSKI / AFP

Le président américain Donald Trump s’adresse à la presse avant de monter à bord de Marine One pour quitter la pelouse sud de la Maison Blanche, à Washington, le 26 septembre 2026.

Donald Trump a rejeté samedi 26 septembre le plan soumis par l’Iran pour rouvrir sous sept jours le détroit d’Ormuz. « Je rejette leur proposition », a déclaré le président américain devant la presse à sa sortie de la Maison Blanche, affirmant que les dirigeants iraniens voulaient cet accord car « ils sont en train de méchamment perdre ».

Cette décision qui intervient alors que Donald Trump envisage de prochainement relancer les frappes sur l’Iran, selon les informations du Wall Street Journal. Le président américain a en effet indiqué à ses conseillers « qu’il prévoyait de reprendre les bombardements sur l’Iran après les élections de mi-mandat de novembre », rapporte le journal.

Les États-Unis n’ont pas bombardé le sol iranien depuis le 1er septembre, quand une série d’attaques avaient notamment fait cinq morts et des dizaines de blessés lors d’un mariage dans le sud-est du pays, même si des navires ont été touchés depuis dans le détroit d’Ormuz.

Cette interruption des frappes s’inscrit dans le cadre de la saison politique américaine. À l’approche des élections, qui auront lieu le 3 novembre, Donald Trump tente en effet de calmer les esprits, alors que la flambée des prix du carburant rend sa guerre en Iran très impopulaire auprès des Américains.

Le Wall Street Journal précise qu’« il est impossible de déterminer l’ampleur des frappes que Trump envisage » au mois de novembre. Selon les dires de plusieurs responsables américains, il hésiterait à reprendre des opérations militaires « majeures », car les États-Unis souhaitent préserver leurs munitions, qui s’amenuisent, pour d’autres éventualités.

Rejet de la proposition iranienne sur Ormuz

L’Iran avait annoncé vendredi avoir soumis une proposition aux États-Unis pour rouvrir sous sept jours le détroit d’Ormuz. Depuis que la guerre a éclaté en Iran, la République islamique revendique le contrôle du détroit d’Ormuz, et Washington impose en retour un blocus aux ports iraniens.

« Le choix appartient désormais » à Washington, avait déclaré son chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, depuis le siège de l’ONU à New York. « Les mesures que les États-Unis doivent prendre ne sont pas nouvelles », et figurent déjà toutes dans le protocole d’accord signé en juin avec Washington, avait-il ajouté.

Cette entente visait à mettre durablement fin au conflit, à rouvrir le détroit d’Ormuz puis à mener des pourparlers sur le volet sensible du programme nucléaire iranien. Mais elle a volé en éclats autour des conditions de passage dans la voie maritime.

La question du Yémen s’invite dans les négociations

Le protocole mentionnait l’arrêt immédiat des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban où l’armée israélienne combat le groupe pro-iranien Hezbollah. Conformément aux demandes de Téhéran, il prévoyait en outre le déblocage et le versement d’avoirs iraniens gelés dans la foulée de la Révolution islamique en 1979 ainsi que la levée des sanctions américaines, qui étranglent l’économie du pays.

Dans un entretien exclusif à l’AFP mardi, le porte-parole des Gardiens de la Révolution, la puissante armée idéologique de la République islamique, Hossein Mohebi, a également insisté sur la fin des combats au Yémen.

Ce pays est devenu le nouveau front régional, depuis la reprise en juillet, après des années d’accalmie, du conflit opposant les Houthis pro-iraniens au gouvernement yéménite et à son parrain saoudien. Le mouvement antigouvernemental a lancé en septembre une offensive meurtrière, consolidant son contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, autre passage stratégique pour les exportations pétrolières qui relie l’Europe à l’Asie via le canal de Suez.