Vous ne verrez plus ce type d’images à la télévision au nom de la lutte contre le sexisme
Sport 16/07/2026 13:33
L’Union européenne de radio-télévision a diffusé des recommandations pour la retransmission des épreuves d’athlétisme.

MILLEREAU PHILIPPE / KMSP via AFP
La perchiste française Marie-Julie Bonnin lors des championnats du monde de Tokyo en 2025 (photo d’illustration)
Des angles de vue suggestifs. Des ralentis douteux. Des gros plans parfois dégradants. La sexualisation des athlètes féminines dans les retransmissions de compétition sportives « demeure une préoccupation majeure », selon l’Union européenne de radio-télévision.
C’est pour lutter contre cette forme de sexisme particulièrement pesante pour les sportives que le rassemblement des diffuseurs publics a récemment publié un guide pratique, Placer la barre plus haut, en vue des championnats d’Europe d’athlétisme à Birmingham du 10 au 16 août prochain.
Repéré par L’Équipe et conçu à destination des diffuseurs – dont France télévisions –, le document détaille en particulier les angles de vue à bannir pour le saut en hauteur, à la perche ou en longueur, ainsi que pour les épreuves de course. Il rappelle notamment que les gros plans sur l’entrejambe ou les fesses des athlètes n’apportent rien lors d’une retransmission de compétitions.
« Les athlètes elles-mêmes soulignent constamment que les angles de vue qui mettent le mieux en valeur la puissance, la précision et la technique de leur discipline sont souvent ceux-là mêmes qui les traitent avec dignité et respect », pointe la section « sport » de l’UER, qui a élaboré ces recommandations en collaboration avec l’Association européenne d’athlétisme.
« Cible d’insultes »
Or, nombre d’athlètes féminines, « moi y compris, se sont retrouvées en compétition à se focaliser davantage sur les caméras que sur leur propre performance », témoigne dans le guide Holly Bradshaw, médaillée de bronze au saut à la perche aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021. « J’ai moi-même été la cible d’insultes sur les réseaux sociaux et j’ai vu circuler en ligne des vidéos inappropriées me montrant, ainsi que mes coéquipières, dans des ralentis capturés pendant nos épreuves. »
Le sexisme ne s’arrête toutefois pas aux angles de vue, note pour sa part Ivana Španović, championne du monde de saut en longueur à Budapest en 2023. « Les commentateurs jouent également un rôle crucial pour enrichir les retransmissions », souligne-t-elle. Un aspect qui n’est toutefois pas couvert par le guide pratique.