Un autre constructeur sévit après Volkswagen: Jaguar Land Rover supprime 4.000 postes après plusieurs mois cauchemardesques
Le constructeur automobile britannique de luxe Jaguar Land Rover (JLR) a annoncé lundi la suppression de 4.000 postes d'ici deux ans, après plusieurs mois de turbulences qui ont fait basculer ses résultats dans le rouge.
"L'industrie automobile est confrontée à des défis majeurs, avec des évolutions technologiques au milieu d'une concurrence intense et d'une incertitude géopolitique persistante", a expliqué dans un communiqué PB Balaji, le directeur général de JLR, détenu par le groupe indien Tata Motors.
Le groupe, affecté ces derniers mois par une cyberattaque massive et les droits de douane de Donald Trump, explique vouloir réduire "la complexité" de son organisation et viser 1,7 milliard de livres d'économies (2 milliards d'euros) pour "devenir plus apte à rivaliser" sur le marché.
"Nous réduirons nos effectifs mondiaux d'environ 4.000 postes au cours des deux prochaines années", poursuit-il, se disant "conscient qu'il s'agit d'une nouvelle difficile pour les collaborateurs concernés".
JLR emploie environ 40.000 personnes dans le monde, dont un peu plus de 34.000 au Royaume-Uni, d'après son site internet.
Un mois d'arrêt
Cette décision intervient quelques jours après l'annonce par Volkswagen de la suppression d'environ 50.000 postes supplémentaires dans le monde.
JLR avait indiqué lundi avoir ouvert "un programme de départs volontaires, offrant aux salariés et aux membres de l'équipe de direction l'opportunité de quitter l'entreprise".
Il a connu un exercice 2025/2026 particulièrement difficile, avec 244 millions de livres de pertes nettes, contre 1,8 milliard de bénéfices un an plus tôt.
Comme les autres constructeurs britanniques, l'entreprise a souffert en 2025 des droits de douane américains, qui l'ont poussée à suspendre un temps ses livraisons de véhicules aux États-Unis.
Elle a aussi fait face fin août 2025 à une cyberattaque de grande ampleur qui l'a contraint à mettre sa production à l'arrêt pendant plus d'un mois, mettant aussi la pression sur nombre de ses fournisseurs.
Le gouvernement britannique avait rapidement volé à son secours, via une garantie de prêt lui permettant de débloquer jusqu'à 1,5 milliard de livres (1,7 milliard d'euros) pour venir en aide à sa chaîne de production.
Le ministre britannique aux entreprises, Jonathan Reynolds, doit rencontrer en début de semaine la direction de JLR.
Dans son rapport 2026, le groupe chiffre à 260 millions de livres le coût direct de l'attaque.
Selon une estimation du Cyber Monitoring Centre, un organisme indépendant qui mesure la gravité des cyberincidents au Royaume-Uni, l'attaque a coûté 1,9 milliard de livres à l'économie du pays.
Pirates russes
Interrogé la semaine dernière par l'AFP, le directeur des opérations de JLR, Nigel Blenkinsop avait refusé de commenter ces chiffres, tout comme un article du New York Times évoquant, sur la base de sources proches de l'enquête, l'implication de pirates informatiques russes.
"Nous avons rebondi très fort, et nous avons ramené la production à des niveaux normaux très rapidement", avait-il affirmé, à l'occasion du lancement d'une version électrique du Range Rover, son emblématique 4x4 de luxe.
Ce lancement est un enjeu majeur pour la marque, qui espère "fabriquer entre 12.000 et 15.000 unités" dans les six mois à venir, majoritairement à destination des Etats-Unis, selon M. Blenkinsop.
PB Balaji promet dans son communiqué de lancer "cinq nouveaux produits au cours des 12 prochains mois "avec une attention particulière portée à l'Amérique du Nord", dans l'espoir d'atteindre "une croissance du chiffre d'affaires à deux chiffres".
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