Voie diplomatique, finances publiques, aides ciblées... Pour quelles raisons Emmanuel Macron refuse-t-il (pour l'instant) de baisser les taxes sur les carburants ?
Le chef de l'Etat, qui n'a pas totalement exclu d'opter pour cette mesure si les prix des carburants continuent de grimper, défend des aides plus ciblées et met en avant les finances publiques dégradées pour justifier ce choix.
France Télévisions
Publié le 25/09/2026 06:05
Mis à jour le 25/09/2026 07:37
Temps de lecture : 3min
Faut-il baisser les taxes sur les carburants pour soutenir les Français ? Emmanuel Macron s'y refuse pour l'instant, même s'il a dit qu'il n'écartait pas totalement cette hypothèse si les prix à la pompe continuaient à s'envoler. "Notre intérêt, c'est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes", a estimé le chef de l'Etat lors d'une interview sur France 2 et TF1, jeudi 24 septembre, misant sur la voie diplomatique pour régler la crise des carburants. Baisser les taxes aurait aussi des conséquences sur les recettes de l'Etat, alors que les finances publiques du pays sont dans une situation dégradée, estime le chef de l'Etat, qui défend la mise en place de mesures ciblées, comme l'aide destinée aux grands rouleurs.
Parce qu'il mise sur la voie diplomatique
Interrogé sur la flambée des prix des carburants depuis plusieurs mois en France, et tout particulièrement en septembre, Emmanuel Macron veut "d'abord agir diplomatiquement". "Le cœur de notre action, c'est de faire baisser la tension dans le golfe Persique", a développé le chef de l'Etat au sujet des tensions au Moyen-Orient, où le détroit d'Ormuz est bloqué tandis que la reprise de la guerre au Yémen a des conséquences sur l'exportation de pétrole saoudien.
C'est dans cette logique qu'il a annoncé l'envoi de "moyens militaires" pour protéger le site de Yanbu, au niveau de la mer Rouge, en Arabie saoudite. Selon le chef de l'Etat, l'impact d'une détente sur ce site hautement stratégique pour l'Arabie saoudite peut s'avérer "immédiat sur le prix à la pompe". Il a aussi mis en avant les "discussions avec les Iraniens et les Omanais pour rouvrir" le détroit d'Ormuz. Selon lui, la France, qui "a une grande diplomatie" et "pèse" dans cette région, peut "avoir des résultats" par son action internationale puisque les causes de la flambée des prix sont "géopolitiques".
Parce que les comptes de l'Etat sont trop dégradés
Baisser les taxes aurait des conséquences sur les recettes de l'Etat, et donc sur les finances publiques dégradées du pays. C'est le message qu'a voulu faire passer le président de la République, alors que le Rassemblement national, notamment, plaide pour une baisse de la TVA de 20% à 5,5% sur les carburants, le fioul et le gaz. Sans nommer le parti d'extrême droite, le chef de l'Etat a qualifié cette mesure de "démagogie budgétaire", qui entraînerait des dépenses non financées, selon lui.
Pour le chef de l'Etat, baisser les taxes ne serait "pas la décision la plus vertueuse" car elles "servent à financer les dépenses de l'Etat". La TVA, les droits d'accise et la TVA sur les droits d'accise représentent près de la moitié du prix d'un litre de carburant et rapportent donc de l'argent à la France, qui évolue dans un contexte économique contraint avec une dette record et un déficit que l'Etat n'arrive pas à réduire. Selon les calculs d'Emmanuel Macron, baisser les taxes sur le carburant de 20 centimes, "c'est un milliard d'euros qui financent des dépenses concrètes de l'Etat [...] en moins".
Parce qu'il préfère mettre en place des aides ciblées
"Si vous baissez les taxes, vous aidez tout le monde. C'est plus intelligent d'aider les gens qui en ont le plus besoin", a aussi argumenté le président de la République, défendant les aides ciblées qu'a annoncées le gouvernement mardi. Pour faire face à la flambée des prix à la pompe, l'exécutif a annoncé mardi un nouveau paquet de mesures pour une facture de 450 millions d'euros.
L'aide aux grands rouleurs, qui permet à certaines personnes utilisant un véhicule à des fins professionnelles de toucher un chèque de 100 euros, a été prolongée jusqu'à la fin de l'année et élargie à 5,5 millions de personnes. Le plafond de la prime carburant, versée à l'initiative des entreprises, a été rehaussé tandis que des aides sectorielles (agriculteurs, pêcheurs, infirmières libérales) ont été prolongées ou annoncées.
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