« Un soulagement » : la réaction de Mickaëlle Paty après la condamnation du père qui a menacé une enseignante de décapitation
Au lendemain de la condamnation d’un parent d’élève ayant menacé de « couper la tête » d’une enseignante à Fauga (Haute-Garonne), la sœur de Samuel Paty, Mickaëlle, est revenue sur les faits.
© Coust Laurent / N/C
Chloé Semat 11/09/2026 à 19:44, Mis à jour le 11/09/2026 à 19:46
Au lendemain de la condamnation d’un parent d’élève ayant menacé de décapiter une enseignante à Fauga (Haute-Garonne), Mickaëlle, la sœur de Samuel Paty, a salué une sanction « à la hauteur des faits » même si elle craint de nouvelles pressions sur les professeurs cette année.
«On sait que la décapitation d’un enseignant est possible. » Au lendemain de la condamnation d’un parent d’élève ayant menacé de « couper la tête » d’une enseignante à Fauga (Haute-Garonne), la sœur du professeur d’histoire Samuel Paty est revenue sur les faits. L’individu a écopé, ce jeudi 10 septembre, d’une peine de six mois de prison ferme et a été incarcéré à l’issue de l’audience. Il devra également suivre un stage de citoyenneté, a précisé le parquet de Toulouse.
Selon Mickaëlle Paty, il s’agit d’une condamnation « à la hauteur des faits » : « C’est quelque part un soulagement », s’est-elle réjouie au micro de RTL ce vendredi, « d'autant que les juges ont dépassé le réquisitoire qui avait seulement demandé six mois sous bracelet ». Toutefois, celle qui s’est engagée sur la protection des professeurs après l’assassinat de son frère en 2020 ne cache pas sa méfiance : « Ce travail a été très long pour réussir à obtenir une forme de protection que les enseignants demandent depuis longtemps. […] J'ai bien peur qu'on ait encore une année où les enseignants vont être menacés. Ce qu'il ne faut pas oublier c'est le traumatisme que cela crée. Ils arrivent toujours la boule au ventre en se disant "c'est peut-être moi le prochain". »
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Un décret visant à protéger les personnels éducatifs
Pour rappel, le 4 septembre dernier, le père d’un élève de 9 ans de l’école primaire Clément Ader avait interpellé l’institutrice, vers 16 h 30. « C’est toi qui terrorises mon fils en le traitant de caïd ? », lui avait-il lancé. Dans les faits, l’enfant avait été envoyé dans la classe de cette enseignante après s'être montré désagréable dans sa propre classe. Il s'agissait donc d'une simple punition. Pourtant, le parent d’élève est allé plus loin dans ses menaces : « Si tu étais un homme, je te couperais la tête. »
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Lors de l'audience, l’accusé a consenti s’être « peut-être un peu énervé », alors que le juge a insisté sur la teneur de ses propos. À la suite de cette affaire, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a annoncé mettre en place une des premières applications d’un décret visant à protéger les personnels éducatifs, face aux parents d’élèves menaçants. Ce texte, entré en vigueur le 29 juillet, permet aux chefs d’établissement de demander l’affectation d’un élève dans un autre établissement, en cas de comportement agressif de son parent à l’encontre d’un membre du personnel éducatif.
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