"Une situation devenue insoutenable" : les chiffres à peine croyables de la surpopulation carcérale à la prison de Béziers
Dans un nouveau communiqué, le syndicat UFAP UNSa Justice de la prison de Béziers dénonce la surpopulation carcérale du centre pénitentiaire, avec des chiffres qui font froid dans le dos.
Depuis de trop nombreux mois, la situation semble perdurer à la prison de Béziers, selon les multiples signaux d’alerte donnés par les syndicats du centre pénitentiaire du Gasquinoy. Dans un communiqué transmis à Midi Libre, l’UFAP UNSa Justice dénonce à nouveau "une surpopulation record qui met en péril la sécurité des personnels et le fonctionnement de l’établissement".
Les chiffres avancés par les syndicats sont à peine croyables "avec plus de 220 matelas au sol et une densité carcérale atteignant 204 %" pour la maison d’arrêt. "Conçue pour accueillir 389 personnes détenues, elle en héberge désormais près de 800. Cette inflation constante de la population pénale entraîne une dégradation continue des conditions de travail des personnels et compromet chaque jour davantage leur sécurité", dépeint l’UFAP UNSa Justice.
La situation n’est d’ailleurs pas arrangée par les nombreuses livraisons ou tentatives de livraison de produits interdits en détention, via l’utilisation de drones, comme le prouvent les nombreuses affaires de ce type qui viennent frapper la barre du tribunal correctionnel de Béziers, en comparution immédiate.
120 détenus à gérer par surveillant
Sans pouvoir assurer la garde des détenus et garantir une réinsertion digne de ce nom, le syndicat déplore un manque de personnel. "Un surveillant ne peut pas gérer 120 personnes comme il en gère 50, écrit-il encore. Pourtant, les effectifs demeurent insuffisants et les agents se retrouvent encore trop souvent isolés sur leur coursive, avec une charge de travail devenue démesurée."
En raison de cette situation de plus en plus critique au Gasquinoy, l’UFAP UNsa Justice liste ses demandes "immédiates" : "Un renforcement significatif des effectifs dans tous les corps de métier ; la fin de l’isolement des surveillants sur les coursives ; des réponses concrètes et durables afin de réduire la surpopulation carcérale ainsi que des moyens à la hauteur des missions confiées à l’administration pénitentiaire".