Selon les informations de La Voix du Nord vendredi 7 août, confirmées par l’AFP, la Cour d’appel de Douai a indiqué qu’une des victimes du "violeur de la Sambre", Dino Scala, s’est vue reconnaître le préjudice d’anxiété dans cette affaire. Pendant seize ans, la victime a vécu dans une hypervigilance constante avec la peur de recroiser à nouveau le violeur en série.

Une des victimes du "violeur de la Sambre" s’est vue reconnaître un "préjudice d’anxiété" par la Cour d’appel de Douai, a indiqué vendredi l’avocat de la plaignante à l’AFP, confirmant une information de la Voix du Nord.

"À ma connaissance, c’est la première fois qu’un préjudice d’anxiété est reconnu dans les conditions d’un crime sériel", s’est félicité Me Romain Soual, avocat d’une des victimes de Dino Scala, qui a sévi dans cette région des années 1980 jusqu’à son arrestation en 2018.

Condamné pour une cinquantaine de viols

Dino Scala, 65 ans, a été condamné en 2022 à 20 ans de prison pour une cinquantaine de viols, tentatives de viols ou agressions sexuelles en France et en Belgique, dont une tentative de viol en 2002 sur la cliente de Me Soual, aujourd’hui âgée de 69 ans.

Celle-ci, alors agent d’entretien dans une salle polyvalente à Louvroil (Nord), avait été surprise tôt le matin en commençant son service par le violeur en série, qui l’avait surveillée en amont et suivie, selon son mode opératoire.

Jusqu’à l’arrestation de Dino Scala seize ans plus tard, elle a vécu dans une "hypervigilance constante", selon Romain Soual. La victime avait notamment développé une peur de se rendre à son travail seule. Son mari l’y conduisait le matin, venait la chercher le soir "jusqu’à son départ en retraite", et l’accompagnait dans les lieux publics tels que les toilettes d’aire d’autoroute, a détaillé l’avocat.

Rejet en première instance

Selon lui, cette attitude est constitutive du préjudice d’anxiété, défini par la Cour de cassation comme "l’anxiété résultant de l’exposition à un risque élevé de développer une pathologie grave", dont peuvent notamment se prévaloir les victimes de l’amiante.

Après un rejet en première instance, la cour d’appel de Douai lui a donné raison dans un arrêt du 18 juin. Selon cet arrêt consulté par l’AFP, la victime "a vécu pendant seize ans dans l’incertitude permanente quant à l’identité de son agresseur, qui la connaissait, avait repéré son lieu de travail et ses habitudes, et avait commis de nombreuses autres agressions dans la même région".

La cour ajoute que "la couverture médiatique régulière des agissements du violeur de la Sambre, a constamment entretenu, pendant toutes ces années, la prégnance du risque de le croiser à nouveau ou d’être à nouveau visée par lui". En mai 2025, Dino Scala a été mis en examen pour treize autres faits de violences sexuelles, dont un viol.