Vosges du Sud. « Les gens continuaient de pêcher dans les flaques d’eau » : face à la sécheresse, la pêche interdite dès ce samedi 1er août
Au vu de l’état de sécheresse des cinq cours d’eau qui descendent du piémont vosgien dans les Vosges du Sud, l’association locale de pêche de Giromagny (AAPPMA) a décidé d’interdire la pêche à partir de ce samedi 1er août. Une décision prise localement « parce que la DDT ne fait rien », et qu’il faut « essayer de sauver ce qu’il reste à sauver ».
Estelle Sanchez -
Aujourd’hui à 19:00
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C’est un constat qui se retrouve dans toute la faune et la flore. La sécheresse qui s’est installée cet été dans le Territoire de Belfort tue la vie de nos écosystèmes. Dans les rivières des Vosges du Sud et le massif du piémont vosgien, le constat est dur à digérer pour le président de l’AAPPMA (Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique) de Giromagny, Thierry Luttringer.
« Il y a des zones à sec »
Sur son secteur entre Auxelles-Haut et Rougemont-le-Château, les cinq cours d’eau qui y passent et leurs affluents sont dans un état inquiétant : la Rhôme, la Savoureuse, la Rosemontoise, La Madeleine et la Saint-Nicolas. « Il y a certains cours d’eau qui sont très mal en point, comme la Rosemontoise et la Saint-Nicolas en particulier, et il y a des zones à sec », constate-t-il. « La pêche, c’est aussi le plaisir de savoir qu’il y a de la vie, et là ça fait mal aux tripes. L’un des gardes forestiers m’a dit qu’il y avait des gens qui continuaient de pêcher dans les flaques d’eau qui restent alors je me suis décidé à interdire la pêche complètement ». C’est le premier secteur du département à interdire la pêche cet été au vu de la sécheresse pour tenter de sauver truites, chabots, et lamproies. C’est aussi l’endroit le plus impacté au vu de son positionnement géographique : les cours d’eau qui descendent des montagnes , à moins fort débit, sont les premiers à s’assécher.
« Ne pas marcher dans les cours d’eau »
Selon Thierry Luttringer, les décisions d’interdire la pêche risquent de se multiplier au vu de la fréquence des épisodes de sécheresse. En retour, il se sent peu soutenu par les autorités locales. « La DDT (Direction Départementale des Territoires) ne prend aucune décision alors qu’on est en alerte crise sécheresse. On a fini par prendre la décision nous-mêmes pour tenter de sauver ce qu’il reste à sauver », détaille-t-il.
Avec la décision d’interdire la pêche, l’activité en elle-même qui nécessite un permis est illicite, mais il ne faut pas non plus aller sur les cours d’eau. « Même marcher dedans pourrait être une pression supplémentaire sur la faune, ça remue et trouble l’eau, ce qui peut asphyxier les poissons », renchérit ce dernier.
Dans le Territoire de Belfort, qui dépend d’apports extérieurs pour être alimenté en eau , l’amoindrissement des cours d’eau est d’autant plus alarmant. Pour le président, l’une des conséquences directes sera que l’industrie de la pêche de loisir sera obligée de se réinventer.
« Il faudra sûrement repenser les dates d’ouverture de la pêche. Nos pêches de comptage qui étaient prévues pour le mois d’août ou septembre vont déjà être reculées ».