Venezuela: pouvoir et opposition annoncent des points d’accord
Le pouvoir et l’opposition vénézuéliens ont clos mercredi leur premier cycle de dialogue en vue d’une transition politique, annonçant des accords sur le lancement d’une réforme judiciaire et la récupération de fonds gelés au Royaume-Uni en raison des sanctions prises sous la présidence de Nicolás Maduro.
Kevin Dupont
Source: Belga
13 août 2026, 07:57Dernière mise à jour: 08:05
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Au Venezuela, le pouvoir et l’opposition se sont dits “d’accord”, mercredi, dans un communiqué commun, pour “engager un processus qui contribue à la transformation du système de justice, axé sur des réformes de la loi organique du Tribunal suprême et d’autres lois du système de justice”, selon le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, frère de la présidente par intérim, et Dinorah Figuera, cheffe de la délégation de l’opposition. L’opposition insiste sur une réforme du système judiciaire et du Tribunal suprême, qui a notamment validé la réélection contestée de Nicolás Maduro, entachée de fraude selon elle.
Il faut “éliminer les conditions structurelles qui rendent possible la répression”, a souligné une source proche de l’opposition, qui pointe aussi les lois réprimant l’incitation à la haine et le terrorisme qui ont servi de fondement à la détention de nombreux prisonniers politiques.
“Redémocratiser”
La séparation des pouvoirs et la réforme de la justice est une des priorités pour “redémocratiser” le pays, estiment de nombreux observateurs. La cheffe de l’opposition et prix Nobel de la paix Maria Corina Machado, exilée au Panama, n’a pas été invitée mais a assuré qu’elle n’entraverait pas le processus.
La présidente par intérim Delcy Rodríguez a applaudi le processus de dialogue, appelant “toutes les forces politiques” à s’y joindre, “en faisant toujours passer avant tout le bien-être, la paix, la stabilité et le développement du Venezuela”, dans un message sur Telegram.
Washington en médiateur
De source proche de l’opposition, on souligne que, bien qu’absents de la table des négociations, les États-Unis sont très présents dans les discussions et ont été sollicités à plusieurs reprises comme “médiateurs” lors de points d’achoppement.
Cette source précise que la pression américaine fait en sorte que le pouvoir puisse avancer contrairement à d’autres vaines négociations ces dernières années. “Il n’y a aucune naïveté. Nous savons que ceux que nous avons en face de nous ne sont pas des réformateurs démocratiques comparables à Adolfo Suárez (qui a géré la transition espagnole), à Gorbatchev (transition de l’Union soviétique). Delcy Rodríguez et son gouvernement ont changé d’attitude, mais pas de préférences”, assure cette source.
Certains se plaignaient de l’hermétisme des discussions, qui se déroulent à huis clos. Mercredi, des manifestants ont réclamé plus de transparence sur les négociations. “Dans d’autres pays, lorsqu’on discute des problèmes de 35 millions d’habitants (estimation haute de la population du pays, NDLR), les réunions sont publiques et les gens peuvent débattre. Ici non!”, estime de son côté Carlos Salazar, syndicaliste de 54 ans. “Ce qui se passe dans l’obscurité et dans le silence sent mauvais.”
Un autre cycle de pourparlers aura lieu à une date à déterminer.