La Fondation du patrimoine a déjà collecté 388 000 euros sur les 600 000 espérés. Le Premier ministre Sébastien Lecornu est attendu dans la ville ce vendredi.

La mobilisation est importante pour venir en aide à la ville de Limoges et restaurer l’hôtel de ville qui a été incendié samedi dernier à l’issue de la mobilisation du 17 octobre. La cagnotte en ligne, portée par la Fondation du patrimoine, affiche plus de 388 000 euros de dons ce vendredi matin. En trois jours, elle a atteint 64 % de son objectif fixé à 600 000 euros. 4 280 donateurs se sont mobilisés depuis mardi.

Une grande partie du bâtiment construit entre 1879 et 1883 a été détruite par l’incendie dont son imposant beffroi qui est parti en fumée sous les yeux des habitants. Les images choquantes ont fait le tour du monde. Le beffroi s’est effondré tandis que le toit du bâtiment a été détruit par les flammes. Il s’agissait d’un édifice inauguré en 1883, qui s’apparentait comme un "symbole" pour la ville. Le Premier ministre Sébastien Lecornu va se rendre ce vendredi à Limoges, où il rencontrera notamment le maire LR de la ville Guillaume Guérin.

La Fondation du patrimoine s’était déjà mobilisée avec une précédente campagne en 2016 pour un projet de rénovation mais qui ne correspond plus à l’urgence actuelle. L’objectif est désormais de contribuer tout d’abord à sa mise en sécurité, puis sa restauration et sa reconstruction.

Deux suspects en garde à vue

Les investigations se poursuivent. L’enquête sur l’incendie criminel de la mairie s’est accélérée jeudi avec l’interpellation dans la Creuse d’un deuxième suspect âgé de 66 ans, après un premier homme de 34 ans "fiché S" arrêté mardi en Haute-Vienne. Les deux hommes se connaissent et tous deux sont proches de la mouvance de l’ultragauche.

L’homme le plus âgé a été placé en garde à vue pour destruction en bande organisée d’un bien par moyen dangereux pour les personnes. L’homme de 34 ans interpellé mardi a vu sa garde à vue prolongée suite à l’extension au chef de tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique des qualifications pénales préalablement retenues contre ce suspect. Une qualification qui s’ajoute à celles de "dégradation en bande organisée par un moyen dangereux".

Durant la mobilisation nationale, des heurts opposant les manifestants et les forces de l’ordre, ont notamment eu lieu devant l’hôtel de ville. Les vitres du bâtiment ont été brisées avant que des personnes entrent à l’intérieur pour déclencher l’incendie. D’après une autre source interne, les émeutiers seraient entrés par une porte de cave sous la salle du conseil municipal et auraient menacé de mort les personnes qui se trouvaient à l’intérieur.