Vieille connaissance du RSCA, ex-adversaire de Philippe Albert et compatriote de son rival : voici l'homme qui veut faire tomber Gianni Infantino
Et si Gianni Infantino, ironie du sort, se retrouvait expulsé de son siège par sa propre patrie ? Les grandes manœuvres semblent en tout cas avoir débuté dans le dos du président de la FIFA, à cinq mois du scrutin pour sa réélection… ou sa succession. Une semaine après que la Fédération suisse lui ait retiré son soutien en guise de premier coup, Infantino pourrait subir une claque encore plus violente nommée Ramon Vega (55 ans).
Le voilà, en tout cas, le candidat que la Suisse devrait désormais soutenir. À l'instar de beaucoup d'autres fédérations dans le monde – en particulier en Europe – qui attendaient désespérément qu'une personnalité ose défier Gianni Infantino. Et Ramon Vega débarque avec une volonté de rupture claire avec les idées de son compatriote : "je me présente pour réunifier la famille mondiale du football", a-t-il lancé dans un manifeste joint à sa candidature.

guillementJe me présente pour réunifier la famille mondiale du football.
Si ses idées et son souhait de "rétablir la stabilité et la crédibilité" de la FIFA devraient lui apporter pas mal de soutiens, c'est son profil qui sera sans doute son plus grand argument. Car contrairement à Infantino le bureaucrate, Ramon Vega est un ancien joueur de haut niveau, qui a même fait carrière en Premier League.
Un premier adversaire se déclare candidat face à Gianni Infantino en tant que futur président de la FIFA : "Le football est en soins intensifs"Euro 96 et Angleterre
Formé dans sa région natale, le canton de Soleure, ce défenseur d'1,91m a découvert le football professionnel au début des années 90 avec le club de Zurich, les Grasshoppers. Et l'un de ses premières expériences européennes fut une double confrontation avec Anderlecht – à l'époque des Nilis, Oliveira, Degryse ou De Wolf – en Coupe des clubs champions. C'était en 1991, avec une qualification des Mauves grâce à un triplé de Luc Nilis au match retour à Zürich, face à un Vega impuissant.
La présidente de l'Union belge s'explique sur sa présence aux côtés d'Infantino et sur l'annonce de ce lundi : "Regarder tout le monde dans les yeux"Cela n'a toutefois pas empêché Roy Hodgson, alors sélectionneur de la Suisse, de le convoquer quelques mois plus tard. En tout, Ramon Vega aura disputé 23 rencontres pour son équipe nationale, avec l'Euro 1996 en point d'orgue. C'est d'ailleurs lors de ce tournoi organisé en Angleterre et après avoir tenu tête aux Three Lions lors du match d'ouverture à Wembley (1-1) que sa carrière a décollé.

Direction d'abord la Serie A avec Cagliari, puis la Premier League pour passer trois saisons à Tottenham, puis une autre à Watford, entrecoupées par un prêt au Celtic Glasgow. Et c'est lors de son aventure chez les Spurs que le défenseur a croisé la route de Philippe Albert lors de deux duels avec Newcastle en 1997-1998.
"Prix de la paix", affaire Balogun, projet Infantino... la Fédération norvégienne porte plainte auprès de la FifaAprès sa retraite prise en 2003 au bout d'une dernière expérience en France avec à Créteil (Ligue 2), Ramon Vega s'est installé à Londres pour entamer sa reconversion. Et il a rapidement fait fortune dans la gestion d'actifs et le conseil financier. Au point d'être invité au mariage princier de Kate & William, en 2011. En parralèle, il reste toutefois impliqué dans le football, notamment via une école de foot à Marbella, en Espagne.
Déjà candidat en 2022
La chute de Sepp Blatter en 2015 a servi de déclic pour ses ambitions futures et son souhait de "réformer la gouvernance du football mondial". Bien qu'Infantino ait été élu à la présidence en 2016, Vega a retenté sa chance en 2019 puis 2022. Mais l'absence de parrainages en suffisance l'a empêché de pouvoir se mesurer au big boss.
guillementJe suis un outsider et je me retrouve face à un cartel.
"Je suis un outsider et je me retrouve face à un cartel, a-t-il lancé à World Soccer en 2022, après son échec. Les fédérations veulent du changement mais elles ont trop peur de s'exprimer. Mais mon ambition reste la même : je retournerai dans ma ville, Zürich, dans quatre ans, en tant que président de la Fifa."
Infantino propose de consulter les fédérations pour réformer la gouvernance de la FifaNous y voilà. Et la donne a totalement changé ces derniers mois avec la folie des grandeurs d'Infantino. Son projet d'ouvrir certains actifs et événements de la FIFA à des investisseurs privés - bien que retiré - a créé une vague de protestation de la part de nombreuses fédérations, dont la belge. Alors que sa gestion de la Coupe du monde a été vivement critiquée, notamment avec l'affaire Balogun.
Reste désormais à voir si la candidature de Vega sera celle qui sera portée pour en faveur l'opposant à Infantino. Le Suisse a jusqu'au 18 novembre pour convaincre au moins cinq fédérations de le soutenir. Les élections, elles, sont prévues le 18 mars 2027, à Rabat.
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