Voici la promenade des Anglais de demain, imaginée par une association dédiée au front de mer de Nice
Ce projet de promenade des Anglais complètement repensé peut faire rêver. C’est celui de l’Association de promotion et de sauvegarde du front de mer à Nice - Comité Promenade, qui a imaginé « La Prom’ du futur ». Ce projet, le groupement de riverains, présidé par Kirkor Ajderhanyan, en a pris connaissance lors de l’assemblée générale doublée d’une réunion publique jeudi 8 octobre 2026, au Palais de l’Agriculture, à Magnan.
C’est l’histoire d’une transformation étirée sur 7 km. Reposant sur 3 objectifs majeurs : santé, sérénité, lien social. Il faut du mouvement, mais des flux tranquilles, protégés des nuisances contemporaines, tout en créant un lieu de rencontre, préférable à un simple lieu de passage. Cette requalification urbaine repose sur 6 piliers.
1 : Sport-santé, avec salle de sport linéaire et en plein air pour seniors et actifs. Il est question d’archipel sportif. Qui entraîne la création d’encorbellements ou micro-terrasses ergonomiques surplombant les galets pour éviter des empiètements sur le trottoir, de zones actives favorisant le mouvement physique. L’ingénierie marine se met au service du silence absolu grâce à l’utilisation d’inox et de composites imputrescibles, de machines intégrant des vérins hydrauliques et pneumatiques et connectées à un coaching virtuel.
2 : Front de mer vivant à l’année. « L’idée, précise Kirkor Ajderhanyan, est de faire de la promenade des Anglais une vitrine économique du territoire, de la mer à l’arrière-pays. » Comment ? En imaginant un marché de la mer où des kiosques esthétiques proposeraient vente et dégustation de poissons locaux et d’oursins, un marché agricole mettant en avant producteurs de fruits et légumes, horticulteurs locaux, un parcours des artisans.
Ça raconte une histoire
3 : Musée à ciel ouvert, avec notamment des installations artistiques temporaires, des œuvres lumineuses célébrant le patrimoine niçois et des bornes numériques racontant en plusieurs langues et en réalité augmentée l’odyssée de la villégiature et de l’architecture azuréenne.
4 : Sécurité cyclable garantie par « La Piste Bleue ». Qui passe par une clarté visuelle (revêtement bleu azur intense), par une sécurisation physique (séparation réelle des couloirs par des bordures, végétalisation ou murets bas), par une synchronisation des feux avec le trafic routier pour sécuriser chaque carrefour, par une visibilité nocturne intégrant LED au sol et bandes lumineuses latérales.
Carrefours et vitesses apaisés
5 : Circulation apaisée sortant du modèle autoroutier. Pour soulager l’axe littoral des véhicules, le projet prévoit le percement d’un second tunnel sur la voie Mathis vers le palais des Expositions afin de débloquer la sortie Est, un péage en flux libre sur l’autoroute A8 à Antibes, « supprimant les barrières physiques responsables des remontées de bouchons vers Nice ». Enfin, des carrefours apaisés sont mis en œuvre afin de réduire la vitesse des véhicules motorisés et garantir un partage sûr et équitable de l’espace public.
6 : Revoir l’aménagement urbain en mode terrasse sur la mer. Une plateforme légère surplombe les plages afin d’élargir le trottoir Sud sans empiéter sur le littoral. Il crée ainsi des zones d’ombre, accueille des équipements dédiés au bien-être et des belvédères contemplatifs. « Dans ce nouveau rapport à la mer, le projet mixe les textures avec une alternance entre plages de sable fin et plages de galets historiques. » En outre, on installe un éclairage nocturne dirigé luttant contre la pollution lumineuse.
Énormes contraintes économiques
Voilà pour ce nouveau rivage, pensé concrètement par un des membres de l’association, Matthieu Vignier. Qui n’oublie pas le trottoir nord : lui, doit sublimer l’héritage architectural par un dallage premium, une valorisation des façades classées. Enfin, on réduit les nuisances au maximum. Pas seulement côté circulation : « Pas de musique amplifiée, pas de zones de fête statiques sous les fenêtres… », martèle Kirkor Ajehanyan.
Il s’agit là d’un « projet d’amateurs, mais on travaille dessus avec le cabinet du maire », conclut le président de l’association. Une affirmation toutefois tempérée par les propos de Françoise Souliman, première adjointe au maire : « La promenade des Anglais de demain dépend de ce que veut le maire de Nice. Ce projet suppose d’énormes contraintes économiques. C’est un très beau projet, mais il faudra y aller avec parcimonie. On en a bien pris note, mais on est aussi dans un périmètre de l’Unesco et on ne peut pas tout faire. »