Publié le 24/08/2026 - 13:07 UTC+2•Mis à jour 13:13

Tout le monde ne réagit pas de la même façon aux vaccins. La vigueur de la réponse immunitaire varie selon l'âge, le sexe, les antécédents médicaux et la génétique.

Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Cell Press Blue (source en anglais), des chercheurs du programme SeroNet de l'Institut national du cancer des États-Unis se sont penchés sur la manière dont des anticorps préexistants contre des microbes courants peuvent prédire la réponse d'une personne à de nouveaux vaccins.

"Certains biomarqueurs, lorsqu'ils sont analysés à l'aide de l'IA, permettent de prévoir qui a des chances de bien répondre à un vaccin, avant même de l'avoir reçu", explique Joshua LaBaer, qui a dirigé l'étude, suggérant que certaines personnes sont mieux préparées sur le plan immunitaire que d'autres.

L'immunosuppression, c'est-à-dire un système immunitaire affaibli, est associée à une réponse en anticorps plus faible après la vaccination, ce qui augmente le risque d'infection, la gravité de la maladie et la mortalité.

Les chercheurs ont constaté qu'avant même l'administration d'un vaccin, le système immunitaire laisse déjà entrevoir la façon dont il réagira et la robustesse de cette réponse.

L'étude a analysé plus de 8 000 échantillons de sang provenant de plus de 4 000 personnes, à la recherche d'anticorps dirigés contre 185 antigènes issus de virus et bactéries courants ainsi que de cibles liées à des maladies auto-immunes.

L'étude incluait des volontaires en bonne santé, mais aussi des personnes immunodéprimées en raison de pathologies comme le VIH, le myélome multiple ou une greffe d'organe solide, tous ayant reçu le vaccin contre le Covid-19.

Les chercheurs ont ensuite eu recours à l'intelligence artificielle pour analyser les profils des échantillons recueillis avant et après la vaccination contre le Covid-19, identifiant des signatures d'anticorps permettant de classer les patients comme bons ou mauvais répondeurs au vaccin.

Ils ont identifié ce qu'ils appellent des "anticorps sentinelles", qui servent de marqueurs de la probabilité de réponse immunitaire à un vaccin donné et aident à prévoir la réaction de l'organisme face au virus.

"Nous avons identifié des signatures antimicrobiennes universelles associées positivement aux 25 % de meilleurs répondeurs au vaccin contre le Covid-19", soulignent les chercheurs.

L'étude a montré que des niveaux élevés de certains anticorps préexistants, notamment contre des agents courants comme Staphylococcus aureus, le virus respiratoire syncytial (VRS) et le virus parainfluenza humain de type 3 (HPIV-3), étaient associés à des réponses vaccinales plus fortes contre le Covid-19.

Les stratégies de vaccination évoluent

En utilisant les profils d'anticorps antimicrobiens préexistants comme biomarqueurs prédictifs, les cliniciens pourraient identifier, avant l'immunisation, les personnes susceptibles de développer une réponse immunitaire faible.

L'étude a utilisé l'apprentissage automatique pour construire des modèles prédictifs capables de repérer les individus dont la réponse vaccinale est sous-optimale.

"Prévoir quelles personnes développeront une faible réponse en anticorps avant la vaccination pourrait améliorer les stratégies de vaccination personnalisées", écrivent les chercheurs.

Cela ouvrirait la voie à des interventions ciblées, comme des calendriers de doses adaptés, le recours à d'autres types de vaccins ou des rappels supplémentaires pour les personnes les plus à risque.