Violences sexuelles à Bétharram: un ancien évêque, héros de la Résistance, accusé de viol par un ex-collégien

Le complexe scolaire catholique "Le beau rameau" à Lestelle-Betharram, le 21 février 2025 dans les Pyrénées-Atlantiques - Gaizka IROZ © 2019 AFP
Un ex-collégien de Bétharram a porté plainte en 2025 pour viol contre un ancien évêque de Tarbes et Lourdes, mort en 1977, par ailleurs considéré comme héros de la Résistance. L'Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation a été saisie il y a quelques mois.
Un ancien évêque de Tarbes et Lourdes, héros de la Résistance pour son engagement contre la persécution des Juifs, est au cœur d'une enquête interne après avoir été accusé de viol par un ex-collégien de l'établissement catholique béarnais Bétharram.
Pierre-Marie Théas, décédé en 1977 et déclaré "Juste parmi les nations" quelques années auparavant, est mis en cause par un ancien élève de Notre-Dame de Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), qui a porté plainte en 2025 pour des violences psychologiques, physiques et sexuelles subies au cours de sa scolarité, a révélé samedi 19 septembre Mediapart.

Parmi ces violences, l'homme évoque un viol commis selon lui en 1971, dans un "bâtiment à l'écart", par un "vieux prêtre", précise le site indépendant d'investigation.
Mort en 1977
L'actuel évêque de Tarbes et Lourdes, Jean-Marc Micas, a souligné dans un communiqué avoir été "informé de cette situation en juillet 2026".
L'homme qui met en cause Mgr Théas a saisi "il y a quelques mois" l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr, créée par l'Église catholique en 2021).
"Originaire de la région, Monseigneur Théas a occupé, jusqu'à sa mort en 1977, un petit appartement mis à sa disposition à Bétharram", a observé Mgr Jean-Marc Micas.
Des recherches dans les archives
Cependant, sollicité par l'Inirr "pour faire part des éléments éventuels dont nous disposerions pour étayer la vraisemblance de ce signalement", l'actuel évêque souligne qu'une "recherche approfondie dans les archives n'a pas permis de répondre positivement à cette demande".
L'évêque de Bayonne, Marc Aillet, a également précisé dans un communiqué que, "compte tenu de l'implantation régionale, des vérifications rigoureuses ont été immédiatement effectuées dans les archives du diocèse" qui n'ont rien fait apparaître.
Le collège de l'Inirr doit se réunir le 6 octobre pour décider de l'indemnisation de la victime, selon Mediapart. Cette instance de réparation, destinée aux victimes dans les diocèses, avait été créée par l'épiscopat français dans le sillage du rapport de la Ciase qui estimait à 330.000 le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles dans l'Église.
L'Institut Louis Joinet (IFDJ), une ONG spécialisée qui a enquêté plus d'un an à la demande de la congrégation mise en cause, estime qu'entre 700 et 1.500 enfants scolarisés de 1950 à la fin des années 1990 à Notre-Dame-de-Bétharram, et dans d'autres établissements de cette congrégation religieuse, avaient été potentiellement victimes de violences sexuelles, physiques ou psychologiques.
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