Vous faites peut-être partie des millions de personnes qui prennent inutilement ces médicaments : « Ils présentent ces symptômes et leurs effets sont dévastateurs »
Vous faites peut-être partie des millions de personnes qui prennent inutilement ces médicaments : « Ils présentent ces symptômes et leurs effets sont dévastateurs »
Selon une étude, deux tiers des adultes prenant ces médicaments n’en auraient en réalité pas besoin, exposant leur microbiote intestinal à des risques inutiles. Des spécialistes appellent à la prudence.
Publié le 23/08/2026 à 19:32
Remontées acides, goût amer dans la bouche, sensation de brûlure après un repas copieux… Le reflux acide peut rapidement devenir particulièrement désagréable. Il se produit lorsque l’acide présent dans l’estomac remonte vers la gorge et s’accompagne généralement de brûlures d’estomac.
Pour soulager ces symptômes, de nombreuses personnes gardent des médicaments à portée de main. Les pharmaciens peuvent notamment conseiller des antiacides ou des alginates afin d’atténuer les brûlures d’estomac et les remontées acides.
Mais une étude suggère qu’une proportion importante des personnes traitées pour un reflux acide présumé ne souffrirait en réalité pas de cette affection. Un professeur spécialiste de l’intestin alerte ainsi sur les « effets profonds » que certains de ces traitements pourraient avoir sur le microbiote intestinal.
En Belgique, les inhibiteurs de la pompe à protons sont massivement utilisés. Selon les données de l’INAMI, près de deux millions de patients prenaient ces médicaments pour traiter un reflux acide persistant, connu sous le nom de reflux gastro-œsophagien (RGO), en 2016, soit environ un Belge sur cinq. Les autorités sanitaires belges cherchent aujourd’hui à limiter leur utilisation inutile ou trop prolongée.
Or, des recherches menées par la Functional Gut Clinic (en Angleterre) ont révélé que 66 % (hors des 10 millions concernés au Royaume-Uni) des personnes chez lesquelles un reflux acide était suspecté ne présentaient pas réellement cette affection. Une grande partie d’entre elles souffrirait plutôt d’autres troubles, notamment de brûlures d’estomac fonctionnelles ou d’une prolifération bactérienne de l’intestin grêle.
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Seulement un patient sur trois répondait aux critères
Les scientifiques ont examiné plus de 700 personnes prenant des médicaments contre le reflux acide dans six établissements du NHS. Selon leurs résultats, seulement un tiers d’entre elles remplissait effectivement les critères permettant d’établir le diagnostic. Rapportés à l’ensemble de la population concernée, ces chiffres laisseraient penser qu’environ six millions de personnes au Royaume-Uni pourraient prendre inutilement ces médicaments et auraient en réalité besoin d’un traitement différent.
Entre cinq et dix millions de personnes se verraient notamment prescrire des médicaments destinés à bloquer la production d’acide, appelés inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), lorsque les traitements disponibles sans ordonnance ainsi que les changements d’alimentation et de mode de vie ne suffisent pas.
Le professeur Anthony Hobson, directeur de la Functional Gut Clinic, estime cependant que ces traitements sont devenus, pour de nombreuses personnes, une solution permettant essentiellement de masquer le problème. S’ils peuvent réduire les symptômes, les IPP élimineraient 80 % de l’acidité gastrique. Selon le spécialiste, cela pourrait avoir des « effets profonds » sur le microbiote intestinal et augmenter le risque d’infections de l’estomac chez les personnes qui ne produisent pas d’acide en excès. « Des millions de personnes présentent ces symptômes et leurs effets sur la qualité de vie, l’absentéisme au travail et la longévité peuvent être dévastateurs », a-t-il ajouté. « Si vous pouvez identifier les causes et obtenir un traitement efficace afin que le reflux ne provoque plus de symptômes ou de lésions, cela peut avoir un impact considérable. »
Le professeur insiste également sur l’importance des changements de mode de vie. La consommation d’alcool, le surpoids et le tabagisme peuvent en effet provoquer ou aggraver le reflux acide.
Quand consulter un médecin ?
Le NHS recommande de consulter un médecin lorsque les changements de mode de vie et les médicaments délivrés en pharmacie ne permettent pas d’améliorer les symptômes. Une consultation est également conseillée en cas de brûlures d’estomac presque quotidiennes ou lorsque d’autres signes apparaissent, comme l’impression que des aliments restent coincés dans la gorge, des vomissements fréquents ou une perte de poids inexpliquée. « Un médecin généraliste peut proposer des traitements alternatifs ou plus puissants et aider à écarter toute cause plus grave de vos symptômes », indique le NHS.
En cas d’inquiétude concernant des symptômes ou un traitement, il reste recommandé de demander conseil à un professionnel de santé.
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