Des enfants qui fabriquent leur carnet de voyage, d’autres qui jouent de la musique pour préparer un cabaret tandis que certains cuisinent pour préparer le repas du midi… Mercredi au matin, il y a de l’animation au Moulin Fraispertuis, à Jeanménil. Trente enfants profitent de leurs vacances d‘été.

Une colonie de vacances comme on peut en retrouver un peu partout ? Non, il s’agit d’un village Copains du monde, un séjour organisé à l’initiative du Secours populaire de Meurthe-et-Moselle et de la fédération des foyers ruraux du 54.

Le principe ? Des enfants de divers horizons sont amenés à passer une semaine de vacances ensemble et c’est la deuxième fois que les Vosges ont été choisies pour accueillir le séjour. Des Français (en grande majorité) se retrouvent à côtoyer des Moldaves et des Sahraouis (Sahara Occidental).

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Transmettre les valeurs de « solidarité », favoriser « la proximité » et « la connaissance de l’autre » : tels sont les objectifs affichés par les organisateurs comme l’explique Christophe Ceylan, directeur adjoint du village Copains du monde et animateur pour le Secours populaire de Meurthe-et-Moselle. « Il n’y a aucun enfant mis à l‘écart, malgré la barrière de la langue. C’est une vraie aventure », poursuit Jérôme Léger, animateur des Foyers ruraux de Meurthe-et-Moselle.

« Découvrir que l’amitié peut dépasser la barrière de la langue »

En tout, neuf personnes (six animateurs, deux accompagnateurs et un chef cuisine) sont chargées de l’animation et de la sécurité des jeunes participants. Enfants comme adultes ont rapidement noué des liens malgré la barrière de la langue, en jouant et en participant à la vie du village (passer le balai, faire la vaisselle, éplucher les légumes, etc.). « Il y a une bonne cohésion. On a retiré le téléphone rapidement et des groupes se sont formés naturellement », confirme Christophe Ceylan.

Jérôme Leger (à g.) et Christophe Ceylan (à d.) dirigent le village Copains du monde organisé à Jeanménil.   Photo Alexis Decorme

Jérôme Leger (à g.) et Christophe Ceylan (à d.) dirigent le village Copains du monde organisé à Jeanménil.   Photo Alexis Decorme

« J’encourage les enfants à communiquer même s’ils ne parlent pas la langue, en utilisant des gestes, des dessins, des expressions de visage. Cela passe aussi par l’apprentissage de quelques mots dans différentes langues. Mon objectif est de les aider à prendre confiance entre eux, à être ouverts aux autres et découvrir que l’amitié peut dépasser la barrière de la langue », poursuit Irina Bazic qui, avec Yasmina Embarec, font office de traductrices en tant qu’accompagnatrices.

Un bonheur de se resservir à manger plusieurs fois

Les enfants sahraouis ont notamment eu des étoiles dans les yeux quand ils ont pu constater le niveau de confort proposé au Moulin Fraispertuis. Yasmina Embarec précise : « Pour eux, tout est fascinant et nouveau. Se laver tous les jours, c’est quelque chose de normal pour nous alors que ce n’est pas leur cas. Ils sont super contents quand ils peuvent reprendre plusieurs fois à manger. »

Yasmina Embarec fait office de traductrice pour les quatre enfants sahraouis. Photo Alexis Decorme

Yasmina Embarec fait office de traductrice pour les quatre enfants sahraouis. Photo Alexis Decorme

Si le village est conçu pour les enfants, les adultes sont marqués par ce qu’ils ressentent sur place. « Il y a des enfants que j’ai revus l’an dernier et qui m’ont fait un grand câlin. Ce que les enfants retiennent le plus, ce sont les relations humaines. Comme les adultes. Les participants ont la liberté de se dire que nous sommes leurs copains », conclut Christophe Ceylan.