Fin juin, Lounceny Camara, un ressortissant guinéen qui résidait en Belgique depuis plusieurs années et venait de sortir du centre fermé de Vottem, a mis fin à ses jours dans la Meuse. Un rassemblement en sa mémoire sera organisé jeudi à 17h30 sur l'esplanade Saint-Léonard à Liège. Dans une lettre ouverte, une cinquantaine d'organisations, dont les factions locales de la FGTB, d'Ecolo et du MOC, dénoncent lundi la responsabilité des politiques migratoires dans le décès du père de deux enfants.

Pour elles, le geste de Louceny Camara "ne doit pas être lu comme un choix désespéré dont il serait le seul responsable". "Il a été poussé à la mort par des politiques de gestion de la mobilité humaine qui, au nom de la sécurité nationale, isolent, précarisent, enferment, tuent", affirment-elles.

"Depuis son arrivée en Belgique, l'existence de Lounceny a été niée et réprimée par des actes administratifs qui l'ont toujours privé des droits auxquels il aurait pourtant dû avoir accès." Selon les signataires de la lettre ouverte, Lounceny Camara est arrivé en Belgique quand il était mineur, mais n'a pas été reconnu en tant que tel par l'administration. Il a déposé une demande d'asile, mais "ses souffrances n'ont pas été considérées dignes de la protection de réfugié". Enfin, il a eu deux enfants, ici en Belgique, qu'il n'aurait pas pu reconnaître en raison de "difficultés administratives".

À la suite "d'un simple contrôle d'identité dans la rue", il a été enfermé, pendant huit mois, au centre fermé de Vottem, car il ne détenait pas de permis de séjour. Libéré au mois de mai, mais sans que le droit de rester en Belgique ne lui soit reconnu pour autant, "il a été replongé dans un quotidien de précarité et vulnérabilité administratives", "sans aucune perspective d'amélioration".

Pour les associations signataires, c'est à la lumière de ces éléments que doit être lu le décès de Lounceny Camara. "Les politiques migratoires, toujours plus inhumaines, prolongent en effet leur violence jusque dans le quotidien des personnes qui en sont victimes, par la négation des droits les plus fondamentaux. Refuser le droit au séjour ne revient pas seulement à refuser un statut administratif ; c'est aussi refuser de reconnaître une personne comme digne de droits."

Un rassemblement en mémoire de Lounceny Camara est organisé jeudi en fin d'après-midi sur l'esplanade Saint-Léonard à Liège. Il se veut aussi une forme de résistance face aux politiques migratoires, belges et européennes.