Une nouvelle IRM de pointe au CHwapi, à Tournai : "Un diagnostic plus précis et un délai de prise en charge réduit"
Samedi 8 août, 7h, parking du CHwapi. Un drôle de ballet aérien s'engage, orchestré par la firme Dufour devant l'entrée de l'hôpital. Une nouvelle machine IRM fait son arrivée remarquée au site Union, sous le regard interloqué de quelques patients et visiteurs.
L'opération n'a pas de nom de code, mais elle a été soigneusement préparée. "On ne déplace pas une technologie de pointe qui pèse entre 6 et 7 tonnes d'un claquement de doigts. Ce type d'actions est rare et offre un spectacle impressionnant", confirme Daniel Paquin, du département infrastructures du CHwapi.

"On a préparé l'entrée, démonté les portes et calfeutré tout le couloir où se trouve déjà la première machine IRM. Le couloir a été conçu pour être modulable facilement. Le démontage n'a duré que quelques heures, vendredi. Parmi les préparatifs, il fallait aussi veiller à ce qu'aucune activité ne vienne parasiter cette délicate installation, pour ne mettre en danger ni les patients, ni le personnel, ni les visiteurs." Le parking était d'ailleurs bouclé le temps des grandes manœuvres.
Samedi, aux aurores, tout était prêt pour accueillir le "bestiau", qui a pris place dans une salle d'examen totalement rénovée. "Le scanner qui s'y trouvait a été déplacé dans le nouveau bâtiment du site Union. On a revu l'espace pour concevoir une zone de commande avec caméras, une vitre résistante qui empêche les champs magnétiques de sortir et des circuits d'eau glacée et d'évacuation de gaz pour que l'IRM fonctionne correctement", poursuit notre interlocuteur, chargé des infrastructures après avoir assuré la maintenance de l'hôpital pendant plus de 20 ans.

Le remontage prendra "entre trois et quatre jours", pour une machine qui doit à tout prix être opérationnelle le 7 septembre prochain, dans moins d'un mois. "C'est une obligation légale de l'AViQ. On arrête Notre-Dame et on bascule ici." Une course contre-la-montre s'engage. Au pointage provisoire, le CHwapi est dans les temps, façon Remco.
Lui aussi s'est levé aux aurores pour accueillir la nouvelle recrue. Brieuc Dumont est le responsable des technologues en imagerie médicale. Sourire aux lèvres, il savoure l'arrivée de ce nouvel équipement qui vient enfin de toucher le sol tournaisien. "Ce n'est pas un projet né hier pour être opérationnel aujourd'hui. Il a germé en 2024, au moment d'élaborer un cahier des charges où tous les corps de métier se sont mis autour de la table pour choisir la technologie qui nous correspondait le mieux. On a de la chance d'avoir une machine de ce type au CHwapi. Tous les hôpitaux n'ont pas ça", entame l'intéressé. "Avec le site Notre-Dame et le site Union, on dispose de deux numéros d'agrément, utilisés pour acquérir cette nouvelle technologie, l'IRM 3 Tesla (pour l'unité de mesure des champs magnétiques). Elle a un aimant deux fois plus puissant que l'autre IRM de l'hôpital, l'IRM 1.5 Tesla."
À quoi faut-il s'attendre avec cette nouvelle technologie, concrètement ? "L'imagerie sera plus précise. La netteté des images s'en trouvera améliorée. Avec cette machine, on se rapproche de la technologie dont disposent les hôpitaux universitaires. Ce qu'on ne pouvait pas faire par le passé sera réalisable désormais avec de l'imagerie médicale dite avancée, comme l'IRM fonctionnelle, qui cartographie les différentes zones du cerveau (mémoire, parole, vue, motricité). Elle aura un intérêt dans des bilans pré-opératoires, pour guider le chirurgien et réduire le risque de séquelles après de lourdes interventions au cerveau."
Moins d'attente pour un rendez-vous IRM ?
La nouvelle recrue ne remplace pas l'ancienne, elle la complète. "Ce sont deux techniques qui vont cohabiter", assure Brieuc Dumont. "L'IRM 1.5 Tesla reste d'excellente qualité pour les examens plus routiniers et dispose encore d'une belle durée de vie. L'IRM 3 Tesla s'utilisera pour des examens neurologiques."
Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour réduire les délais d'examen ? En décembre 2025, notre rédaction indiquait qu'il ne fallait qu'un mois pour un rendez-vous IRM à Courtrai, contre six mois à Tournai. Un état des lieux à nuancer, puisque 45 % des examens sur liste d'attente sont pris plus tôt. Avec ce renfort de poids (au sens propre, comme au figuré), le CHwapi pourra réduire ses délais. "On travaillera plus rapidement", confirme le technologue. "Le temps d'examen sera réduit, ce qui signifie qu'on pourra caser plus de rendez-vous sur une journée. Avec une influence positive sur les délais de prise en charge."
En résumé, l'IRM 3 Tesla, c'est un diagnostic plus précis et un délai réduit. Inutile de dire que la machine est attendue presque comme le Messie. Mais augmenter les plages horaires et réduire le délai passent par d'autres facteurs. "Ce projet s'accompagne d'engagements supplémentaires et de formation des technologues. Mais c'est un métier en pénurie. L'arrivée de la nouvelle IRM n'est que le commencement. Mon équipe et les médecins se forment pour être totalement opérationnels au moment d'allumer la machine. Dans un premier temps, un spécialiste de la firme nous guidera."
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.