Vieillissement général, politique migratoire pour recruter des actifs… : la France doit anticiper face à un choc démographique annoncé, révèle un rapport
Adapter les services publics, soutenir les familles et repenser la politique migratoire : la France doit anticiper pour s’adapter à l’évolution de sa population, qui va se traduire par une transformation des besoins, prévient ce jeudi le Haut-commissariat au plan.
Moins d’enfants et plus de personnes âgées, voire très âgées : à horizon 2035-2050, la population française sera « globalement stable mais profondément recomposée », observe dans une note le Haut-commissariat au plan.
« Le choc démographique est surtout une question de recomposition de la population et de renouvellement de ses besoins », a précisé lors d’une conférence de presse Clément Beaune, Haut-commissaire au plan.
Les besoins collectifs vont donc se déplacer de l’enfance vers le grand âge.
Pour faire face à cette situation, le Haut-commissariat appelle à « planifier les services publics », en développant notamment « des infrastructures publiques plus polyvalentes, réversibles et intergénérationnelles ».
Adapter la politique migratoire « aux besoins de compétences »
Il appelle également à développer une politique de conciliation de la vie professionnelle et personnelle car une « part croissante des actifs devront conjuguer emploi, parentalité et aide à un proche dépendant ».
L’institution estime également qu’il est nécessaire de repenser dès à présent la politique migratoire pour la « relier » aux « besoins de compétences ».
Les nombreux pays qui connaissent un vieillissement de leur population « vont se livrer à une concurrence pour recruter des populations d’âge actif pour faire face à ces nouveaux besoins », a souligné Magda Tomasini, directrice du service statistiques du ministère de l’Éducation nationale, qui a coordonné les travaux de la note.
« Dans ce cadre-là, il importe de renforcer notre politique d’immigration et de la rendre indissociable de notre politique d’intégration ».
L’immigration n’est toutefois pas le seul levier pour faire face aux futurs besoins de la population. La productivité et la durée des carrières sont aussi des leviers à considérer, selon la note.
Depuis plusieurs années, la natalité décline en France, comme dans de nombreux pays européens. Le déclin de la natalité agite la classe politique, qui s’inquiète notamment du financement futur du système de protection sociale, qui repose largement sur les revenus des actifs. Il avait conduit le président de la République, Emmanuel Macron, à appeler au « réarmement démographique » de la France.
En parallèle de cette baisse des naissances, la France fait face à un vieillissement de sa population.
Le nombre de seniors va fortement augmenter dans les années à venir, du fait de l’arrivée à un âge avancé des générations nombreuses du baby-boom. Un phénomène synonyme d’un bond à venir de la demande d’accompagnement et de soins.