Cette semaine "La planète des sciences" s'intéresse à deux études portant sur l'évolution des espèces. La première redessine le grand arbre phylogénique des chauves-souris. La seconde met en lumière une lignée inconnue de mosasaures qui vivait sur notre territoire il y a 85 millions d'années...

L'histoire évolutive des chauves-souris se précise

Ces mammifères volants sont loin d’être une bizarrerie anecdotique de l’évolution. On ne connait pas moins de 1 500 espèces de chauves-souris. Autrement dit aujourd’hui, sur Terre, près d’un mammifère sur 4 est une chauve-souris. De la minuscule chauve-souris bourbon, de 3 centimètres qui vit en Thaïlande à la roussette des Philippines que l’on surnomme le renard volant et qui peut atteindre 1,70 mètres d’envergure, la diversité du groupe des chiroptères témoigne de sa longue histoire évolutive.

Où et quand sont apparus les premières chauves-souris ? C’est ce que révèle la plus vaste étude jamais menée sur le sujet. Un consortium de 123 chercheurs de 64 pays a travaillé pendant une dizaine d’années. En s’appuyant sur le séquençage du génome de 103 espèces et l’analyse de 44 fossiles, les scientifiques ont dessiné avec une précision inégalée l’arbre phylogénique des chauves-souris des origines à nos jours.

Leur étude rectifie quelques erreurs de filiation, mais surtout elle montre que les premières chauves-souris ne sont pas apparues en Asie, en Afrique ou en Amérique comme certaines théories l’affirmaient mais en Europe. Et c’était il y a 65 millions d’années, soit peu de temps après la fin du règne des dinosaures. Deuxième enseignement de l’étude : le vol actif et l’écholocalisation (la capacité de se repérer en émettant des sons et en écoutant leurs échos) sont apparus très tôt dans l’histoire des chauves-souris. Ces facultés ont certainement contribué à leur succès évolutif.

Le séquençage du génome de toutes ces chauves-souris ne servira pas uniquement à comprendre leur évolution. Ces mammifères ont des capacités de résistances aux maladies hors du commun. Les chauves-souris peuvent porter des virus mortels pour l’homme comme Ebola sans être malade. Certaines font preuve d’une longévité exceptionnelle et ont développé des mécanismes pour empêcher l’apparition de cancer. C’est pourquoi les chercheurs espèrent que les données rassemblées sur leurs génomes pour cette étude donneront de nouvelles pistes pour la recherche médicale.

Pour en savoir plus : l'étude publiée dans NatureOuverture dans un nouvel onglet et un communiqué du Museum d'histoire naturelle de BerlinOuverture dans un nouvel onglet

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Un fossile d'une lignée de mosasaures inconnue découvert dans les Bouches-du-Rhône

La mise au jour de ce fossile près d’Aix-en-Provence vient chambouler ce que l’on savait de ces reptiles aquatiques préhistoriques. Jusqu’à présent les mosasaures nous étaient présentés comme de grands prédateurs marins pouvant atteindre 15 mètres de long qui régnaient sur les océans il y a environ 100 à 66 millions d’années. Mais voilà que des paléontologues viennent de découvrir non loin de la commune de Bouc-Bel-Air, dans les Bouches-du-Rhône, les restes fossiles d’un petit mosasaure vieux de 85 millions d’années. Il devait faire 2,5 mètres de long et ses caractéristiques morphologiques ainsi que les fossiles qui l’entourent suggèrent qu’il vivait dans un lac d’eau douce.

Cette découverte montre que l'histoire évolutive des mosasaures est plus complexe qu'on ne l'imaginait. Pendant qu’une partie de ces reptiles aquatiques a évolué pour s’adapter à la haute mer, une autre lignée a suivi un chemin évolutif différent pour coloniser les lacs et les rivières. On le sait désormais, il existait dans les lacs de ce qui n’était pas encore la France des mosasaures d’eau douce. On dirait presque une insulte du capitaine Haddock.

Pour en savoir plus : l'étude publiée par PCI PaleontologyOuverture dans un nouvel onglet et un communiqué du CNRSOuverture dans un nouvel onglet

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