Violences du 17 octobre : le Premier ministre Sébastien Lecornu annonce des couvre-feux localisés, voici les villes concernées
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé ce lundi 19 octobre l’instauration de couvre-feux localisés dès ce soir dans plusieurs villes de France. L’initiative vise à protéger les commerces après un week-end de violences. Pour rappel, au moins 3 000 magasins ont été dégradés et plus de 2 300 personnes ont été placées en garde à vue.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé ce lundi 19 octobre la mise en place de couvre-feux "localisés" pour protéger les commerces après les pillages et les violences constatés dans plusieurs villes le week-end dernier. L’exécutif, sous forte pression, est accusé d’avoir gravement sous-estimé la mobilisation.
Le "bordel" est "très localisé sur des centres urbains", a estimé Sébastien Lecornu à l’issue d’une cellule interministérielle de crise. En conséquence, il a déclaré avoir "demandé aux préfets de déclencher un certain nombre de couvre-feux pour ce (lundi) soir".
Les villes concernées par le couvre-feu :
Matignon a annoncé ce lundi en fin d’après-midi que les villes de Lille, Douai, Wattignies et Denain sont concernés par des couvre-feux de 20 h à 6 h pour les nuits de ce lundi 19 et mardi 20 octobre.
Le couvre-feu va également s’appliquer à la ville de Nice à partir ce soir 21 h jusque 6 h demain, mardi. Pour le Nord et Nice, les couvre-feux ne s’appliqueront qu’aux mineurs, assure Florian Tardif, journaliste politique chez Paris Match.
Le détail du couvre-feu à Paris
Pour la capitale, il a été décidé d’un couvre-feu pour tous les publics de 23 h à 6 h, assure BFMTV, dans le quartier République et la rue Berger (IXe arrondissement). Ainsi que dans le quartier des Halles (Ier) pour les rues Rambuteau, Lescot, rue de la Cossonnerie, rue du Prêcheur et rue des Innnocents.
Un couvre-feu de 21 h ce lundi à 6 h, demain mardi, a été appliquée à Lyon sur une partie de la presqu’île.
"Il n’est pas question de mettre tout Paris sous couvre-feu"
Ces couvre-feux seront "localisés" et "partiels", a prévenu le Premier ministre. "Il n’est pas question de mettre tout Paris sous couvre-feu, ça n’a pas de sens." Il a écarté pour l’heure l’instauration d’un état d’urgence, mais s’est dit prêt à le faire "si c’est nécessaire".
Les chiffres de la mobilisation
Au moins 550 000 manifestants ont été recensés samedi. Il y a eu près de 2 331 gardes à vue, des dizaines de placements en détention provisoire, et près d’un millier de membres des forces de l’ordre et des manifestants blessés, selon les autorités.
"Au moins 3 000 commerces" ont été touchés par des dégradations ou des pillages ce week-end, a aussi annoncé le ministre du Commerce Serge Papin, poussant le gouvernement à mettre en place de mesures de chômage partiel dès mardi ainsi qu’un "fonds de soutien spécifique".
La coordination de gilets jaunes a annoncé un "acte II" samedi 24 octobre, avant des mobilisations les 31 octobre et 5 novembre prochains.
Le gouvernement réuni les chefs de parti
Dans ce contexte tendu, le Premier ministre a été chargé par Emmanuel Macron de réunir partis, syndicats, collectivités et parlementaires. Jordan Bardella a prévenu que ni lui ni Marine Le Pen ne comptaient se rendre à ce rendez-vous.
Plusieurs responsables politiques ont pointé le rôle des réseaux sociaux dans les violences, comme Gabriel Attal qui a plaidé pour leur "blocage temporaire" là où se déroulent des émeutes.
Plus tôt dans la journée, l’Association des maires de France (AMF) avait appelé, elle, à des rassemblements "à partir de midi" devant les mairies pour dénoncer les "attaques graves portées contre les institutions démocratiques".
Le président américain Donald Trump a écrit que "la France brûle", estimant que le pays était "brisé" par l’immigration. L’UE, de son côté, a dénoncé les pillages et incendies tout en appelant la France à "protéger" le droit à manifester pacifiquement.