Publié10. octobre 2026, 22:19

GazaUn an après le cessez-le-feu: «Rien ne s’est amélioré»

Un an après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu à Gaza, les habitants ne voient aucune amélioration.

Agence France-Presse

Un homme se tient près d’objets récupérés dans les décombres d’un bâtiment effondré, au lendemain de frappes israéliennes nocturnes sur la ville de Gaza, le 9 octobre 2026.

Un homme se tient près d’objets récupérés dans les décombres d’un bâtiment effondré, au lendemain de frappes israéliennes nocturnes sur la ville de Gaza, le 9 octobre 2026.AFP

Un an après l’entrée en vigueur d’un accord de cessez-le-feu négocié sous l’égide des États-Unis, des habitants de la bande de Gaza déplorent la poursuite des frappes israéliennes et de leurs conditions de vie extrêmement précaires.

Si l’intensité des bombardements a baissé, l’armée israélienne, qui contrôle désormais plus de 60% du territoire palestinien dévasté, continue ses frappes. Quant à la reconstruction prévue par le plan de paix,  elle n’a toujours pas commencé. «Rien ne s’est amélioré (...) Ils nous mentent, tout n’est que mensonge», déclare à l’AFP Fatima Awkal, une femme déplacée dans la ville de Gaza.

«Il y a toujours des martyrs, des gens continuent à être blessés, les bombardements se poursuivent et nous ne pouvons même pas avoir un moment de répit avec le bourdonnement incessant des drones au-dessus de nos têtes», ajoute-t-elle, en référence aux drones de surveillance israéliens, dont le vrombissement fait désormais partie de l’environnement sonore à Gaza.

Souffrir dans des camps

Dans les rues de la ville, des rangées de tentes blanches bordent des voies désormais dégagées de décombres des maisons détruites. Au loin, des bâtiments encore debout ont perdu leurs fenêtres, soufflées par les explosions. Ahmed Jonaid, un autre Palestinien déplacé à Gaza-ville, confie qu’il avait espéré pouvoir rentrer chez lui après le cessez-le-feu.

Nihaya al-Masri (à droite), une Palestinienne déplacée de 35 ans originaire de Beit Hanoun, partage un repas fourni par une cuisine solidaire avec ses enfants à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 10 octobre 2026.

Nihaya al-Masri (à droite), une Palestinienne déplacée de 35 ans originaire de Beit Hanoun, partage un repas fourni par une cuisine solidaire avec ses enfants à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 10 octobre 2026.AFP

«Nous pensions retrouver un peu de bonheur et rentrer chez nous. Au lieu de cela, nous nous retrouvons à souffrir dans des camps de déplacés, à dormir sur des matelas de fortune», indique l'homme de 51 ans, qui transporte deux jerricans d’eau depuis un point de distribution jusqu’à sa tente.

La grande majorité des plus de deux millions d’habitants de Gaza ont été déplacés au moins une fois au cours de la guerre déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023.

Le cessez-le-feu n’existe que sur le papier»

À la mi-2026, 82% des bâtiments à Gaza avaient été soit détruits, soit endommagés par la guerre, selon l’ONU. De nombreux Gazaouis vivent toujours sous des tentes ou dans des abris de fortune, où la surpopulation et le manque d’hygiène ont entraîné des épidémies.

Ahmed Shawan, médecin dans un hôpital de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, ne voit pas non plus les effets du cessez-le-feu sur le terrain. «Un an s’est écoulé depuis l’annonce du cessez-le-feu, mais celui-ci n’existe que sur le papier», a-t-il affirmé.

La deuxième phase de l’accord prévoyait une transition politique destinée à écarter le Hamas du pouvoir. Dans ce cadre, Ali Shaath a été nommé à la tête du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), une nouvelle instance composée de technocrates palestiniens.

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Le Hamas reste maître de la sécurité

Mais dans les faits, le Hamas reste maître de la sécurité, alors qu’Ali Shaath demeure en retrait. Cinq pays, dont le Maroc, ont accepté de rejoindre la Force internationale de stabilisation (ISF), chargée de préparer l’après-guerre. Toutefois, celle-ci n’a pas commencé sa mission à Gaza.

En outre Israël, qui contrôle tous les points d’entrée dans le territoire, continue de n’y autoriser l’acheminement que d’une quantité limitée d’aide humanitaire.

Les produits de première nécessité restent trop chers pour la plupart des habitants, comme Ismail Hamouda, un père de famille originaire de Jabaliya, dans le nord de Gaza, désormais déplacé à Gaza-ville. «Nous souffrons du manque d’eau potable, d’aide alimentaire et d’aide financière ou matérielle», déclare cet homme de 47 ans.

Agence France-Presse

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