Samedi soir, des voitures se sont d'abord rassemblées dans la zone artisanale de Naninne avant de rejoindre le parking privé du centre commercial, rue Riverre, près de la N90 à Floreffe.

À 1 h 45, la police y a comptabilisé environ 200 véhicules. Des caddies avaient été placés en travers de l'entrée, devenue inaccessible. Une sorte de service d'ordre interne contrôlait le site et tout semblait organisé pour empêcher ou retarder l'arrivée éventuelle des policiers.

Devant une foule massée à quelques mètres, des voitures ont enchaîné les dérapages dans une épaisse fumée. Pétards, batteries et mortiers d'artifice complétaient ce spectacle incontrôlé. "Ce matériel pyrotechnique est particulièrement dangereux : détournés de leur usage, les mortiers peuvent devenir des armes dirigées contre les forces de l'ordre", explique le commissaire Jean – François Dautreppe. La N90 n'a toutefois pas été directement touchée.

"Un bruit assourdissant"

Le vacarme a été entendu à plusieurs kilomètres, jusqu'à Belgrade, Flawinne, Malonne et Suarlée." J'habite à trois kilomètres et je me serais cru en guerre, tant le bruit était assourdissant", témoigne Alfio, 67 ans.

rodéo urbain Floreffe
Restes de pneus et d'artifices et autres déchets : les conséquences de cette nuit de folie étaient visibles ce dimanche. Alfio, riverain, déplore une situation incontrôlée. ©Eda

Une jeune employée d'un centre d'amusement voisin confirme :"Je n'ai pas pu dormir. Ma maman a également été réveillée." Plusieurs personnes âgées habitant à proximité ont subi les mêmes nuisances. À 15 heures ce dimanche, l'odeur de gomme brûlée imprégnait toujours l'espace de stationnement et le bitume était couvert de traces circulaires laissées par les pneus. Canettes, déchets et restes de matériel pyrotechnique, dont plusieurs tubes et batteries de mortiers, jonchaient les lieux. L'endroit ressemblait à une zone de combat après une émeute.

Prévenue vers 2 heures, Delphine Monnoyer, première échevine faisant fonction de bourgmestre en l'absence de Philippe Vautard, en vacances, est arrivée peu après." À mon arrivée, la plupart des véhicules quittaient déjà le site. L'endroit est privé : la commune ne peut donc pas y prendre de mesures préventives. C'est déjà la deuxième fois en peu de temps qu'un tel rassemblement se déroule à Floreffe. Nous examinerons le problème lors du prochain collège communal", annonce l'édile.

Les riverains se disent excédés par les dégradations subies. "Notre zone ne dispose que de deux patrouilles pendant la nuit. Une équipe s'est rendue sur place pour constater les faits, mais elle ne pouvait pas intervenir face à 200 véhicules. La police de Namur étant principalement mobilisée par le festival Les Solidarités, elle ne pouvait pas venir en renfort. Quand je suis arrivé, les véhicules quittaient le site", précise le commissaire. "Ces rassemblements durent moins d'une heure. Les organisateurs brouillent les pistes en modifiant leurs rendez-vous. Ils se déplacent et le délai est trop court pour mobiliser la réserve fédérale. Quant aux caméras, il faudrait identifier précisément les véhicules et les conducteurs ayant commis une infraction. "ajoute-t-il. Et de conclure :"Ce sont surtout des gens passionnés par leur voiture, qui investissent beaucoup dans sa personnalisation. Il y a peut-être moins de problèmes d'alcool que dans les fêtes clandestines, mais aussi une volonté de braver l'interdit."