"Un programme Captain America pour les chiens": aux États-Unis, une start-up veut cloner et améliorer génétiquement des "chiens de guerre" pour mieux accompagner les militaires sur le champ de bataille
"Un programme Captain America pour les chiens": aux États-Unis, une start-up veut cloner et améliorer génétiquement des "chiens de guerre" pour mieux accompagner les militaires sur le champ de bataille
Publié aujourd'hui à 12h49
Lire dans l'appWarhound, start-up née de l'imagination des milliardaires Palmer Luckey et Ben Lamm, vise à améliorer la santé et les performances des chiens militaires en clonant les meilleurs pour ensuite les modifier génétiquement et à terme les équiper de technologies.
De la science-fiction à la réalité, il n'y a qu'un pas. Aux États-Unis, une start-up se prépare à la guerre du futur et ne veut pas donner un avantage aux soldats, mais aux chiens. Baptisée Warhound ("chien de guerre" en français), elle mise sur la technologie pour améliorer la santé, la sécurité et les performances des chiens qui travaillent aux côtés des militaires, mais aussi des policiers ou encore des pompiers.
Autrement dit, elle veut créer un super chien. Derrière ce projet qui semble tout droit sorti d'un film se trouvent Palmer Luckey, cofondateur de l'entreprise de technologies de défense Anduril, et Ben Lamm, cofondateur de Colossal Biosciences. Spécialisée dans la bio ingénierie, cette société est connue pour ses projets qui visent à ressusciter des animaux disparus comme les mammouths ou le dodo.
Dans le cas présent, il n'est pas question de ramener à la vie une espèce éteinte, mais de cloner et de modifier génétiquement le meilleur ami de l'homme. Warhound "produira localement des chiens de travail génétiquement améliorés", qui seront équipés de technologies leur offrant "une vigilance accrue et une meilleure protection sur le terrain", a assuré la start-up dans un communiqué.
Offrir "la meilleure technologie de l'homme" aux chiens
Pour mener son projet à bien, Warhound prévoit de sélectionner les meilleurs chiens militaires et policiers pour prélever leurs cellules et les congeler, a expliqué Ben Lamm au Wall Street Journal. Cela permettra à la jeune pousse de les cloner, mais aussi d'éliminer les allèles délétères, soit des variations génétiques susceptibles d'entraîner des maladies ou des malformations.
Elle ambitionne à terme d'améliorer la vitesse, l'odorat et l'agilité de ces chiens. Le cofondateur de Colossal Biosciences est même allé jusqu'à présenter son projet comme "un programme Captain America pour chiens" auprès du Financial Times.

De son côté, Anduril dotera ces chiens génétiquement améliorés de la technologie EagleEye lancée en octobre 2025. Se présentant sous la forme de lunettes, de casques ou de visières, ces systèmes modulaires basés sur l'IA visent entre autres à offrir une capacité de survie accrue et une perception améliorée aux soldats. "Le meilleur ami de l'homme mérite la meilleure technologie de l'homme", a affirmé Palmer Luckey. En plus d'EagleEye, les chiens disposeront aussi de protections oculaires et auditives.
Régler le problème de l'approvisionnement
Avec ce projet, les deux milliardaires entendent surtout résoudre un problème de taille aux États-Unis. Utilisant les chiens militaires pour détecter des menaces et protéger les soldats depuis plus de 80 ans, l'armée américaine s'approvisionne auprès de pays européens. Une dépendance qui lui pose problème, d'autant que cette chaîne d'approvisionnement est en déclin.
À cela s'ajoute le programme intensif auquel les chiens sont soumis avant d'être déployés sur le terrain. "Après un processus rigoureux d'acquisition et de formation d'environ trois ans, moins de la moitié des chiens acquis sont finalement jugés aptes au service. Cela signifie que les États-Unis doivent aujourd'hui recruter et former environ 200 chiens afin de pouvoir en déployer 100 demain", a déploré Warhound.

Le projet de la jeune pousse permettra également de résoudre "un véritable problème en matière de bien-être de ces animaux", selon Ben Lamm. Car une amélioration de leur santé et de leur endurance se traduira par une réduction des abandons à l'entraînement. Ils seront également moins nombreux à y être soumis inutilement. Warhound espère ainsi "garantir un approvisionnement fiable en chiens militaires".
Et si ce projet peut sembler fou, il en a déjà convaincu plus d'un. La jeune pousse est en effet parvenue à lever 200 millions de dollars auprès d'investisseurs comme la société de capital-risque In-Q-Tel. Créée par la CIA, elle investit dans des entreprises en phase de démarrage dont les technologies sont directement applicables aux opérations de renseignement et de sécurité nationale.
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