l'essentiel L’autopsie de l’homme de 30 ans décédé dans la nuit du 5 au 6 août à Toulouse, après avoir été maîtrisé dans un bar puis pris en charge par la police municipale, n’a révélé aucune cause traumatique susceptible d’expliquer sa mort. Les analyses toxicologiques doivent désormais déterminer si une consommation de produits a pu jouer un rôle.

Il était arrivé hagard, agité, presque incontrôlable. Quelques heures plus tard, il mourait à l’hôpital. Entre les deux, un bar du centre de Toulouse plongé dans la panique, plusieurs clients contraints de le maîtriser, puis l’intervention de la police municipale. L’autopsie du trentenaire apporte désormais un premier élément majeur : aucune cause traumatique n’a été retrouvée pour expliquer son décès.

Les constatations médico-légales écartent ainsi, à ce stade, l’hypothèse d’une mort provoquée par des blessures subies au cours de sa maîtrise ou de sa prise en charge. Mais elles ne permettent pas encore d’établir précisément ce qui a entraîné son décès.

"La mort est soit naturelle, soit liée à un abus de produits", souffle une source proche du dossier. La réponse pourrait désormais venir des analyses toxicologiques, toujours en cours. Elles devront notamment établir si le trentenaire avait consommé des stupéfiants, des médicaments ou d’autres substances avant les faits, et déterminer si ces produits ont pu contribuer à son décès.

Un scalpel sur lui...

La scène avait débuté mercredi 5 août, peu avant 22 h 45, au bar Les III Sages, dans le centre de Toulouse. Selon le témoignage d’une cliente présente sur place, l’homme était entré dans l’établissement en titubant, une bouteille à la main, tenant des propos incohérents.

Son comportement avait rapidement inquiété les personnes présentes. Après être tombé dans l’escalier, il s’était débattu avec une grande violence au milieu de la salle. Plusieurs membres du personnel et clients avaient alors dû intervenir pour tenter de le maîtriser.

Selon cette témoin, cinq personnes avaient été nécessaires pour parvenir à le contenir. Tables et chaises avaient été écartées afin d’éviter qu’il ne blesse quelqu’un ou ne se fasse lui-même mal.

Les policiers municipaux étaient ensuite intervenus. Lors d’une palpation de sécurité, ils avaient découvert sur lui un petit scalpel ainsi qu’une liasse de billets. Aucun élément ne permet toutefois d’affirmer qu’il avait utilisé cette lame pour menacer les personnes présentes.

En rupture de traitement 

Les policiers l’avaient auparavant transporté à l’hôpital afin qu’un médecin puisse vérifier que son état de santé était compatible avec un placement en garde à vue. C’est à son arrivée à l’établissement hospitalier, au moment où il était sorti du véhicule de police, qu’il avait été victime d’un malaise. Il avait pu être réanimé une première fois avant que son état ne se dégrade. Il était finalement décédé vers 4 h 30, des suites d’un arrêt cardiaque.

Selon nos informations, l’homme, âgé de 30 ans, souffrait de schizophrénie et se trouvait en rupture de traitement au moment des faits. Cet élément pourrait contribuer à éclairer son état de désorganisation et d’agitation extrême au cours de la soirée, sans permettre à lui seul d’expliquer sa mort.

Les investigations doivent donc désormais se concentrer sur les causes médicales du décès et sur une éventuelle consommation de produits. Les résultats toxicologiques seront, à ce titre, déterminants.