Arrêté à l'aéroport par des policiers qui lui ont demandé d'avoir accès à son téléphone portable, un militant écologiste d'Atlanta a utilisé une application lui permettant de supprimer tout le contenu de l'appareil. Il est poursuivi pour destruction de preuves.

Par Isabelle Labeyrie Publié le vendredi 7 août 2026 à 07:30

C'est une histoire qui illustre les atteintes aux libertés civiles qui se multiplient aujourd’hui aux États-Unis. Enjanvier 2025, Sam Tunick rentre de vacances en République Dominicaine. À sa descente d’avion, il est arrêté et interrogé. "On veut juste être sûrs que vous n'avez pas d’images pédopornographiques sur votre téléphone, lui indiquent les policiers, selon le récit de son avocat, Matthew Dodge. Il y a deux semaines, à l'audience, ils ont reconnu qu'ils avaient menti, qu'ils n'avaient aucune raison de penser que Sam détenait ce genre d'image. Ils inventent cette histoire juste pour convaincre les gens de donner leur téléphone."

Avec d'autres activistes, Sam Tunick milite contre un futur centre de formation des policiers à Atlanta. Il se sait surveillé, c'est pour ça qu'il installe le système Graphene, une fonction de sécurité XXL pour certains smartphones qui permet d'en supprimer les données. Le jour de l’interrogatoire, il finit donc par donner aux policiers le mot de passe qui efface toutes ses données.

Cinq ans de prison encourus

"Vous, moi, n'importe qui dans ce pays a des tas d'informations privées dans son portable, et même si on n'est pas un délinquant, il y a des choses qu'on ne veut pas donner à un inconnu", défend l'avocat Matthew Dodge. Encore moins si c'est un policier qui a peut-être abusé de son pouvoir envers vous, mais ce qu'on constate, c'est que la volonté de Sam de protéger sa vie privée face aux forces de l'ordre est désormais considérée comme un crime en soi."

Les avocats de Sam Tunick demandent l'abandon des poursuites, d'autant que le militant, qui risque cinq ans de prison pour son tour de passe-passe, n'est accusé d'aucun délit.